‹ Traité des poisonsChapitre 47 sur 109 · IL · texte numérisé non relu

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226 DES POISONS MARCOTIQUES,

3°. Les poumons offrent souvent des lésions semblables à celles dont nous avons parlé en faisant l’histoire des sub stances âcres ( p. 135 de ce vol.) , et il est assez remarquable que plusieurs des animaux atteints de cette lésion organique n’éprouvent, pendant la vie, aucun phénomène morbide qui puisse la faire soupçonner : la respiration n’est ni accélérée ni gênée. Ce fait nous parait devoir être rapproché d'un autre que lon observe quelquefois chez l’homme , savoir, qu'il y a des pneumonies chroniques et méme aiguës sans toux, nt expectoration , ni fièvre ; les malades ne se plaignent méme pas de respirer avec beaucoup de difficulté (x). |

g°. Le sang contenu dans les ventricules du cœur et dans les veines est souvent coagulé peu de temps après la mort; assertion qui est entièrement opposée à ce qu'ont avancé plusieurs médecins-légistes.

5°. Le cerveau et les méninges offrent souvent des engorgemens dans les vaisseaux veineux qui rampent à leur sutface ou qui se distribuent dans leur tissu. Les lésions des autres organes nous ont paru inappréciables,

(1) Le diagnostic de ces maladies ne saurait être établi d’une manière sûre sans le concours des deux signes suivans : 1°, im” possibilité de faire des inspirations profondes ; 2°. son mat de la poitrine. Lsolés, ces signes seraient de peu de valeur; combinés, ils suffisent pour prononcer sur l'existence de l'affection. Combien de fois n’avons - nous pas vu notre ami et notre maitre M. le docteur Récamier, dont les connaissances médicales sont si vastes, reconnaitre par ce moyen des affections des poumons qui avaient échappé à la sagacilé d’autres praticiens !

YRAITEMENTS 227

+ Fraîtement de l’empoisonnément par les Narcotiques.

916. Les médicamens proposés jusqu’à ce jour comme antidotes des paisons narcotiques sont : 1° le vinaigre et les acides végétaux; 2° l'infusum et le decoctum de café, 3° la dissolution de chlore dans l’eau (acide muüuriatique oxigéné liquide }; 4° le camphre ; 5° l’eau et les boissons émollientes ; 6° la saignée. Nous allons rapporter les expériences que nous avoñhs faites pour constater l'efficacité de ces moyens, principalement dans l’empoisonnement par l’opium, Nous parlerons ensuite de la marche que le médecin doit suivre dans un:cas de cette nature.

1°. Du Vinagre et des Acides vésétaux.

917. Doit-on, dans l’état actuel des sciences médica= les, s’obstiner à admettre un fait qui n’est pas appuyé sur des expériences rigoureuses, par-cela seul que quelques hommes célèbres l'ont avancé, et qu'il a été généralement adopté ? Quels que soient les égards dus aux savans illustres qui s’occupent avec succès et sans relâche du perfectionnement des connaissances humaines, nous pensons qu'il est important de ne pas embrasser leurs opinions lorsqu'elles sont l'expression de faits inexacts, et qu’elles tendent à ralentir plutôt qu’à accélérer les progrès des sciences médicales. Aussi n’hésitons-nous pas à nous élever contre une doctrine professée encore de nos jours par les plus grands maîtres de l’art, savoir, que le vinaigre et les acides végétaux sont des contre-poisons de l’opium. En effet , le vinaigre et les autres acides végétaux ne pourraient être des antidots de l’opium qu’autant qu'ils le décomposeraient rapidement dans l'estomac, et le transformeraient en une substance dont les effets

ve seraient pas nuisibles sur l’économie animale; or, nous pouvons aflirmer , d’après un très- grand nombre de faits recueillis avec soin, que ces acides aggravent les symptômes de l'empoisonnement par l’opium toutes les fois qu’ils ne sont pas vomis. Voici les preuves de cette proposition. |

