DU GAZOXIDE DE CARBONE. Â2E
Des Gaz qui se dégagent pendant la combustion du charbon.
og1. On peut considérer ces gaz. comme formés de gaz oxide de carbone, de gaz acidecarbonique, et d’un *Por de gaz hydrogène carboné.
Caractères du gaz oxide de carbone. If est invisible, transparent, élastique , insipide, sans action sur l’infusum de tournesol, et plus léger que l'air; sa pesanteur spécifique est de 0,96:83. Lorsqu'on approche une bougie allumée de l'ouverture d’une cloche remplie de ce gaz et exposée à l'air atmosphérique, il en absorbe Foxigène , brûle avec une flamme bleue, et se change en gaz acide carbonique : aussi l’eau de chaux, versée dans la cloche après la combustion, est-elle troublée, et il se précipite du carbonate de chaux. Mêlé à parties égales de chlore gazeux et exposé au soleil , il se transforme en un produit gazeux découvert par M. John Davy, dont la pesanteur spécifique est de 3,3894, et qui rougit fortement l’infasum de tournesol. Le gaz oxide de carbone n’est pas sensiblement soluble dans l'eau. Il est formé de 43 parties de carbone et de 57 parties d'oxigène.
092. Il résulte des expériences faites par M. Nysten sur les chiens, 1°. que le gaz oxide de carbone produit par son action mécanique , lorsqu'on l’injecte dans Île système veineux , beaucoup plus de trouble , toutes choses égales, dans la circulation et la respiration que l’acide carbonique ; que les douleurs qu’il occasionne semblent disproportionnées à celles que déterminerait un corps dont laction ne dépendrait que de son état gazeux, tel que Pair atmosphérique : ce qui porte à croire qu'il a une influence particulière sur le système nerveux; 2°. qu'il agit spécialement, quand on, Le cespire , en portant obstacle aux phénomènes chimi-
422 DES POISONS NARCOTICO-AERES.
ques de la respiration, et qu’il ne doit pas être regardé comme déléière par lui-même; 30.-au'il brunit beaucoup le sang artériel; 4°. qu'après la cessation des accidens qui résultent de son action mécanique , il laisse dans les fonctions de la vie animale un trouble qui paraît dangereux, mais qui se dissipe promptement; 5°. qu'il peut être injecté ‘ à assez forte dose sans occasionner aucune lésion pulmonaire. eh
Les expériences de M. Miétors sur ps gaz hydrogène carboné prouvent, 1°.: que lorsqu'il est injecté dans les veines en quanlité suffisante pour distendre le cœur, il produit la mori d’une manière purement mécanique ; 2°. qu’il ne détermine aucune lésion pulmonaire; 3°. qu’il tt un peu le sang artériel ; 4°. que lorsqu'il est respiré, il occasionne la mort en, empêchant les phénomènes chimiques de la respiration, et par conséquent qu’il n’est point délétère par lui-même.
