Les faits qui précèdent nous permettent de con- | "ue
9, Que l’alcool exerce sur les el ; les Fu et Les aa la même action que sur l’homme;
29, Qu'il agit avec moins d'énergie lorsqu'il est injecté dans le tissu cellulaire que dans le cas où il est introduit dans l'estomac; mais qu’il est encore beaucoup plus actif. quand on l’injecte dans la veine jugulaire ;
3°. Qu'il commence par déterminer:une vive! excitation du cerveau, à laquelle succèdent le coma et linsensibilité ;
. 4%. Que ses premiers effets sont Île résultat de l’action qu'il exerce sur les extrémités nerveuses, et qui se propage jusqu'au cerveau : il est cependant absorbé: par la suite ;
5o.. Qu'il n’y a point identité, comme on l’a prétendu, entre son action et celle de l’opium. En effet, 4. l'opium agit après avoir été absorbé: aussi est-il beaucoup plus actif lorsqu'on l’injecte dans le tissu cellulaire de la cuisse que quand il est introduit dans l'estomac, parce que ; dans lepremier cas, l'absorption est plus énergique; l'alcool, au contraire , agissant sur les extrémités nerveuses, doit dé= terminer des phénomènes plus rapides et plus intenses dans l'estomac que lorsqu'il est appliqué sur la cuisse. B. L'alcool occasionne constamment sur l’homme et'sur les chiens une excitation dont la durée varie, et’ qui est suivie d’un état comateux et d’une grande insensibilité; l’opium, au contraire, commence par donner lieu à un assoupissement
° (1) Liber 1, epist, anat. med. :x1x', art. 55.
DE L'ALCOOL, 4x9 toujours accompagné de la paralysie des extrémités postérieures , etqui est bientôt suivi des phénomènes convulsifs les Li horribles, en sorte que les animaux finissent se être dans un véritable état d’excitation. C. L'opium n’enflamme pas les tissus de l’estomac ; l'alcool, au contraire, y produit une vive phlogose.
On pourra se convaincre de la différence qui existe entre ces deux poisons en injectant, dans le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse de deux chiens à-peu-près de même force, 33 ou 36 grains d’extrait aqueux d’opium dissous dans 2 ou 3 gros d’eau, et 10 ou 12 gros d'alcool à 40° : ces doses détermineront la mort à-peu-près au bout de quatre ou cinq heures. |
088. M. Brodie pense aussi que l'alcool n’est pas absorbé, et qu'il agit sympathiquement sur le cerveau par. le moyeu des nerfs de l'estomac. Voici les faits sur lesquelsil appuie cette assertion : 1°. Les animaux qui succombent après avoir pris de l’alcool offrent une*inflammation marquée de l'estomac; cependant le cerveau ne s’est jamais trouvé enflammé. 2°. Les effets développés par cette liqueur sont si instantanés, qu'il parait impossible que l’absorption ait eu le temps de s'effectuer. 3°. Une personne ivre se rétablit souvent par le vomissement. 4°. Lorsqu'on introduit dans l'estomac de l'alcool uni à la teinture derhu= barbe, et que l’on examine l’urine après la mort, on n’y découvre pas la teinture; tandis que lorsque celle-ci est absorbée et transportée dans le torrent de la circulation , on peut la retrouver dans l’urine en y ajoutant un peu de potasse, comme l’ont prouvé MM. /Zome et Brande.
