‹ Traité des poisonsChapitre 66 sur 109 · IL · texte numérisé non relu

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quences eussent été beaucoup plus graves si la dose d’angusture eût été plus considérable. M. le docteur Schweigger, maintenant professeur et directeur du jardin botanique à l’université de Kœnigsberg, a été témoin d’une parue de ces faits. ( Observation rapportée par le docteur Marc, Journal de Pharmacie, tom.11, p. 507, ann. 1816.)

of. Ées faits qui précèdent nous permettent de con-

clure , | 19: Que la ae d’angustura pseudo- erruginæa et

ses M préparations agissent comme la noix vomique et les autres strychnos (t) ; . Que la matière jaune amère paraît être la partie la de active.

M. le professeur Hana dont les connaissances médicales sont si étendues, a bien voulu nous communiquer les résultats d’un travail important qu'il a fait à Berne, sur l'écorce d’une espèce d’angusture à laquelle Rambach a donné le premier , en 1804, le nom d'angustura ViTOSCL. Cette écorce paraît être la même que celle dont nous venons de fairé l’histoire.

Voici les principaux résultats obtenus par M. Emmert :

(a) H'y a plusieurs praticiens qui pensent que la noix vomique, l'upas, la fève de Saint-Tgnace et la fausse angusture agissent sur le cerveau ausei-bien que sur la moelle épinière. Ils titent à l’appui de Jeur opinion des cas où l’administration de la noix vomique a été suivie de délire-et de la perte des facultés inteHectuelles. On se rappelle que nous avons déjà dit que telle élait l'opinion de Weptfer. Nous avons souvent remarqué que lesanimaux:soumis à l’action de l’une ou de l’autre de ces quatre substances perdaïent l'usage des sens ; mais ce n'était qu’un effet momentané, ét toujours lorsque l'accès était très - violent. En conséquence, nous croyon$.que leur DURE action a hieu sur la colonne, vertébrale,

Sex »

DE L'UPAS: ANTIAR. | 856 +9, L'angustura virosa est un poison violent pour l’homme, les SM AuE en général, les oiseaux, les poissons et les reptiles, lorsqu'elle est appliquée sur Îles membranes muqueuses ; les blessures, la plèvre, le péritoine, et sûr toutes les parties qui conticnnent beaucoup de vaisseaux sanguins; elle est, au contraire, inerte ou peu active quand on la met en contact avec les nerfs, les tendons ou l’épiderme non lésé. 2°, On peut faire cesser complétement les effets de ce poison lorsqu'on empêche la circulation dans la partie sur laquelle ila été appliqué; les phénomènes de l’empoisonnement se manifestent, au contraire, lors même que l’on a coupé les nerfs du membre sur QUE il a été placé. 3% Le vinaigre, l'huile de térébenthine et le éafé ne s'opposent pas aux effets de l’angustura; le café les accélère plutôt; l'huile de térébenihine semble les diminuer un peu. 4°." Après la mort, les muscles involontaires conservent encore leur irritabilité , lorsque les muscles volontaires n’en donnent plus aucun signe. 5°. «Un enfantmourut après avoir pris, par mégarde , le decoctum de cette écorce; il conserva l'usage des facultés intellectuelles, et il priait avec instance qu'on ne le touchât pas, car il éprouvait des crampes terribles après chaque attouchement; il eut une transpiration abondante,

mais ne vomit pas. » (Lettre de M. Æmmert, du mois de janvier 1815. )

à De l'Upas antiar.

965. L’antiar est un arbre d’un genre nouveau, et l'upas qu'il fournit est le suc qui découle de l'arbre. Ce suc est laiteux, amer et un peu jaune. Il ne fait point de mal en touchant légèrement la langue ou en tombant sur la peau. {ntroduit dans les blessures, il fait périr d’un genre de mort très-douloureux les hommes et les Animaux. Il sert

aux Indiens à la guerre, MM. Magendie et Délille ont ln,

le 28 août 1809, un mémoiré à l’Institut, dans lequel ils exposent les effets de ce poison subtil. Nous allons rap-

porter les expériences qu’ils ont faites et que nous avons

répétées. R

Action de l'Upas antiar sur l'économie animale.

Expérience 1°. Lorsqu'on verse 6 ou 8 gouttes de suë liquide d’antiar dans une incision faite avec un scalpel à la cuisse d’un chien ou d’un chat, près de l’aîne, ou que l’on

y introduit un pett morceau de bois enduit d’un grain et même d’un demi-grain d’antiar desséché, l'animal ne parait pas souflrir pendant huit ou dix minutes : alors il vomit , à deux ou trois réprises différentes , des matières jaunâtres, comme bilieuses; il a quelquefois plusieurs selles; il change peu de place, se couche et se relève de temps en temps ; les vomissemens, qni avaient cessé, récommencent cinq ou six minutes après; la respiration est bruyante et s’interrompt par des hoquets et par des sanglots ; les muscles de l’abdomen et du thorax se contractent; une écume jaune et visqueuse recouvre le bord des mâchoires ; teutà-coup l’animal jette plusieurs cris, sa tête se renverse, 1l tombe sur le côté, roïdit les membres, les agite d’une manière irrégulière ; les muscles de la face sont tiraillés ; l'animal fait des sauts irréguliers et heurte quelquefois les objets qui l'environnent ; la respiration se fait par secousses; il se produit une sorte de räle qui cesse presqu’aussitôt avee la vie. En ouvrant les cadavres immédiatement après la mort , On Voit que le cœur contient du sang artériel vermeil; 4 n'y à aucune lésion dans le cerveau; la blessure conserve la couleur et l’amertume du poison.

Expérience n°. Lorsqu'on fait avaler à des chiens { grains d’antiar, on remarque que ces animaux commencent à vO= mir au bout d’une heure; les vomissemens durent pendant

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trois ou quatre heures, avec de longs intervalles de repos ; il y a plusieurs déjections alvines, et la mort arrive au bout de huit, dix ou.douze heures.

Expérience 1°. On peut verser sur le nerf sciatique, isolé des parties environnantes, plus de 20 gouttes d’antiar pendant une heure sans que l'animal éprouve le moindre accident.

Expérience 1v°. Si l’on injecte ce suc dans la veine jugu= laire des chiens et des chevaux, ces animaux succombent peu de minutes après, et les symptômes qui précèdent la mort sont les mêmes que ceux dont nous avons parlé (expériencer"®}. La mort tarde un peu plus à arriver si l’injection de l’antiar a été faite dans la plèvre ou dans une des* veines du mésentère; mais on remarque toujours des vomissemens, des purgations, des cris et des convulsions.

Expérience v°. Lorsqu'on injecte dans une des carotides d’un chien quelques gouttes d’antiar étendues d’eau, l’animal crie dans le même instant; il n’éprouve point de vomissement ; sa tête se contourne, l’occiput se renverse sur le plancher, le col et le tronc sont courbes en S, les pattes se roidissent et sont agitées par intervalles. La mort a lieu en moins de cinq minutes. L’injection de lantiar dans fa pulpe cérébrale produit Jes mêmes effets que l'injection dans la carotide.

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