Expérience 1°. On a fait prendre à un jeune chat 3 gros de vinaigre contenant de l’opium en solution et mêlés avec 6 gros d’eau: Dix minutes après , l'animal était assoupi. Au bout de dix autres minutes, il était insensible et couché sur le côté; ses muscles offraient des mouvemens convulsifs continuels , et tellement violens que: toutes les parties de l'animal étaient dans une agitation extrême : ces secousses persistalent encore trois heures après ; mais l'animal jouissait d’une légère sensibilité. IL est mort cinq beures et demie après l'injection du liquide. On l’a ouvert le lendemain. Les muscles étaient rigides et contractés. Le cœur contenait une assez grande quantité de sang coagulé.

Expérience n°. On a mêlé 2 gros d’opium brut concassé avec une once et demie de vinaigre distillé; quarante-huit heures après, cet acide avait dissous une assez grande partie du poison ; il était d’une couleur rouge. On a ajouté 2 onces-d’eau , et on a introduit le mélange dans l'estomac d’un chien gros et robuste : l’œsophage a été lié. L'animal est mort cinq heures après ; il avait offert les. symptômes suivans : assoupissement , paralysie du train postérieur , tremblement de tête, et secousses convulsives. On l’a ouvert le lendemain. La membrane muqueuse de l'estomac se détachait facilement, mais elle n’était pas enflammée. Les poumons étaient livides , gorgés de sang.

Æxpérierice rit. Desivant connaître si les effets délétères observés dans l'expérience précédente dépendaient de Îa portion d’opium dissoute par le vinaigre ou du marc ; on

TRAITEMENT. % 229 a donné à un autre animal robuste le liquide acétique obtenu en mettant 2 gros d’opium brut en contact, pendant quarante-huit heures , avec une once et demie de vinaigre : ce liquide a été filtré et étendu dans 2 onces d’eau, Vingt-cinq minutes après , l’animal était sous l'influence du poison, et il est mort au bout de cinq heures. Le canal digestif n’offrait aucune trace d’inflammation.

Æxpérience 14°. À neuf heures du matin, on a intro- -duit dans l'estomac d’un petit chien robuste 2 gros d’extrait aqueux d’opium parfaitement mêlés avec 2 onces de vinaigre distullé et 3 onces d’eau : on a lié l’œsophiage. Dix minutes après, l’animal a fait des efforts pour vomir. À neuf heures et demie, il était assoupi. À neuf heures cinquante minutes, les pattes postérieures étaient trèsfaibles , et l'animal ne pouvait marcher sans les fléchir considérablement. On a détaché la ligature de l’œsophage, et on a introduit de nouveau dans l'estomac 2 onces de vinaigre mêlés avec 4 onces d’eau. À dix heures un quart, il ue pouvait plus lever les paties de derrière, marchait difficilement en les trainant, et offrait des mouvemens convulsifs. À onze heures, ces mouvemens étaient trèsviolens, et avaient lieu par secousses analogues à celles qu'otfrent les grenouilles exposées à l’action de la pile voltaïque; ses membres étaient roides , étendus, et dans un grand état de débattement. On lui a fait prendre de . nouveau une once de vinaigre mêlé avee » onces d’eau. 1 a fait des contorsions horribles , s’est débaitu , et a expiré un quart d'heure après. La membrane muqueuse de l’estomac était légèrement enflammée.