M. Brodie compare l’action qu’exerce l’alcool sur le cerveau à celle qui est le résultat de la commotion ou de la pression de cet organe. En eflet, ces moyens mécaniques déterminent la perte du mouvement, l’insensibilité et la dilatation des pupilles ; la respiration devient pénible et
stertoreuse , cesse, et l’individu meurt. (Mémoire cité,
page 192.) De l’Ether sulfurique. *
. Expérience x°°. À huit heures du matin, on a introduit ! dans l'estomac d’un petit chien robuste une demi-once d’é- ther sulfurique, et on a lié l’oœsophage. Deux minutes après, l'animal a fait des efforts pour vomir, qu’il a renouvelés quelques instans après. Au bout de cinq minutes , il a éprouvé des vertiges qui n’ont pas tardé à devenir très-intenses. À huit heures dix minutes, il ne pouvait plus se tenir debout; tous ses muscles semblaient avoir perdu leur contractilité ; il n’offrait ancun mouvement convulsif, et les organes des sens jouissaient de toutes leurs facultés; de temps à autre, il appuyait la tête sur le sol et faisait des efforts infructueux pour se relever; la respiration était gènée et accélérée, À huit heures seize minutes, il a poussé des cris plaintifs , et a cherché de nouveau à vomir. Quelques instans aprés, il a cessé dese plaindre , ét il est tombé dans un étatde grande insensibilité; ses membres étaient trèsflasques. À huit heures quarante-cinq minutes, il s’est plaint de nouveau et paraissait beaucoup moins assoupi ; il s’est contourné en difiérens sens pour se relever, et ce n’est qu’au bout de cinq minutes qu’il y est parvenu ; ses extrémités postérieures n'étaient point paralysées , maïs il était iourmenté de vertiges qui rendaient sa démarche chancelante ; la respiration continuait à être gènée et accélérée. À neuf heures, il est tombé de nouveau, et il a été plongé dans un état de grande insensibilité. Il est mort à onze heures. On l’a ouvert à midi et demi. L’estomac contenait une petite quantité d’un fluide visqueux, brunâtre ; sa membrane muqueuse ofirait, dans toute son étendue, une couleur rouge-noiratre ; elle était fortement enflammée; les autres tuniques de ce viscère étaient d’un rouge vif; la mem-
DU GAZ ACIDE CARBONIQUE. Â19 brane interne du duodénum était un peu enflinimée; le resie du canal digestif était sain ; le cœur renfermait du saug noir en partie fluide, en ubie cosgulé; les poumons étaient gorgés de sang fluide. |
Expérience n°. À huit heures du matin, on a injecté dans le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d’un petitchien faible 3 g10s et demi d’éther sulfurique. A neuf heures, l'animal n'avait présenté aucän phénomène remarquable. À huit heures du soir, il a poussé des cris plaintiis, qu’il a souvent renouvelés pendant la nuit; sa démarche était chancelante. Le lendemain, ïl était un peu abattu. Cet état à eontinué jusqu'à la fin 4 qua-
trième Jours où la expiré.
Du Gaz acide carbonique.
989. Le gaz acide carbonique est invisible, doué d’une saveur légèrement aigrelette et d’une odeur piquante; sa a spécifique est de 1,51Q6; il éteint les corps en combustion , rougit l’irfusum de tournesol, se dissout dans l'eau , et précipite en blanc les eaux de chaux, de baryte et de strontiane. Il se trouve dans l’atmosphére et dans certaines grottes des pays volcaniques ; il se dégage des fours
à chaux et des cuves en fermentation.
Action du Gaz acide carbonique sur l'économie animale.
090. Les expériences faites par M. ZZallé prouvent que les animaux sont aspliyxiés par ce gaz en deux minuies. |
« Dans le mois d'avril 1806 , une famille de sepéinditius - futasphyxiée à Marseille , hors la barrière Saint- Victor, par la vapeur d'un four à chaux qu’on faisait brûler clandestinement dans la cour de la maison , vapeur qui s'était intro-
duite par la porte et les fenètres. De ces sept individus, cinq périrent et deux furent sauvés : tous cherchèrent à fuir la mort en désertant la maïson ; et comme c'était pendant la auit que l’accident était arrivé, on en trouva sur l'escalier et sur le seuil de la porte , une lampe à la main, dans l'attitude de fuir ; mais le gaz délétère leur en avait ôté la force et les moyens ». (Fonéré, Médecine légale, t, 1v, p.35.) Le mème auteur ditavoir vu des eaux chargées de gaz acide carbonique déterminer des vertiges et l’obscurcissement de la vue.
Les altérations cadavériques produites par ce gaz sont les mêmes que celles que développe le gaz oxide de carbone, excepté que le sang est moins noir.
Feu M. Nysten a prouvé, 1°. qu’il peut être injecté en assez grande quantité dans le système veineux sans arrêter la circulation ; qu’il n’agit pas primitivement sur le cerveau, et que lorsqu'on en injecte beaucoup plus que le sang ne peut en dissoudre , il détermine la distension de cet organe et la mort; 2°. que lorsqu'il est injecté avec précaution, il n’occasionne qu’une faiblesse musculaire qui cesse au bout de quelques jours ; 3°, qu’il peut être injecté à plus forte dose sans déterminer aucune lésion pulmonaire ; 4°. qu'ik brunit le sang artériel, mais moins que ne le fait le gaz oxide de carbone ; 5°. qu’il peut être injecté en petite quantité dans l'artère carotide sans déterminer aucun sympiôme notable ; qu’injecté en plus grande quantité, il détermine l’apoplexie, qui paraît entièrement due à la distension outre mesure du système capillaire de la pulpe cérébrale ; 6°. qu’il ne doit pas être regardé comme délétère par lui-même.