‹ Traité des poisonsChapitre 71 sur 109 · DU CAMPHRE · texte numérisé non relu

DU CAMPHRE

7°, Que si le camphre en fragmens produit des eflets

nerveux, cela tient à une division pinse grande de quelques-unes de ses parties.

8°. Enfin que le camphre artificiel à la dose d’une demionce, lors même qu’il a été divisé par une huile, ne donne lieu à aucune lésion du système nerveux, et borne son action à produire quelques petits ulcères dans la membrane muqueuse de l'estomac.

976. Pour terminer l’histoire des propriétés délétères du camphre, nous allons rapporter quelques observations qui iendent à prouver que cette substance agit sur l’homme comme sur les chiens.

OBSERVATIONS

1°. M......, d’une complexion plutôt maigre que grasse, ayant la peau blanche et colorée en rouge sur Îles joues, d’une constitution rarement altérée par les maladies, mais sujet à de légères aflections nerveuses, avait depuis quelques jours une constriction du sphincter de l’anus qui lui causait par intervalles de vives douleurs. Pendant cet espace de temps, il eut recours à des lavemens mucilagineux , mais sans en éprouv er aucun soulagement, On ni FrAeut d’ajouter au lavement un demi-gros de camphre : il n’en prit que 18 grains : la douleur entièrement suspendue pen= dant environ une heure, Le lendemain on lui administra un demi-gros de camphre en lavement; quelques minutes après, il sentit un goût de camphre à la gorge; au bout d’un quart d’heure, n'ayant pas rendu le lavement , il éprouva un sentiment d'inquiétude et de malaise général. Comme cet état pénible allait en augmentant, il sauta en bas de son lit, et il fut surpris de sé trouver plus léger que de coutame; il Jui semblait qu'il ténait à peine à la terre etqu'il l’effleupait pour ainsi dire en marchant. Il descendit pour chercher du secours ; sa marche était incertaine et chancelante; il se.

578. DES POISONS NARCOTICO-ACRES. promevait en gesticulant et en demandant avec instance ur verre de vin. Sa face était pâle, ses yeux hagards, ses traits altérés ; il éprouvait un froid léger dans toute l'étendue de la peau, avec un sentiment d’engourdissement au cuir chevelu, mais surtout à la nuque; la peau était fraiche et: humide dans quelques parties, le pouls faible et serré ; ik lui semblait qu'il avait une disposition à la défaillance ; son esprit était particulièrement affecté; c'était un état de vive inquiétude, et cependant il ne se croyait pas en danger. Il était ému et versait des larmes qu'il s’étonnait de répandre, parce qu'il sentait qu’elles étaient sans motif, et qu’il ne pouvait les arrêter parce qu’elles étaient involontaires, Cet état continua environ une demi-heure , en diminuant graduecllement. Le vin qu’il but contribua beaucoup à Le rétablir. Il exhalait par la bouche une forte odeur de cam 1phre qui subsisia pendant toute la journée ; la constriction douloureuse ne se fit pas sentir pendant tout ce temps ; elle ne se renouvela que vingt-quatre heures après, et céda ensuite complètement à 12 grains de camphre administrés en deux doses de la même maniere, (Observation communiquée par M. ane

9. Un homme sujet à une affection hypochondriaque “6 plus vives, et qui lui causait des accidens spasmodiques “très-fréquens , avala par méprise , en une seule fois, 2 scrupules de camphre dissous dans l’huile d'olives : les effets de cette imprudence furent le vertige, le froid des extrémités , une grande anxiété , une sueur froide de la tête, un délire léger accompagné de somnolence; le pouls était petitet languissant. À cessymptômes succédérent bientôtune grande chaleur , un pouls plus accéléré, des urines rouges; mais le malade fut bientôt dédommagé de ect accident, puisqu'il fut totalement délivré de ses spasmes. (Rapport d’après Hoffmann par M. Hallé, dans un mémoire inséré parmi eeux de la Société royale de Médecine , pag-66.}

BE LA COQUE DU LEVANT. Je De la Coque du Levant.

977. La coque du Levant est le fruit d’un abrisseau qu wroit naturellement dans le sable, au milieu des rochers, -sur les côtes du Malabar, de l’île de Ceylan ; et dans d’autres parties des Indes orientales. On la trouve surtout à ombre des grands arbres , dont elle embrasse le tronc en s’élevant jusqu’à leurs plus hautes branches.

Ce fruit est noirâtre, du volume d’un gros pois. Le péricarde ligneux est couvert de rugosités , et il renferme une amande d’une saveur amère, très-persistante, blanchätre, fragile, arrondie, quelquefois oblongue etun peu réniforme, partagée en deux parties ou lobes par une cloison sinueuse, contournée et comme ligneuse.

En 1812, M. Boullay, habile pharmacien de Doria et chimiste Han , à cherché à déterminer, d’après l’invitation de M. le professeur Chaussier , la nature des principes qui entrent dans la composition des fruits du meni- Spermum cocculus. Xl résulte de l'analyse qu'il en a donnée, que la semence de ce fruit, isolée du périsperme ligneux dans lequel elle est renfermée, contient : 1°. moitié de son poids environ d’une huile fixe concrète céracée ; 2°. une substance végéto-animale albumineuse ; 3°. une matière colorante particulÿère ; 4°. 0,2 d’un principe amer nouveau , cristallisable et vénéneux, auquel M. Boullay à donné le nom de picrotoxine; 5°. 0,5 de partie fibreuse; 6°. de l’acide malique probablement à l’état de malate aci- AS de chaux et de potasse; 7°. du sulfate de potasse ;

. du muriate de potasse; 9°. du phosphate calcaire; 10°. un peu de fer et de silice, (Analyse chimique de A Coque du Levant, Paris, 1812.)

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