Expérience v°. À midi, on a détaché et percé d’un trou l’œsophage d’un gros chien robuste ; on à introduit dans son estomac un cornet de papier conte 2 gros d'oprum brut aussi divisé que possible. Vingt minutes après, on lui a fait prendre 3 ances de vinaigre mélés à une égale

quantité d’eau, et on a lié l’œsophage, A deux heures, l'animal ne paraissait pas sous l'influence du poison. On a détaché la ligature, et on a introduit de nouveau dans l'estomac 8 onces de vinaigre et 4 onces d'eau. À cinq heures , il était couché sur le ventre, et ne pouvait pas se tenir un instant debout; son corps , agité par des mouvemens convulsifs violens, faisait des sauts en tous sens; ses extrémités, roides et écartées , se débattaient presque continuellement. Ces symptômes ont continué jusqu’à huit heures, et l'animal est mort. On l’a ouvert le lendemain. L'’estomac contenait une très- grande quantité de vinaigre ‘et un peu d’opium ; sa membrane muqueuse, d'un rouge noir, se détachait facilement et était ulcérée dans plusieurs points; la tunique sonjacente, d’une couleur foncée, était parsemée de siries noirâtres. Les poumons. étaient gorgés de sang fluide.

918. Pour peu que l’on compare les effets que produi=« sent l’opium et son extrait administrés seuls, à ceux qu'ils occasionnent lorsqu'ils sant associés an vinaigre, on sera forcé de conclure, 1° que, dans le premier cas, les phénomèues de l’empoisonnement tardent plus à se manifester ; 2° qu’ils sont, en général, beaucoup moins violens ; 3° que la mort arrive constamment plus tard ;:4° qu'ils ne sont presque jamais suivis de l’inflammation de l’estomac, tandis que le vinaigre la détermine toujours lors= qu'il est un peu concentré.

919. Il est donc évident que Pemploi de cet acide sera suivi des acecidens les plus graves si les animaux auxquels on l’adminisire n’ont pas vomi le poison qui avait été introduit dans l'estomac. Il n’en est pas de même lorsque . la substance vénéñeuse a été expulsée par le vomissement : dans ce cas, l’eau vinaigrée et les. autres acides vécétaux jouissent de la propriété de diminuer les sy mpt6ms de l'empoisonnement., et méme de les faire cesser

TRAITEMENT. 235 entiérement. Voici des expériences à l’appui de cette pro position importante.

Expérience 1'®. À huit heures du matin, on a appliqué sur le tissu cellulaire de a cuisse d’un chien de moyenne taille 33 grains d'extrait aqueux d’opium dissous dans un gros et demi d’eau. À huit heures et demie, l’animal était assoupi et en proie à des convulsions violentes ; ses extrémités postérieures étaient presque complètement paralysées. On a introduit dans son estomac, à l’aide d’une sonde de gomme élastique et d’une seringue, 6 onces d’eau vinaigrée. Cinq minutes après, les convulsions n'étaient - pas diminuées. À onze heures , ïl était à-peu-près dans le même état, On a injecté de nouveau dans son estomac 4 onces d’eau vinaigrée. À midi et demi, Fanimal paraissait mieux, il commençait à pouvoir se soutenir sur ses extrémités postérieures. On lui a donné 5 onces d’eau vinaigiée; à deux heures et demie, il n'avait plus de mouvement convulsif, et il pouvait se tenir debout. On lui a administré de nouveau 4 onces d’eau vinaigrée ; à cinq heures moïns nn quart, l’animal était sensiblement mieux ( 4 onces d’eau vinaigrée); à sept heures du soir , il marchait librement. On lui a fait prendre une nouvelle dose du mème liquide; à dix heures et demie, il n’éprouvait aucun vertige et paraissait presque rétabli (4 onces d’eau vinaïgrée). Le lendemain matin, à sept heures, il était couché sur le côté, et avait une légère propension au sommeil. On lui a donné 6 onces d’eau vinaigre, et les effets de: l’opium ont cessé complètement. Le jour suivant, il a. pris des alimens , et il se portait à merveille dix jours après. On s’était assuré, par des expériences multipliées que 20 grains du même extrait, placés dans le tissu cellu-. laire , oecasionnaient constamment la mort des animaux demême taille en six, douze, quinze ou dix-huit heures.