GY93. Après avoir examiné Dem les gaz qui se dégagent pendant la combustion du charbon, nous pouvons faire connaître les principaux phénomènes observés chez les individus ss hyxiés par la vapeur de ce corps.'Les symptômes gén aux de cet empoisonnement sont une grande pesanteu de tête, des tintemens d’oreilles intolérables, le trouk e de la vue, une grande propension au sommeil, la diminution des forces et la chute ; quelquefois un plaisir inexprimable qui porte à rester exposé à l'influence de la vapeur meurtrière (1) ; d’autres fois de violentes douleurs de tête, une grande gêne dans la respiration, qui
(1) M. Favre dit, dans une brochure intitulée: Z2s4ructions sur les moyens & employer pour rappeler à la vie les personnes asphyxiées, imprimé à Bruxelles en 1806 : « M. Terrade a vu un homme qui avait été asphyxié par la vspeur du tharbon en laquetant des bouiciiles dans sa cave, et qu'il a
DE L'ASPHYXIE PAR LE CHARBON. Â23 devient stertoreuse; de violentes palpitations de cœur , qui sont bientôt suivies de Ja suspension de la respiration , de la circulation , des mouvemens volontaires et des fonctions des organes des sens, d’un coma profond, et de l’étai de mort apparente , dans lequel les membres sont quelquefois flexibles, d’autres fois roides et contournés ; la chaleur est la même qu'avant l'accident, et se conserve long-temps dans cet état ; la face est quelquefois rougeet livide, les vaisseaux sanguins sont très-gonflés ; d’autres fois elleest pale et trèsplombée ; quelquefois aussi les sphincters se trouvent relàchés , d’où résulte la sortie involontaire des excrémens et de l'urine. Le tempérament de l'individu asphyxié influe beaucoup sur le développement de tel ou de tel autre symptôme. |
994. Les cadavres des individus qui ont succombé à cet empoisonnement conservent long-temps la chaleur; les lévres sont vermeilles et les membres très-flexibles ; les vaisseaux veineux, principalement ceux du poumon et du cerveau, sont gorgés de sang fluide noir et très-coulant; le système artériel est presque vide ; le visage est gonflé et plus rouge qu’à l'ordinaire ; le reste du corps est aussi un peu tuméfié, et présente souvent des taches violettes ; les yeux sont vifs et luisans ; les membranes sont rougeâtres, et offrent quelquefois de petites ecchymoses; les poumons sont comme emphysémateux, les muscles ramolkis, l'estomac et les intestins rougeûtres , la langue tuméfiée; l’épiglotte est toujours relevée,
rappelé à la vie. Cet individu lui a assuré qu'il avait senti ses
gen de o. F SE Lg ET ER OR ES 2 forces diminuer par gradation ; que le plaisir qu’il a éprouvé. l'avait en quelque façon forcé de rester exposé à l’action des
gaz délétères résultans de la combustion du charbon, et. qu en il s'était endormi ». Page 1E.
424 DES FOISONS NARCOTICO-ACRES Du Seigle ergoté (Secale cornutum).
995. Les épis de certaines graminées offrent quelquefois une production végétale en forme d’éperon ou de corne qui porte le nom d’ergot, et que l’on voit le plus commu nément sur le seigle.
« L'ergot, dit M. Tessier, est un grain ordinairement courbe et allongé; il déborde de beaucoup la bâle qui lui tient lieu de calice. Ses deux extrémités, moins épaisses que la partie moyenne, sont tantôt obtuses, tantôt pointues. Rarement il est arroni dans toute sa longueur; le plus souvent on y remarque trois angles mousses et des lignes longitudinales qui se portent d’un bout à lPautre. On apérçoit dans plusieurs grains d’ergot de petites cavités qu’on croirait formées par des piqüres d'insectes. La couleur de l’ergot n’est point noïre, maïs violette, avec diflérens degrés d'intensité. On remarque sur la plupart des grains dont 1l s’agit quelques traces blanchàtres à l’une des extrémilés : c’est par où l’ergot était adhérent à la bâle, L'écorce violette de ces grains recouvre une substance d’un blanc terne et d’une consistance ferme, dont elle ne se sépare pas même après une longue ébullition. Les grains ergotés se rompent facilement, et se cassent net en faisant un petit bruit comme une amande sèche. Dans l’état de grain, l'ergot n’a une odeur désagréable que quand il est frais et réuni en quantité; mais s’il est réduit en poudre, cette odeur est plus sensible et plus développée : il imprime alors sur la langue une saveur légèrement mordicante et tirant sur celle du blé corrompu. L’ergot ne saurait être confondu ni avec le charbon ni avec la carie ». M. Tessier pense que cette maladie du scigle dépend de la maigreur, de l’humidité du sol, et probablement de l'influence des pluies abondantes, (Mémoire sur les Observations faites.
