‹ Traité des poisonsChapitre 72 sur 109 · Les effets délétères produits par cette semence sur · texte numérisé non relu

Les effets délétères produits par cette semence sur

les poissons, les oiseaux de Paradis, les chèvres et les

560 DES POISONS ARéOorEe CN + ACRE S. vaches sauvages, les . ele. , ont engagé quelques médecins à Las des expériences sur les animaux vivans, dans le dessein de reconnaître son mode d’action.

M. Goupil, médecin à Némours , a communiqué à la Soeicté de Médecine quelques faiis intéressans sur ce sujet: Voic} les conclusions qu’il à cru pour oir tirer de son travail :

1°, La coque du Levant est non-seulement un poison pour les poIssRUs , Mais aussi pour différens quadrupèdes, carnivores , et Wès-probablement pour l’homme.

2°, Ce poison peut être rangé dans la classe des poisons. végétaux 1rritans.

3°, L’enveloppe ligneuse de la tete du Levant n’a qu’une propriété émétique , même chez les Poissons , ét à telle dose qu’elle soit administrée.

4°. C'est dans l'espèce d'amande renfermée dans cette enveloppe que réside la partie vénéneuse. |

5°. La partie vénéneuse de cette substance n'est pas sen siblement altérée par les sucs digestifs et l’action vitale des. organes de la digestion. |

6°. Elle passe, au contraire, dans le système absorbant avec toutes ses propriétés; la chair des poissons qui en ont

angé irrite Pestomac et les entrailles des animaux auxquels on la donne, à-peu-près’comme la coque du Levant ellemême.

7°. Tous les poissons qui en ont mangé ne meurent pas. dans un temps égal. Gardons , meuniers ; brêmes, perches, tanches , barbeaux , tel est à-peu-près Pordre dans lequel ces poissons paraissent résister : Le gardon est tué le plus facilement ; le-barbeau est le dernier à mourir.

De tous les poissons, le barbeau est celui dont la chair produit le plus souvent des accidens chez les animaux qui la mangent, probablement par la raison que ce poisson

“mettant un temps plus long à mourir, Le poison cest. plus.

DE LA COQUE DU LEVANT, a6x Jong-temps soumis à l’action des sucs digestifs, et il s’en, trouve une grande quantité d’absorbée. (Bulletin de la Société de l'Ecole de Médecine , novembre 1807.)

M. Boullay, dans sa dissertation sur la coque du Levant, dit qu'un, grain de picrotoxine, mêlé à un gramme de mie de pain, a sufli pour faire mourir une forte grenouille à laquelle. on l’a fait avaler; tandis que l'huile concrète, la substance végéto-animale, la partie colorante et l’eau distiilée sur cette semence n’ont produit aucun mauvais effet sur les mêmes animaux auxquels il en fit prendre des quantités beaucoup plus considérables.

M. Boullay a conclu de cesexpériences quela picrotoxine

est la seule matière à laquelle la coque du Levant doit sa propriété délétère,

En comparant les effets due picrotoxine à ceux de Lx coque du Levant, nous avons cherché à déterminer le mode d'action de ces doué substances.

Expérience 1°. Lorsqu'on fait avaler à des chiens ro bustes 3 ou À gros de coque du Levant pulvérisée autant que possible, et qu’on lie l’'œsophage immédiatement après T'ingestion de la substance vénéneuse, on remarque que ces animaux ne tardent pas à faire des efforts répétés pour vomir. Au bout de vingt, vingt-cinq, trente minutes , leur marche et leur attitude sont chancelantes; leurs yeux deviennent saillans et hagards ; leurs muscles sont agités d’un tremblement d'abord léger , maïs qui augmente par degrés; bientôt