Expérience u°. À sept heures et demie du matin, on.

introduit dans l’estomac d’un petit chien 8 onces d’eau vinaigrée; on a lié l’œsophage. Immédiatement après , on a injecté dans le tissu cellulaire de la cuisse 30 grains d'extrait aqueux d’opium dissous dans 2 gros d’eau. A. huit heures moins cinq minutes, les exirémités postérieures étaient un peu faibles ; l'animal était assoupi et poussait de légères plaintes. À neuf heures, on a détaché la ligature de l’œsophage, et on 4 imjecté dans l'estomac 4 onces d’eau vinaigrée. À onze heures, les symptômes de l’empoisonnement n'étaient pas plus intenses. (2 onces d'eau vinaigrée.) À une heure, la faiblesse des exirémités persistait; l'animal ne pouvait pas se tenir long-temps debout ; cependant il pouvait marcher. À deux heures dix minutes , sa démarche était plus facile. (2 onces d’eau vinaigrée.) À six heures, il allait sensiblement mieux. On lui a fait prendre une nouvelle dose de médicament ; mais comme on a cessé de le soigner, il est mort à quatre heures du matin.

920. Il est certain que, dans cette expérience , l’eau viraisrée a empêché les symptômes de l’empoisonnement d’être portés au degré où ils l’auraient été si elle n’eût pas été administrée; il n’est pas non plus douteux qu'on n'eût fini par les faire disparaitre entièrement si l’animal n'eut pas été aussi faible, et surtout si l’on avait continué à lui administrer ce médicament pendant la nuit. Nous pourrions rapporter un très-grand nombre de faits analogues qui prouvent que, lorsque l’eau vinaigrée! est employée à plusieurs reprises dans les premières vingtquatre heures de l’empoisonnement , les symptômes diminuent d'intensité, quelque graves qu'ils aient été d'abord. Nous prouverons plus tard que les bons effets de cette boisson ne dépendent pas de l’eau qu'elle contient.

Expérience if. À huit heures moins cinq minutes, on a introduit dans l'estomac d’un petit chien robuste

6 onces d’eau acidulée avec de l’acide tartarique : on a lié l’œsophage ; immédiatement après , on a injecté dans Je tissu cellulaire de la cuisse 30 grains d'extrait aqueux d’opium. À huit heures un quart, les extrémités postérieures étaient un peu faibles. À neuf heures, l'animal était assoupi ; la faiblesse du train postérieur avait augmenté. On a détaché la ligature de l’œsophage, et on à injecté dans l'estomac 4 onces d’eau tartarique. A onze heures , même état. (4 onces du méme médicament. ) À deux heures , l’animal pouvait déjà marcher, l’assoupissement était moindre. On lui a donné une nouvelle dose du même médicament. À six heures du soir, le mieux se soutenait, (4 onces d’eau tartarique. ) On à cessé de le soigner, et il est mort à quatre heures du maün. Expérience 1v°. Un autre animal a été soumis à la même expérience , avec cette différence que la dose d’extrait injectée dans le tissu cellulaire était de 48 grains, ‘et que l’œsophagé n’avait pas été détaché. L'animal est mort vingt-deux heures après l’opération. On lui avait fait prendre de l’eau tartarique à neuf reprises différentes, et l’on avait remarqué une diminution dans les symptômes. Il a succombé dans la matinée, parce qu’on avait cessé de lui administrer le médicament pendant Ja nuit. Il est certain que, sans l'emploi de l’eau acidulée, il serait mort quatre ou cinq heures après l’injection. Expérience v°. À huit heures du matin, on a injecté dans le tissu cellulaire de la cuisse d’un petit chien robuste 4o grains d'extrait aqueux d’opium dissous dans > gros d’eau. À neuf heures, l’animal était sous l’influence du poison ; on a introduit dans l’estomac 6 onces de limonade ordinaire :-on à lié l’œsophage. À onze heures et demie , l’animal était en proie à des mouvemens convulsifs assez forts ; le train postérieur était paralysé. (3 onces de limonade.) À deux heures, il était profou-

s34 DES POISONS NARGOTIQUES.

dément endormi. On lui a fait prendre de nouveau 4 onces de limonade ; on lui en a donné une nouvelle dose à six heures. À huit heures et demie, lassoupissement était moins profond, l'animal pouvait se soutenir sur ses extrémilés postérieures. (4 onces de limonade.) On a cessé de lui administrer ce nédicament pendant la nuit, et il est. mort à cinq heures du matin.