PU SEIGLE ERGOTÉ. fo
en Sologne par M. Tessier, en 1777.) Réad croit que Pergot provient de ce que le grain de seigle a été piqué ; dès les premiers momens de son développement, par un papillon qui y a déposé une liqueur capable d’exciter une fermentation (1).
Le pain contenant du seigle ergotéoffre des taches ou des points de couleur violette; sa pâte a même “tube une teinte de la même Su té
Action du Seigle ergoté sur l’économie animale.
096. On a remarqué que plusieurs individus qui avaient mangé une petite quantité de seigle ergoté éprouvaient des symptômes nerveux, tandis que ceux qui en avaient fait usage pendant long-temps, ou qui en avaient mangé beaucoup à-la-fois, étaient en proie à une affection gangreneuse. On a donné à ces deux maladies les noms d’ergotisme convulsif et d’ergotisme gangreneux.
Ergotisme convulsif. Il est généralement reconnu que l'usage du seigle ergoté a donné lieu à des épidémies qui ont dévasté quelques cantons de la Silésie, de la Prusse, de la Bohème, de la Hesse, de la Lusace, de la Saxe et de la Suède. Plusieurs auteurs recommandables ayant donné la description des symptômes les plus généralement observés dans ces épidémies, nous allons extraire ce qu’il importe d’en connaître. J.-4. Srine, qui a décrit les effets que produisit ce poison, en 1736, dans Île pays de Wartemberg en Bohême, dit : « La maladie commence par une sensation incommode aux pieds, une sorte de tiuillation ou de fourmillement ; bientôt il se déclare une vive cardialgïe : les mains et la tête ne tardent pas à être affectées. Les Host sont en outre saisis d’une contraction tellement forte, que
p , {) Réan, Traité du Seigle ergoté, im-12, Sfrasbourg, 1777.
l’homme le plus robuste peut à peine la maitriser, et que les articulations paraissent comme luxées. Les malades poussent des cris aigus, et sont dévorés par un feu qui leur brüle les pieds et les mains. Après les douleurs, la tête est lourde, le malade éprouve des vertiges, et les yeux se COuvrent d’un nuage épais, au point que queluues individus deviennent aveugles ou voient les objets doubles; les faeultés intellectuelles sont pervertiés ; la manie, la mélaneolie ou le coma se déclarent, les vertiges augmentent et les malades paraissent ivres. Le mal est accompagné d’opisthotonos ; la bouche contient une éenme presque sanguinolente , ou jaune, ou verdâtre ; la langue est souvent déchirée par la violence des convulsions; elle se tuméfie quelquefois au point d’intercepter la voix et de donner lieu à une sécrétion abondante de salive. Presque tous ceux qui ont éprouvé des accidens épileptiques succombent ; ceux qui, après le fourmillement des membres, deviennent froids et roïdes, ont beaucoup moins de distension dans les mains et les pieds. Ces symptômes sont suivis de faim canine, et il est rare que les malades aient de l’aversion pour les alimens. Sur einq cents individus atteints de cette maladie, un seul eut des bubons au cou, lesquels rendirent un pus jaune, et il fut en proie à des douleurs atroces et brülantes. Un autre eut les pieds couverts de taches semblables aux piqüres de puces, qui ne se dissipèrent qu’au bout de huit semaines. La face de plusieurs d’entr'eux fut couverte de cette éruption. Le pouls était comme dans l’état de santé. La roideur-des membres succéda aux spasmes. Cette maladie durait deux, quatre, huit, quelquefois même douze semaines, avec des intcrvalles de repos. Sur cinq cents personnes, trois cents enfans périrent. » (Saty. medicor. Siles. specim. 1x1.) Ergotisme gangreneux. Lorsque le seigle ergoté a été pris en grande quantité, ou qu'on en a fait usage pendant