. Fr } ° après, leurs traits sont altérés par des mouvemens convulsifs |

des diverses parties musculaires de la face; des contorsions et des grimaces horribles annoncent une attaque nerveuse générale ; tout-à-coup ils font quelques pas en arrière, roidissent les pattes antérieures, s'arrêtent, et ce n’est qu'avec peine qu'ils évitent de tomber en se reposant sur les extrémités postérieures. Leur tête ne tarde pas à éprouver une violente secousse, comparable à celle quirésulterait d'une

Ba DES #OLSONS NARCOTICO-ACRES.

forte décharge électrique sur les grenouilles : quelquefois tes commotions Sont assez vives pour que cette partie soit renversée sur le tronc, et pour produire une culbute en arrière , dans laquelle la tête frappe d’abord le sol avec. véhémence, et Le corps roule en tous sens. Ces effets cessent pendant une ou deux minutes; les animaux se lèvent, essaient de faire quelques pas en avant ; mais ils sont bientôt attaqués de nouveau ; l’intensité et la fréquence de ces accès augmentant de plus en plus, on ne tarde pas à apercevoir les convulsions les plus effrayantes : couchés ordinairement sur le côté, ils agitent leurs pattes avec une force et une rapidité extrêmes ; la tête et la queue sont plus ou moins renversées sur la He postérieure de la colonne vertébrale ; les organes des sens n’exercent plus leurs fonctions, et on peut A ces animaux , les heurter , crier autour d'eux sans qu'ils donnent le moindre signe de connaissance ; leur bouche devient écumeuse, la langue et les gencives sont plus ou moins livides, la conjonctive injectée, leur respiration accélérée et laborieuse ; quelquefois , dans cetie contraction générale , ils ont uneémission involontaire d'urine et d’excrémens. Cet état dure deux ou trois minutes ; les animaux paraissent calmes pendant quelques instans, et ne tardent pas à retomber dans un nouvel accès ; enfin ils finissent par succomber après une ou deux attaques. Ordinairement la mort a lieu une demi-heure ouune heure après l'ingestion du poison.

A l'ouverture de leur corps, on ne remarque aucune lésion dans l'étendue du canal digestif; le ventricule gauche du cœur renferme un sang d’un rouge brun, et les poumons sont peu crépitans , d’un tissu plus serré qu’à lordinaire , et d’une couleur foncée par plaques.

Expérience n°, Si au lieu de lier l’œsophage après avoir introduit la coque du Levant dans leur estomac, on leur laisse la faculté de vomir , ils la rejettent presque en entier,

DE LA COQUE DÜ LEVANT. 305 et échappent quelquefois à la mort, quoiqu’ils aient éprouvé assez souvent deux ou urois attaques semblables à celle dont nous venons de parler,

Expérience 11°. On a appliqué sur le tissu cellulaire da la partie interne de la cuisse d’un petit chien un gros 48 grains de coque du Levant finement pulvérisée et mêlée avec une once d’eau. Au bout de dix minutes, l’animal à eu une attaque convulsive analogue à celle dont nous avons parlé (expérience r°), et il est mort quarante minutes après l'application de la substance vénéneuse, On la ouvers sur-le-champ. Le cœur ne se contractait plus ; il contenaît du sang fluide et noirätre; Îés poumons paraissaient ridés et gorgés ; Les autres organes n'offraient aucune aliération.

Expérience 1v°. Lorsqu'on se borne à écraser grossiérement le en du PRCRESTIÉRTNTER coccülus, et qu’on en introduit 4 ou 5 gros dans l’estomac des id de petite taillé, on n’observe aucun des symptômes nerveux que nous avons fait connaître, lors même que l’on a pratiqué la ligature de l’œsophage pour s’ opposer au vomissement : dus ce dernier cas seulement, les animaux ne succombent qu'après avoir été plongés dans un grand état d’abattemeut pendant quatre, cinq, six ou huit jours, À l’onverture du cadavre, on retrouve dans l’estomac tous.les fragmens de la coque, et les tissus n’offrent aucune alté: ration.