A 2°, De l’Infusum et du Decoctum de Cafe.

Expérience 1°, À neuf heures du matin, on a introduit dans l'estomac d’un petit chien robuste 2 gros d'extrait aqueux d’opium dissous dans 3 onces d’une forte infusion, de café à la température de 40° : on a lié l’œsophage (1). À onze heures, l'animal était à peine seus l'influence du poison; ses extrémités postérieures commençaient à faiblir. On a détaché la ligature de l’'œsophage, et on a injecté de pouveau dans l'estomac 3 ances. de la même infusion. À une heure , les pupilles étaient dilatées, Panimal marchait encore librement, et n'avait aucune tendance à l’assoupissement. On lui a fait prendre 8 onces du même médicament : aussilôl après, il a fait quelques efforts pour vomir, qui dépendaient probablement de la grande quantité de liquide contenue dans l'estomac. A trois heures, il était trèsagité; ses yeux sortaient des orbites, le corps était roide,, et le train posiérieur complètement paralysé; de temps-à autre, l’animal cherchait à se relever ; il semouvait en tout sens eu trainant les pattes de derrière, puis s’arrêtait toutà-coup, Cramponnait ses extrémités antérieures sur le sol, renversait la tête sur le dos, et paraissait souffrir beaucoup.

(1) L'infusion que nous ayons employée dans toutes nos expériences a élé préparée.en versant 18 à 20 onces d’eau bouillante: sur 7 à 6 onces d'excellent café réduit en poudre fine.

TRÉLTEMENT. 235

Depuis le commencement de l'expérience, il avait conservé la faculté de voir et d'entendre. On lui a administré 6 onces de la même infusion : les symptômes ont persisté, et il a expiré à quatre heures vingt minutes.

Expérience n°. À sept heures du matin, on a injecté dans le tissu cellulaire de la cuisse d’un chien de moyenne taille 34 grains d'extrait aqueux d'opium dissous dans un gros d’eau. À huit heures moins un quart, les extrémités postérieures étaient complètement paralysées ; l'animal avait une grande tendance à l’assoupissement, et il offrait de: temps à autre des secousses convulsives violentes. On lui a fait prendre 4 onces d’une forte infusion de café à la température de 40°. À neuf heures, les symptômes persisaient; on lui a administré une nouvelle dose de ce médicament, et on a continué à lui en donner toutes les deux beures jusqu’à dix heur e$ du soir. À midi les symptômes commencaient déjà à diminuer. À quatre heures, l’animal n'avait plus de mouvemens convulsifs et marchait librement. À sept heures du soir, il paraissait très-éveillé ; il éourait dans le laboratoire comme s’il n’eût point éprouvé le moindre accident; il en était de même le lendemain matin. On l’a négligé dans la journée; les symptômes se sont manifestés de nouveau, et il est mort vers huit heures du soir.

Expérience im. À huit heures et demie du matin, ona répété la même expérience sur un petit chien auquel on n'a injecté que 20 grains d'extrait aqueux d'opium. Trois quarts d'heure après, l’animal offrait tous les signes de l’empoisonnement. On lui a fait prendre 4 onces d’infusion de café; à dix heures et demie, il n’éprouvait aucun soulagement. On lui a donné une nouvelle dose du même médicament, À midi, les symptômes paraissaient un peu diminués. (4 onces d’infusion de café.) À trois heures, les extrémités postérieures étaient très-faibles, et la tête offrait

un tremblement très-marqué. À cinq heures, il n'y avait plus de mouvemens convulsifs. (4 onces d’ infusion de cafe.) À huit heures, l’animal pouvait se tenir debout et marchait assez facilement; le tremblement de tête était entièrement dissipé. On a cessé de le soigner, et il est mort dans la nuit,