DU SEIGLE ERGOTÉ. 42m Jong-temps , la maladie débute ‘par une douleur très-vive avec chaleur intolérable aux orteils. La douleur monte, s’empare du pied, et gagne la jambe. Le pied devient bientôt froid, pâle, puis livide. Le froid s'empare de la jambe, qui est très-douloureuse , et le pied est devenu insensible. Les douleurs sont plus vives la nuit que le jour; il y a de la soif, mais l'appétit se soutient , et le malade fait régulièrement ses fonctions. Il ne peut se mouvoir ni se soutenir sur ses pieds. Bientôt il paraît des taches violettes, des ampoules ; la gangrène se montre avec toute son horreur, et monte jusqu’au genou. La jambe se détache de son articulation, et laisse voir une plaie vermeille qui se ferme avec facilité, à moins que le malade , mal nourri, habitant un lieu fro'ïd et humide, couché dans un lit infecté de matières gangreneuses, ne pompe de nouveau des miasmes puirides. (Lettre de M. François au rédacteur de la Gazette de Santé, année 1816.) ( | Salerne donna à un petit cochon mâle déjà coupé, de T'orge dans lequel il y avait un tiers d’ergot. Au bout de quinze jours , les jambes de l’animal devinrent rouges, rendirent une humeur verdâtre et fétide; le déssous du ventre et le dos étaient d’une couleur noïre; les excrétions étaient comme dans l’état naturel. On continua cette nourriture pendant quinze autres jours : alors on lui donna du son pur bouilli et chaud. L'animal parut d’abord un peu mieux; mais il ne tarda pas à se plaindre; il se soutenait avec peine, et mourut en conservant son appétit. Le mésentère, le jéjanum et l’iléum étaient enflammés; le bord tranchant du foie présentait deux taches livides ; il y avait sous la gorge et aux jambes quelques boutons noirs et entr’ouverts qui rendaient une humeur roussâtre ; il n’y avait point de gangrène aux pieds. D’autres expériences faites par le mème auteur, par Réad et par Tessier, ont offert dés résultats analogues : les animaux sont morts avec des signes de gan-
grène dans la queue, les oreilles, les pieds, etc., et on à trouvé des taches gangreneuses au foie et aux intestins. L'homme a aussi été atteint de cette affectiom. Plusieurs auteurs ont donné des détails sur des épidémies gangreneuses qui reconnaissaient pour cause le seigle ergoté, et. on a constamment observé les mêmes symplômes que ceux ‘ que nous avons dit avoir été remarqués chez les animaux. Ivraie (lolium temulentum). 1°. Seeger fit prendre à un ‘chien 3 onces de bouillie faite avec la farine d’ivraie et de Peau. Cinq heures après, l'animal eut des tremblemens trèsviolens qui durèrent trois heures ; il ne pouvait plus marcher; ses yeux étaient fixes , sa respiration gènée. Neuf heures après l’ingestion du liquide, il était profondément assoupi et insensible : cependant le lendemain il fat ré tabli. D’autres animaux soumis à la même expérience ont éprouvé des vomissemens violens, des convulsions ; la sueur et l'urine ont été augmentées. | 2°. Deux paysans, leurs femmes et une autre AN Pa femme mangèrent ensemble cinq livres de pain d'avoine | mêlée d’ivraie. Deux heures après, 1ls se plaignirent tous d’une pesanteur de tête accompagnée d’une douleur qui paraissait fixée principalement au front. Ils eurent des vertiges et un tintement d'oreilles tel qu'ils croyaient en- | tendre un bruit continuel de tambour et de timbales ; la langue offrait un tremblement très-fort; ils ne pouvaient ni avaler ni prononcer un mot entier; la respiration était gênée, l'estomac douloureux. Ils rejetèrent un peu d’eau claire après avoir fait plusieurs fois des efforts inutiles pour vomir. Ils n'avaient point d’appétit. Ils avaient fréquemment de fortes envies d’uriner, sans cependant ressentir de douleur marquée ou d'autre incommodité; tout leur corps était tremblant, couvert de sueur froide ct accablé de lassitude. Ils tombèrent, quelques heures après, daus un état d'assoupissement. (Srrcer, Dissert. laine.