Expérience v°. On a fait manger à un petit carlin trèsrobuste 12 grains de picrotoxine non purifiée. Au bout d’une demi-heure, l'animal, qui n’avaitencore rien éprouvé, a vomi une petite quantité de matière jaune liquide, etül a

été en proie à une attaque des plas violentes. Les muscles de la face ont d’abord été agités de légers mouvemens convulsifs qui bientôt sont devenus très-intenses ; en sorte que l'animal faisait des grimaces horribles ; sa marche Éiait

chancelante et toujours en arrière; les pattes amérieures, fortement ARTE sur le sol, Pempêchaient de tomber dorsqu'il venait à s’arrêter. Cet état a duré trois minutes : alors il est tombé sur le côté; les convulsions sont devenues générales et cruelles; la tête et la queue, fortement renversées sur la partie postérieure de la colonne vertébrale, . formaient un arc avec le tronc; les pattes antérieures exerçaientides mouvemens fréquens et analogues à ceux qu'exécuient ordinairement les chiens qui nagent. Les yeux, rouges et saïllans, étaient momentanément fermés par ” JPagitation des paupières ; l’animal ne donnait aucun signe de sensibilité à l'approche des corps propres à l’exciter ; la langue , d’une couleur livide, plongeait dans une LL quantité d’écume blanche, très-épaisse. L'attaque a duré douze minutes , ets *est terminée par un trismus qui avait été pr écédé du craquement des mâchoires, Pendant les huit minutes qui ont suivi cet accès, l'animal n’a offert d’autres phénomènes qu'un état d’insensibilité générale et une gène extrème de la respiration. Il à succombé cinquante-trois minutes après l'ingestion de la substance vénéneuse. L'ouverture du cadavre n’a offert aucune lésion du canal digestif. |

Expérience vi*. On a fait manger à un autre chien trèsfort 4 grains et demi de picrotoxine parfaitement pure. Au bout d’un quart d'heure , l’animal a. vomi une petite quantité de matière jaunâtre et liquide; les vomissemens se sont renouvelés cinq fois dans l’espace d’une heure, sans qu’il soit survenu aucun accident nerveux. Le lendemain , Panimal était bien portant.

Expérience vu. On a injecté dans la veine jugulaire d’un petit chien assez robuste un grain et demi de picrotoxine pure, dissoute dans une demi-once d’eau. Au bout d’une minute, l'animal à éprouvé de légers mouvemens convulsifs dans la face, les yeux étaient hagards, et il est

aussitôt tombé sur le côté : alors l’attaque est devenue générale , excessivement forte, et en tout semblable à celle que nous avons décrite dans l’expérience v°; elle n’a cessé qu’au bout de huit minutes, après quoi animal est resté tranquille, et il a expiré vingt minutes après l’ingestion. À l'ouverture du cadavre, on a vu que le sang du ventricule gauche était d’un rouge brun ; les poumons ridés, peu crépitans, et d’une couleur foncée par plaques. Les mêmes phénomènes ont eu lieu en injectant dans la veine jugulaire un gros d’eau-mère de picrotoxine. 079. Il résulte de ces expériences, 1°. Que la coque du Levant pulvérisée est un poison énergique pour les chiens; | 29, Qu'elle agit , comme le camphre , sur le système nerne , €t principalement sur le cerveau ; . Qu'on ne doit pas la considérer comme un poison âcre , irritant , ainsi que l’avaitcru M. Goupil ; * 49, Que 1 partie active de ce:poison est la picrotoxine ; 5°. Que lorsqu'on l’introduit peu divisée, elle borne ses effets à produire dMiausées et Alone vomissemens ; | 6°. Enfin que le vomissement paraît être le meilleur moyen de s'opposer aux accidens qu’elle développe lorsqu’elle est encore dans l'estomac.

De l’'Agaric.

Caractères du genre. Chapeau ordinairement pédonculé, doublé en dessous; feuillets qui ne sont presque jamais anastomosés les uns avec les autres, et entre lesquels se trouvent les gongyles. |

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