l résulte des faits qui précèdent
1°. Que l'extrait aqueux de cette plante, appliqué sur le tissu eellulaire ou introduit dans l'estomac, est un poison très actif, et qu’il agit encore avec beaucoup plus
Bn PrSs POISONS NARCOTICO-ACRES.
de rapidité et d'énergie forsqu'il est injecté dans les veines;
2°. Que la poudre jouit aussi de propriétés vénéneuses , mais à un degré inférieur ;
3°. Que l’eau distillée est encore moins active que la poudre ; que ces diverses préparations sont absorbées et agissent sur le système nerveux, et spécialement sur le cerveau, à la manière des stupéfians ;
4°. Qu’elles déterminent presque constamment le vomissement ; ;
5°. Qu’indépendamment de ces *bhénomanes ; elles exercent une légère irritation locale.
De l'Upas tieuté.
956. L’upas tieuté, rapporté de Java par M. Leschenault, n'est autre chose que le suc extractif d’un végétal sarmenteux de la famille ou du genre des strychnos (petit groupe rangé par M. de Jussieu à côté des apocynées ). Le mot upas signifie poison végétal, et les naturels du Java en emploient deux espèces pour rendre mortelles les blessures de leurs flèches : la première est l’upas tieuté, qui est produite par une liane ; la seconde se nomme upas antiar, et est produite par un grand arbre. Ces deux espèces ont été confondues à tort par des écrivains sous les noms de boa ou de bohon upas.
Action de l'Upas tieuté sur l’économie animale. Expérience 1° (1). Lorsqu'on couvre d’upas tieuté des morceaux de bois du volume et de la forme d’un tuyau de plume ordinaire, qu’on laisse dessécher l'extrait à leur surface , et qu’on les enfonce dans les muscles de la cuisse d’un chien, on remarque qu’au bout de deux ou trois
(1) Notre ami le docteur Magendie, qui a déjà enrichi la physiologie de plusieurs travaux importans, a lu ,,en 1800, un lrès- beau mémoire à l’Institut, dans lequel il a parlé, le
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minutes, l’animal éprouve un malaise général et cherche les coins de l'appartement; presque aussitôt après, tous les muscles du corps se contractent, la colonne vertébrale se redresse et les pattes antérieures quittent un moment le sol. Cette contraction n’est qu’instantanée ; l’animal est calme pendant quelques secondes ; alors une nouvelle contraction générale à lieu ; elle est plus marquée que la première et se prolonge davantage ; le redressement de la colonne vertébrale est plus sensible , la respiration accélérée , les accidens cessent subitement , la respiration se ralentit et l'animal paraît comme étonné. A ce calme, qui ne dure guère qu’une minute , succède de nouveau une forte contraction générale ; les pattes antérieures , roides et rapprochées, se dirigent en arrière, la respiration est très-accélérée, la colonne vertébrale redressée , et la tête fortement portée en haut et renversée sur le cou. Le thorax n'étant plus soutenu, l’animal, menacé d’une chute, marche rapidement sur ses extrémités postérieures, pendant qu’une contraction plus intense se maniféste; les muscles de l’épine soulèvent la poitrine et la tête, les pattes postérieures deviennent roïdes et immobiles ; l’animal tombe d’abord sur la mâchoire inférieure et bientôt sur le côté. Alors il présente un tétanos complet avec immobilité du thorax et cessation de la respiration ; Ja langue et les gencives, d’une couleur violette, ne tardent pas à annoncer l’asphyxie. Cet état continue environ une minute, puis le tétanos disparaît subitement et l’asphyxie peu à peu, à mesure que la respiration se rétablit. Pen-
premier, des effets de eette substance sur l’économie animale. Les expériences qui en font l’objet ont été faites par lui et par M. Delille, botaniste distingué et membre de l'Institut d'E-
gypte : nous les avons répétées depnis, et nous les avons trouvées fort exactes.
dant ces accès, l’animal conserve l’usage de ses sens et du cerveau; ce n'est que lorsque l’asphyxie est portée au plus haut point que l’action de ces organes commence à s'affaiblir. Au bout d’une minute, nouvelle cMtraction générale, tellement intense que le plancher éprouve un tremblement marqué. Cette secousse peut être comparée à celle qui à lieu lorsqu'on dirige un courant galvanique sur la moelle épinière d’un animal récemment tué; elle est accompagnée d’asphyxie, et un peu avant de disparaitre, on remarque des mouvemens convulsifs dans la face. Le contact d’une partie quelconque du corps détermine facilement cette roideur tétanique générale ; l’animal meurt cinq, six, sept ou huit minutes après le premier accès. L'état des organes intérieurs prouve qu'il a succombé à une asphyxie, l'examen de la blessure fait voir que la substance vénéneuse s’est introduite dans les muscles , et toutes les parties avec lesquelles elle a été en contact sont colorées en jaune brunâtre. Les chevaux et les lapins donnent les mêmes résultats, si ce n’est que les — aitaques tétaniques sont plus nombreuses chez ceux qui sont vigoureux et adultes.