BU MANCENILLIER. : 499 sur l’Ivraie, Tubingæ, 1710). Suivant cet auteur, un des signes les plus certains de l’empoisonnement par l’ivraie est le tremblement général de tout le.corps.
Froment. 1] arrive quelquefois que la partie farineuse du froment se convertit en une poussière noîre qui donne au pain de mauvaises qualités. M. Fodéré dit avoir vu , en 1808, des coliques et des diarrhées qui dépendaient de cette cause. Les grains rouillés peuvent aussi donner lieu à des incommodités. |
Hippomane mancinella (Mancenillier), 1° Un soldat du Piémont, fait prisonnier au siége de Belgrade, fut conduit esclave en Turquie. Il aperçut un jour par terre en se
promenant du côté de la mer, plusieurs fruits qu'il prit . pour des pommes d’apis ; il en mangea environ deux douzaines, retourna chez lui après en avoir rempli ses poches, et continua toujours à en manger. Une heure aprés, son ventre se tuméfia considérablement, et il ressentit une ardeur extrême dans les intestins. Il ne pouvait plus se tenir debout. Ces symptômes furent en augmentant. Les lèvres étaient ulcérées par le suc laiteux du fruit, et il avait des sueurs froides. On lui fit prendre abondamment une décoction aqueuse de feuilles d’un ricinus (avellana purgatrix) + il vomit et fut purgé pendant quatre heures. Ces symptômes fàächeux diminuèrent peu à peu. On lui administra du 12, et il fut calmé au point que, vingt - quatre heures après, il ne soufrait plus, et le volume du ventre était singulièrement diminué (1).
29, Le même auteur ajoute que les sauvages empoison ment leurs flèches avec le sue du mancenillier, qui rend leurs blessures mortelles; que la pluie qui lave les feuilles et les branches fait lever des ampoules comme l'huile bouil-
(1) Philosophical Transactions singular observat., ete.,
&y Peyssonnel, ann. 1758, p. 972.
lante; que l'ombre de l’arbre fait gonfler ceux qui s di reposent (ce fait est contesté par Jacquin). Il dit qu’une femme enceinte fut assez folle pour manger trois de ces fruits, qui lui firent très - peu de mal; cela fut regardé comme un miracle et une preuve des ces surprenans de di imagination sur les femmes enceintes.
3°. Les missionnaires qui ont écrit sur l’histoire naturelle de l'Amérique disent que la vapeur maligne qui s’exhale du mancenillier lorsqu'on le coupe fait périr les ouvriers qui veulent le travailler. M. Castera fut témoin qu'un nègre eut les mains et le visage enflés et brûlés pour en avoir fendu une petite branche. (FoDéRré , tom. 1v, pag. 38.)
Mercurialis perennis (mercuriale des montagnes). Cette plante est nuisible aux moutons et à l’homme. Elle a occasionné chez plusieurs personnes qui en avaient mangé des vomissemens violens, une diarrhée excessive, une chaleur brülante à la tête, un sommeil profond, et des convul-' sions qui, dans un cas, ont été suivies de près de la mort. (Vicar, ouvrage cité, page 215.) ans Sloane dit qu’elle a une maliguité narcotique et funeste. Bomare pense qu’elle produit des effets analogues à ceux du palma-christi.
Chærophyllum sylvestre (cerfeuil sauvage). On dit que la racine de cette plante , cueïllie en hiver, a occasionné le délire, un assoupissement très-profond , de l’engourdissement, de l’étranglement, qui n’ont cependant pas été suivis de la mort. On assure aussi que les semences et la racine du chærophyllum bulbosum ont excité des vertiges et des douleurs de tête. Plenck dit qu'il en a mangé souvent sans aucun inconvénient. (Ouvrage cité, p. 120.)
Le chærophyllum temulentum paraît aussi déterminer livresse.
