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DE L'UPAS TIEUTÉ. 329 de l’épine entre l’occipital et la première vertèbre cervicale, dans le moment où l'animal éprouvait une forte contraction tétanique. Non-sculement l’accès ne cessa point, mais il se manifesta quatre nouvelles attaques dans les quinze minutes qui suivirent (1).
Expérience x\®. On à coupé la moelle épinière derrière l’occipital ; on a injecté, dans la plèvre du côté gauche, 8 gouites d’upas mêlées à 4 gramimes d’eau. Les accidens se sont manifestés avec la même intensité et avec la même promptitude que si la section n’eût pas été faite : ils ont continué aussi long - temps que la circulation s’est effectuée.
Expérience xu°. 8 gouttes d’upas HEnde es d’eau ont été injectées dans la plèvre d’un chien fort; dans le même instant une tige de baleine a été enfoncée dans toute la longueur du canal vertébral : toute la moelle épinière a suivi la baleine lorsqu'on l’a retirée du canal des vertèbres. Dix minutes après la desiruction de la moelle, la circulation était encore très-sensible, et il ne s'était manifesté aucune contraction.
Expérience xum°. La même quantité d’upas fut injectée dans le péritoine d’un chien; aussitôt que le tétanos se déclara, on enfonca la tige de baleine dans le canal vertébral , en commençant par la première vertèbre du cou, le tétanos cessa dans les pattes antérieures lorsque la baleine parvint à la région dorsale; il continuait, au contraire, dans les extrémités postérieures, qui cessèrent de
(1) IL est bien constaté que la circulation s’observe encore pendant quinze, vingt, vingt-cinq minutes chez les animaux auxquels on pratique la section de la moelle, pourvu qu ‘ils soient jeunes et vigoureux : elle cesse, au contraire, presqu à l'instant s'ils sont affaiblis par l’âge , le défaut de nourriture ou toute autre cause.
? ; se contracter quand la tige arriva à l’extrémité caudale du canal vertébral. |
Expérience xiv°. On a injecté 8 gouttes d’upas étendu d’eau dans la portion cervicale du canal vertébral ; immédiatement après, il s’est manifesté dans les pattes anté- | rieures une roideur qui a persisté plus de six minutes avec des redoublemens très-forts; les pattes postérieures sont restées flexibles et comme dans l’état naturel ; vers la fin de la sixième minute, elles ont participé à la roideur générale ; à la dixième minute, les extrémités antérieures v’étaient plus roïdes : les postérieures l’étaient encore,
mais elles se relâchèrent bientôt. | i
£E xpérience xv°. On a énervé un chien barbettrès-vigoureux; ensuite on a coupé transversalement le canal vertébral et la moelle épinière vers la région lombaire ; 6 gouttes d’upas ont été injectées dans la partie du canal qui répond aux lombes et au bassin. Sur-le-champ les membres postérieurs ont manifesté de la roideur et ont présenté pendant dix minutes les effets de l’upas: ce n’est qu'à la onzième minute que l’on a apercu quelques faibles contractions dans les membres antérieurs.
Expérience xvi°. On a porté l’upas sur la portion lombaire de la moelle: les membres postérieurs seuls ont éprouvé le tétanos. Quelques minutes après, le poison a été porté sur la région cervicale du canal , et dans le même instant les membres pectoraux sont entrés en contraction,
Expérience xvui*. On a détaché la partie supérieure du nerf sciatique dans l’étendue d’un pouce environ; on l’a soulevée avec une plaque de plomb passée en-dessous; on a versé quelques gouttes d’upas sur le nerf, puis on l’a ouvert longitudinalement , et on a insinué les gouttes dans son tissu. Il ne s’est manifesté d'autre accident que celui de la douleur dans le nerf blessé , et la guérison s’est opérée ensuite,
DE LA NOIX VOMIQUE. 33x
De la Noix vomique.
9b7. La noix vomiqueest la graine du strychnos nux vomica, que Linnée range dans la pentandrie monogynie, et qui se trouve à la suite de la famille des apocynées de Jussieu. L'arbre qui produit ces graines eroît à Ceylan, à la côte de Coromandel et au Malabar ; il acquiert une très-grande hauteur , et sa circonférence est quelquefois d'environ douze pieds (1). Il affecte les terrains sablonneux.
: La noix vomique est ronde, large d’environ un pouce, aplatie, épaisse de deux ou trois lignes. Il y a vers le centre de ses deux faces une espèce d’ombilic. Des soies d'une couleur cendrée, ou fauve, ou cornée, ou noirâtre, très-courtes, très-serrées , et fixées obliquement sur une pellicule très-mince et amère qui enveloppe le périsperme, recouvrent toute la surface de cette semencé. La disposition de ces $oies est telle qu’elles sont toutes dirigées du centre à la circonférence, où celles d’une
(1) Fleurs en corymbe, peu nombreuses, petites, répandant une odeur désagréable : calice à cinq divisions caduques : corolle en tube, limbe ouvert, cinq divisions, d’une couleur verdâtre : quatre ou cinq étamines, dont les filets sont d’un vert pâle et les anthères d’une forme oblongue : style unique, qui s'élève au-dessus des étamines et porte un stigmate peu épais : baie unique ou multiple, ronde, sans duvet, d’abord d’une couleur verte, puis d’un jaune doré, et de la grosseur d’une orange, à une seule loge contenant la graine : racines épaisses, amères, et recouvertes d’une écorce jaunâtre : écorce d’une couleur cendrée, noirâtre et noucuse , qui rougit ensuite, et est d’une saveur amère : feuilles larges et entières, opposées, implantées obliquement ; leur disque, aplati, oblong , plus large au milieu, offre cinq nervures et une couleur d’un vert plus sombre à sa face inférieure.
des deux faces semblent s’entre-croiser avec celles de l'autre. Sur la circonférence de la graine , on remarque un point un peu plus saillant: c’est celui où doit sorür la plantule. Le périsperme est d’un jaune brun ou d’un blanc tirant sur le vert, et dur; il présente dans son intérieur, quand on l’ouvre, une grande cavité qui doit servir à loger l'embryon pendant son premier développement. Les parois de cette cavité se touchent, et sont par-tout de l'épaisseur d’environ une ligne, | Le strychnos colubrina fournit aussi la voix vomique.
