DE LA NOIX VOMIQUE
Cette expérience, répétée avec un demi-gros sur un autre chien, a fourni des résultats analogues , si ce n’est que l'animal, qui était plus faible, n’a été affecté qu'une heure après l’ingestion de la noix vomique , et qu’il a vécu une heure à dater du moment de l'invasion : en général aussi les symptômes ont été plus prononcés.
Un autre peut chien, qui a avalé 12 grains de noix vomique eh morceaux, a éprouvé des accidens analagues aux précédens, une demi-heure après l’ingestion, et il est mort au bout de vingt-cinq minutes.
Bonet a décrit avec détail des expériences faites sur des jeunes chiens, dont les résultats ont beaucoup de rapport avec ceux que nous venons d'exposer. ( Z'heoplhili Boneti Sepulchretum, tome 111, page 497. Lugduni , 1700.)
Expérience v°. On a fait préndre à une grenouille de moyenne taille environ 3 grains de noix vomique räpée et mêlée à du miel. Un quart d'heure après, la respiration a été accélérée et le ventre gonflé; le tronc s’est redressé pendant que les yeux s’enfonçaient; les pattes étaient dans
’état naturel, et l’animal faisait entendre un léger bruit. Il est resté tranquille pendant quelques minutes, puis il a eu trois autres accès séparés par un même intervalle de repos, et marqués par les mêmes phénomènes, mais plus prononcés. Cinquième accès. Mouvemens convulsifs et roideur considérable des membres et du tronc; on pouvait tourner l’animal tout d’une pièce. La durée du mouvement de flexion était très-courte relativement à celui d'extension : le toucher, l'agitation, l’ébranlement du sol déterminaient ces effets. Il a été impossible de s’assurer de l’état de la vue, ,à cause des mouvemens continuels des paupières. La roideur a diminué d'intensité ; l’action des membres thoraciques s’est éteinte lorsque les doigts exerçaient encore des mouvemens.
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Ouveriure du cadavre. La bouche et l’œsophage étaient remplis de mucosités épaisses ; la majeure partie des bols ingérés était arrêtée à l’orifice œsophagien de l'estomac ; il y en avait aussi une petite quantité dans ce viscère ; les portions de l’œsophage et de l'estomac sur lesquelies le poison était appliqué offraient une couleur rouge; la membrane qui enveloppe le cervelet et la première partie de la moelle de lépine présentait des vaisseaux veineux un peu plus engorgés que dans l’état naturel (x).
Expérience n°. M. Lesant, pharmacien à Nantes, a fait prendre à des chiens et à des chats de différente force de l'extrait aqueux de noix vomique, depuis la dose d’un grain jusqu’à 43; les animaux ont constamment péri en moins de dix minutes lorsque le poison leur a été administré en solution aqueuse, et au bout de trois ou quatre heures seulement lorsqu'ils Pont pris sous forme pilulaire et enveloppé dans de la viande. Un chien très-fort, après avoir pris 4 grains de cet extrait dans de la viande, et après avoir éprouvé des convulsions horribles pendant une heure, put être rappelé à la vie. On lui fit prendre une grande quantité d'huile et de vinaigre. M. Lesant, qui à bien voulu nous communiquer cette note, pense que l'animal n’a pas dû son rétablissement à ces liquides.
(1) Ces expériences ont été faites par M. le docteur Desportes. (Voy. Dissertation inaugurale, soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, l’an 1868.) Elles se trouvent d'accord avec celles que MM. Magendie et Delillé ont faites depuis sur le mêmesujet , el que nousavonssrépétées avec le plus grandsoin. Wepfer, dans son ouvrage sur la ciguë aquatique, rend compte, page 134 et suivantes, des résultats qu'il a obtenus en faisant prendre la noix vomique à des chiens et à des chats; il compare les symptômes à des attaques d'épilepsie, et il affirme qu'il y a suspension de la vision, de l’ouie et du tact.