Sium latifolium. Beyersten assure que la racine de cette plante, cueillie au mois d’août, a occasionné des délires
DES PLANTES ODORANTES, AS furieux à des enfans et à des bestiaux. Quelques-uns d’entre eux sont même morts. Elle ne paraît pas nuisible lorsqu’on la mange avant le milieu de Pété. Les feuilles ne sont. point malfaisantes, d’après Gmelin.
Coriaria myritifolia. Sauvages rapporte qu'un enfant. de dix ans et un laboureur de quarante ans périrent au milieu des convulsions les plus horribles une demi-heure après avoir mangé des baies de cette plante. (Histoire de l Académie royale des Sciences, 1739, p. 473.)
Des effets des Plantes odorantes sur l’économie arimule,
997. Parmi les plantes dont nous avons parlé jusqu'ici, il en est un très - grand nombre dont Îles fleurs répandent une odeur qui paraît dépendre de la volatilisation d’une huile essentielle qui a occasionné souvent des accidens funestes. Nous ne croyons pas devoir regarder cette odeur comme un poison absolu, c’est-à-dire comme capable d’empoisonner tous les individus placés dans toutes les circonstances possibles, maïs seulement comme un poison relatif, dont Îles effets dépendent de la plus ow moins grande susceptibilité nérveuse et de l’idiosyncrasie. Combien de personnes ne voit-on pas qui couchent impunément dans des chambres étroites et fermées où il y a plus sieurs pots remplis de fleurs odorantes , tandis que d’autres ne pourraient pas y rester quelques minutes sans épronver des symptômes plus ou moins facheux ! Nous allons rap= porter succinctement Les p'incipaux accidens occasionnés De émanation de ces Due odoriférantes.
1°. Madame N°*, âgée de quarante-six ans, d’une forte constitution, ne peut se trouver dans aucun lieu où l'on prépare une décoction de graine de lin sans éprouver, quelques instans après, une tuméfaction considérable à la face, suivie de la perte des facultés intellectuelles et de
syhcope. Nous avons été témoins de ce fait surprenant , et nous l'avons vu se renouveler chez cette dame par l’administration de lavemens préparés avec la même graine. La tuméfaction du visage ne se dissipe qu'au bout de vingtquatre heures.
2°, Feu M. J'incent, célèbre peintre de cette capitale, ne pouvait rester dans ün appartement où se trouvent des roses sans être promptement atiaqué de céphalalgie violente suivie de syncope. Marrigues s'exprime ainsi dans le Journal de Physique (année 1780): « J'ai connu un chirurgien qui ne pouvait flairer les roses sans éprouver dans le moment un étouffement singulier, qui se dissipait aussitôt que les roses étaient écartées de lui; et une demoiselle qui perdait la voix lorsqu'on lui mettait sous le nez un bouquet de fleurs odorantes ». Ledelius parle d’un marchand à qui l’odeur des roses causait une ophthalmie (r).
3°. M. altain rapporte qu'un officier éprouva des convulsions et perdit connaissance pour avoir laissé dans sa chambre une certaine quantité de fleurs d’œillet qu’il aimait beaucoup. On fit aussitôt enlever la corbeille remplie de ces fleurs, on ouvrit les fenêtres. Au bout d’une demi-heure, les convulsions cessèrent , et le malade reprit l'usage de la parole. Depuis cette SOA es l'oflicier ne pui jamais , pendant douze ans, sentir l’odeur d’œillet sans tomber en syncope (2).
4°. Valmont de Bomare dit que les parties subtiles et odorantes de la bétoine fleurie sont si vives, que l’on assure que les jardiniers qui arrachent cette plante deviennent ivres et chancelans comme s'ils avaient bu du
vin (3).
(1) Ephem. Nat, Cur., dec. 11, an 2, obs. xc. (2) Prix de l’Académie, ÆMygiène clururgicale, pag. 26. (5) Dictionnaire d'Histoire naturelle,