Analyse de la noix'vomique.
M. Chevreul s’occupa, en 1808 , de l’analyse de la noix vomique, et la trouva formée des substances suivantes :
Malate acidule de chaux , gomme, matière végéto-animale, matière amère, huile fixe, matière colorante jaune, et probablement amidon, qu'on n’a pu extraire directement à cause de son état de dessiccation; sels terreux et alcalins , les poils ligneux, et la cire, qui paraît préserver le périsperme de l'humidité. |
L'analyse de cette graine vient d’être répétée tout récemment par MM. Pelletier et Caventou; les résultats qu’ils ont obtenus n'étant pas encore publiés, nous nous bornerons à transcrire les détails que M. Pelletier a bien voulu nous communiquer.
La noix vomique et la féve de Saint-Ignace renferment une substance particulière alcaline très-vénéneuse, que les auteurs proposent d'appeler ’auqueline, en honneurdu respectable et célèbre Vauquelin (x). Voici quelles sont ses
(1) M. Vauquelin est le premier qui ait parlé d’une substance végétaleayant les propriétés alcalines. ILsépara cette substance du daphne alpina. Depuis cette époque, l'existence de la
à. LA NOIX VOMIQUE. 333 propriétés. Elle est blanche , d’une amertume insupportable, cristalline, se présentant sous la forme de lames quadrangulaires ou de prismes à quatre pans terminés par une pyramide à quatre faces un peu surbaissée ; elle est très-peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l'alcool, et formée d'oxigène, d'hydrogène, et de carbone, comme la plupart des substances végétales. Elle est surtout remarquable par ses propriétés alcalines comme la morphine, dont cépendant elle diffère essentiellement ; elle rétablit la couleur bleue du tournesol rougie par un acide, forme avec les acides eux-mêmes des sels neutres solubles dans l’eau et plus on moins facilement cristallisables. Traitée par lacide nitrique affaibli, elle donne lieu à un nitrate; maïs l'acide nitrique concentré réagit sur ses élémens et la décompose. La dissolution est alors d’un rouge de sang, passe au jaune et donne de l’acide oxalique, L’acétate est entièrement soluble; le sulfate l’est moins et cristallise en lames rhomboïdales. |
Cette matière agit sur l’économie animale comme l’extrait de noix vomique , mais avec beaucoup plus d’énerge. (Voyez Expériences 11°, 1v° et suiyantes, pag. 336.)
Action de la Noix vomique sur l’économie animale.
Expérience °°. On a fait avaler à un chien de moyenne taille un peu moins d’un demi-gros de noix vomique mêlée à du miel. Trois quarts d'heure après, l’animal a eu des mouvemens convulsifs dans les membres postérieurs, qui étaient écartés l’un de l’autre et portés en avant, en sorte que le chien reposait sur les talons. Tout-à - coup
morphine dans l'opium a été mise hors de doute par les travaux de M. Sertuerner ; enfin le nouvel alcali retiré de la noix vomi-
que e! de la féve de Saint-Fgnace forme un nouveau genre dans gette classe,
e # 334 DES POISONS NARCOTICO-ACRES.
il s'est levé, a roidi fortement ses membres, et les à écartés ; il a fait quelques bonds tout d’une pièce, le cou et le rachis dans une roiïdeur tétanique, et courbés en arrière, la queue ramenée sous le ventre ; il est retombé ensuite sur les pattes en touchant la terre seulement avec l'extrémité des doigts. Peu de temps après, chute sur le côté, tremblemens, queue redressée, enfin relàchement de tous les muscles. L'animal a eu une seconde attaque qui a débuté par des mouvemens convulsifs de la face, la mobilité des paupières, tandis que les yeux, immobiles par la contraction tétanique de leurs muscles, faisaient saillie hors des orbites. Bientôt après, roideur tétanique générale. On pouvait le soulever tout d’une pièce; : tremblement général : la langue sortait de la bouche; elle était violette, ainsi que les lèvres ; la respiration suspendue par la contraction tétanique des muscles du thorax ; relâchement général. Dans les attaques qui ont précédé la mort, la respiration s’est exercée pendant le paroxysme, et alors la langue et les lèvres ont repris leur couleur naturelle. Il a expiré à la quinzième attaque, vingt-huit minutes après l'invasion des accidens, et il a toujours conservé l’usage de ses sens. On pouvait augmenter lintensité des symptômes et même déterminer les attaques par le toucher, la menace ou le bruit; mais ce moyen n’excitait pas les mouvemens convulsifs de la face. Quelques instans avant la mort, la respiration est devenue un peu bruyante, comme si l'animal eût eu le râle.
Ouverture du cadavre. Il n’y avait aucune trace d’inflammation dans le canal digestif, ni dans l’appareil respiratoire, ni dans le cerveau; les sinus cérébraux paraissaient un peu plus gorgés que dans l’état naturel; presque toute la noix vomique était contenue dans l'estomac ; le cœur renfermait du sang noirâtre et un peu coagulé, sur-
tout dans l’oreillette droite,