‹ Traité des poisonsChapitre 67 sur 109 · Il résulte de ces faits · texte numérisé non relu

Il résulte de ces faits

1°. Que l’antiar est très-vénéneux lorsqu'il est injecté dans la carotide, la pulpe cérébrale ou la veine jugulaire ; qu'il l'est moins lorsqu'il est injecté dans la plèvre, moins encore quand il est appliqué sur le tissu cellulaire, et beaucoup moins lorsqu'il est introduit dans l'estomac;

2°, Qu'il est absorbé, porté dans le torrent de la eirculation, et qu'il agit sur le cerveau et sur la moelle épifière; ce qui est prouvé par la perte de l'usage des sens, par les cris aigus, par le renversement ou la torsion qu’é-

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prouve la tête, et par le tiraillement des muscles de Ta face ; 3°. Qu'il agit aussi comme émétique.

M. Brodie pense que l’upas antiar agit sur le cœur, qu’il rend insensible à l’action du sang. Il fonde cette assertion sur ce que, peu de temps après l'application de l’upas , les contractions du cœur soutirrégulières, intermittentes, puis deviennent faibles, et cessent immédiatement après la mort : alors cet organe se trouve distendu par une grande quantité de sang, ( Philosophical Transactions , page 190, ann. 1011.)

M. Æmmert a fait aussi les mêmes observations sur l’état du cœur des animaux empoisonnés par l’antiar.

Du Ticunas ou Poison américain.

067. De La Condamine nous apprend, dans la relation abrégée d’un voyage fait dans l’intérieur de l'Amérique méridionale, « que le ticunas ést un extrait, fait par le. moyen du fet , des sucs de diverses plantes, et particu- Jièrement de certaines lianes. On assure qu'il entre plus de trente sorte d'herbes ou de racines dans ce venin. Les. Indiens le composent tonjours de la même manière, et suiv ent à la lettre le procédé qu'ils ont recu de leurs ancêtres, aussi scrupuleusement que les pharmaciens, parmi nous, procèdent à la compositiôn solénnelle de Ja thériaque (1)}:% . :

968. Ce poison se dissout trés-bien dans l’eau, és lés acides minéraux et végétaux; il ne fait point d'éfervese cence avec les acides ni avec les alcalis; il ne change le suc

de raves ni en rouge ni en vert; il se dessèche sañs se Crevasser.

(1) Mémoires de l’Académie des Sciences, ann. 1745, p. 4go.

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