£E'xpérience 1°. On a amputé la cuisse droïte d’un chien en laissant les traces de la veine et de l'artère crurales près du bassin ; on a détaché ces vaisseaux de toutes les parties environnantes qui ont été coupées ; les vaisseaux incisés ont été liés, le fémur a été scié, en sorte que la cireulation ne se faisait dans la cuisse que par une veine et une artère; on a placé des linges et de la sciure de bois entre les surfaces coupées , afin de les empècher de communiquer. On a enfoncé dans le membre isolé, près du jarret, une pointe de bois garnie de 3 grains d’upas; lanimal a eu un accès de tétanos au bout de dix minutes; cet accès s’est renouvelé, et il est mort quinze minutes après l'invasion des accidens. | 4
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Expérience ruf. Une petite quantité d’upas fut dissoute dans l’eau et injectée dans le péritoine d’un chien. Vingt secondes après l'injection, lanimal offrit tous lès symptômes que nous venons d'exposer , et il expira : à la fin de la troisième Mt
Expérience 1v®. 4o gouttes d’upas dissous dans l’eau, injectées dans la plèvre d’un cheval bai hors d'âge, occasionnérent presque sur-le-champ le tétanos et lasphyxie, “et l'animal mourut dès la deuxième attaque.
Expérience v°. Une anse d’intestin grêle fut tirée hors de l’abdomen; on plaça deux ligatures à huit centimètres de distance l’une de l’autre, et on fit une petite ouverture
l'intestin, près de l’une des deux ligatures ; alors on injecta dans sa cavité 8 gouttes d’upas étendues de 2 grammes d’eau ; on fit une troisième ligature pour empècher que la dissolution ne s’échappät, et on réduisit l'intestin ; les bords de la plaie faite aux parois abdominales furent réunis pis un point.de suture, Les attaques ne commencèrent qu'au bout de six minutes, et l’animal ne succomba qu'à la quinzième.
Injecté dans le gros intestin , la vessie, le vagin, l’upas produisit toujours la mort avec les signes d’une absorption lente et faible.
Expérience vi. On a fait la même opération sur un autre chien, de manière à ne Conserver qu’une seule veine , et qu'un seul rameau artériel se rendant des branches mésentériques à l’anse d’intestin isolée; tous les autres vaisseaux distribuant le sang et recevant le chyme , les filets nerveux et la portion du mésentère correspondante à la même anse d’intestin, ont été liés, d’une part, vers la courbure de l’anse, et de l’autre près du centre du mésentère, et tout ce qui était compris entre les ligatures a été coupé. On a injecté 5 gouttes d’upas et 2 gros d’eau. par une petite ouverture faite à l’anse de l'intestin : an a
pratiqué une ligature au-dessus de l’ouverture pour empècher l’éjecuon du liquide. Il n’y a point eu de contact du poison avec le péritoine; l’intestin a été replacé, et la suture pratiquée aux parois de l’abdomen. Onze minutes après , l’accès de tétanos s’est déclaré , et l'animal est mort.
Expérience vni°. Après avoir incisé les parois abdominales, on tira au dehors l’extrémité droite de l’estomac ; on plaça une ligature à un centimètre à gauche du pylore, et on fit, près de la ligature, une légère incision à l’estomac : alors on injecta dans ce viscère environ 2 grains d'upas dissous dans l’eau. Une seconde ligature s’opposa à l'issue du liquide injecté, et la plaie extérieure fut réunie par, un point de suture. L'accès tétanique ne se mavifesta qu’au bout d’une heure (1).
Expérience vi. On injecta dans la veine jugulaire d’un cheval vigoureux 8 gouttes de la dissolution d’upas; sur-le-champ l'animal fut en proie à un accès de tétanas qui le fit périr en moins de trois minutes. 12 gouttes du même poison furent injectées dans l'artère crurale d’un chien ; les effets sur la moelle de l’épine ne furent sensibles que sept minutes après l'injection,
Expérience 1x°. On injecta dans l'artère carotide un peu d’upas; dans le même instant les fonctions intellectuelles furent perverties ; la tête se placa entre les pattes antérieures ; l'animal se roulait en boule, Ces effets ne tardèrent pas à se calmer; et l'animal fut alors en proie à tous les symptômes qui résultent de l’action de l’upas sur la moelle GTR
Expérience x°. On introduisit de l'upas dans la cuisse d'un chien re et vigoureux, et on coupa la moelle
| | - (1) En faisant l'ouverture des cadavres des animaux qui font le sujet de toutes ces expériences, on n’a jamais pu découvrie Ja moindre irritation locale.