Expérience 1v°. À neuf heures du matin, on a injecté dans le tissu cellulaire d’un petit chien robuste 4o grains d'extrait aqueux d’opium. À neuf heures un quart, les extrémités postérieures étaient faibles. On a introduit dans l'estomac 4 onces d’infusion de café. A dix heures, l’animal étant à-peu-près dans le même état, on lui a fait prendre une nouvelle dose du même médicament. À onze heures et demie, il offrait des secousses convulsives violentes, et il se tenait couché sur le côté. A trois heures, les symptômes de l’empoisonnement avaient diminué. (3 onces d'infusion de café.) À six heures un quart, les mouvemens convulsifs s'étaient dissipés, l'animal marchait librement; les extrémités postérieures étaient cependant un peu faibles. Il n’est pas douteux que si l’on eût continué les mêmes moyens, on aurait pu rétablir la santé de cet auimal. On ne lui a donné aucun secours pendant la nuit, et il est mort le lendemain , à sept heures du matin.

Decoctum de cafe.

Expérience 1°. À dix heures du matin on a introduit dans l’estomac d’un gros chien 2 gros d’opium brut concassé, mêlés avec 10 onces d’une forte décoction de café : on a lié l’œsophage. À quatre heures, les extrémités postérieures étaient faibles , et l’animal n’avait qu’une très-légère tendance au sommeil. Il est mort le lendemain à quatre heures du matin. Les vaisseaux qui rampent sur la surface externe du cerveau étaient légèrement injeciés ; il n’y avait

point de sérosité dans les ventricules ; les poumons offraient plusieurs plaques d’un tissu dense “ d’une couleur hvide ; 3 le canal digestif était sain.

Expérience n°. À trois heures de l° Fi on a faif avaler à un chien robuste et de moyenne taille 3 onces de café que l’on avait fait bouillir pendant une demi-heure dans 12 onces d’eau ; on a détaché l’œsophage, et on a introduit dans l'estomac 2 gros d’opium brut concassé, mêlés avec le decoctum provenant des 3 onces de café : on a lié l’œsophage. Trois heures après, les symptômes de l’empoisonnement se sont déclarés, et l'animal est mort le lendemain, à une heure de l après-midi,

Pate 11. À deux heures, on a fait avaler à à un chien de moyenne taille un gros “4 grains d’opium brut et un gros d'extrait aqueux de la mème substance. Quarante minutes après, l'animal était assoupi, et ses extrémités postérieures. faiblissaient. On a injecté dans l'estomac, à l’aide d’une sonde de gomme élastique , 8 onces d’une forte décoction de café. Quelques instans après, il a eu une selle composée de matières solides. À quatre heures et de mie. les symptômes de l’empoisonnement n'étant pas diminués, on lui.a fait prendre de nouveau 12 onces de Îa même décoction et 6 onces de poudre de café : l'animal est mort dans la nuit, Le canal digestif n’offrait aucune trace d’inflammation. R

Expérience 1v°. À neuf heures moins un quart, on a injecté dans le tissu cellulaire de la cuisse d’un petit car Jin 24 grains d'extrait aqueux d’opium dissous dans un gros d’eau. À neuf heures et demie, l’animal offrait tous les, signes de l’empoisonnement. On lui a fait prendre 3 onces d’une forte décoction de café. À onze heures moins un quart, il se plaignait beaucoup , et était tellement agité de mouvemens convulsifs, qu’il a été impossible de lui injecter une nouvelle dose du médicament dans l'estomac:

On lui à adminisué un lavement avec 6 onces de décoës tion de café; les symp'ômes ont acquis plus d'intensité, et l'animal ëst mort à midi et demi.

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