DES PLANTES ODORANTES
5°. Boyle affirme que lorsqu'on se repose à l'ombre d’un noyer ou d’un sureau, on ne tarde pas à s'endormir , eton. éprouve une céphalalgie intense (x).
6°. Mademoiselle J. D., ägée de vingt-quatre ans, était assise à sa croisée et se plaignait d’un violent mal de tête. TFout-à-coup ses muscles extenseurs se contractérent, elle devint roïde, et tomba à la renverse en jetant un cri. On lui prodigua des secours qui là firent revenir bientôt. M. Barthélemy , auteur de cetie observation , ayant appris que depuis quelque temps la malade renfermait dans sa chambre des roses, des lis, des œillets, des chévrefeuilles, la fit renoncer à cet usage, et elle ne se trouva plus incommodée.: seulement une fois encore elle éprouva de légères crispations pour avoir gardé à sa ceinture un bouquet de chèvrefeuille; mais l’éloignement du bouquet les fit disparaitre de suite. (Dissertation inaugurale soutenue à Paris en 1812, n° 158.)
8°, Sennert et Boy ley ont vu des effets purgatifs produits’ par l’odeur que répandent l’eliébore noir et la coloquinte que l’on pile (2). L’ellébore blanc a occasionné des vomismens à ceux qui l'arrachent (3).
9°. L'empereur Henri IV, un prince de Savoie, le pape Clément VII et quelques autres personnages ont été empoisonnés, au rapport de l’histoire, par des gants parfumés, ou par des vapeurs qui s’exhalaient de certaines torches (4).
998. Nous pourrions encore rapporter un très-grand nombre d'observations analogues aux précédentes; il nous suflira de dire qu’en général on a remarqué les symptômes
(1) Borze, De Nat. determ. effluv., m-4°, pag. 38. (2) Encycloped., 1, c, pag. 402.
(5) Améænitates academicæ, p. pag. 200.
(4) AmBroise PARÉ, Liv xxx, chap. x.
Il 28
434 DES POISONS NARCOTICO-ACRÉS.
suivans : engourdissemens, palpitations, syncope, convulsions, céphalalgie, aphonie, plusieurs autres névroses , enfin l’asphyxie.
Symptômes produits par les Poisons narcotico-äcres.
999. La majeure partie des substances vénéneuses de celte classe détermine une série de symptômes remarquables qui sont les mêmes soit qu’elles aïent été introduites dans les voies digestives, soit qu’on les ait appliquées sur le ussu cellulaire, ou qu'on les ait injectées dans les veines, Ce caractère, que nous trouvons rarement dans les poisons des trois premières classes, existe, comme nous l’avons déjà dit, pour ceux de la quatrième. ( f’oyez S 914.)
1000. Ces symptômes peuvent.être réduits aux suivans : agitation , douleur , cris aigus, quelquefois stupeur, insensibilité, mouvemens convulsifs des muscles de la face, des mâchoires et des extrémités ; tête souvent renversée sur le dos, vertiges, chute, quelquefois roideur extrême des membres, accompagnée d’une coftraction générale des muscles du thorax, qui détermine l’immobilité de ses parois ; veux rouges, saillans ; hors des orbites, insensibles aux impressions extérieures; pupilles souvent dilatées; organe de louïe peu ou point impressionnable ; bouche écumeuse; langue et gencives livides; nausées, vomissemens, déjections alvines; pouls fort, fréquent, régulier ou petit, lent et irrégulier; enfin la mort, qui est très-prompte dans le cas où le poison a été injecté dans les veines; elle arrive plus tard lorsqu'il a été appliqué sur le tissu cellulaire, et plus encore, en général, quand il a été introduit dans l'estomac. Nous sommes loin de prétendre que tous ces symptômes soient déterminés par la même substance vénéneuse; nous disons seulement qu’on peut les observer en administrant différens poisons de cette classe.
GÉNÉRALITÉS. 435 Lésions de tissu développées par les poisons narcotico - À äcres.
1°, Plusieurs de ces poisons exercent une ivritation lo cale capable d’excitér une vive inflammation, qui peut se terminer quelquefois par la gangrèné, Il y en a dont l’action locale est beaucoup moins vive; enfin quelques-uns restent long-temps en contact avec les üssus organiques sans pro duire la moindre rubéfaction.
2%. Les poumons, le sang, le cerveau , les méninges et les autres organes offrent, en général, les altérations dont nous avons parlé à l’article Narcotiques ( tome 11,
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Aetion générale des Poïsons narcotico-äcres sur l'économie animale.
1001. 1°. Quelques-uns de ces poisons sont rapidement absorbés , portés dans le torrent de la circulation, et agissent en excitant la moelle épinière ; les animaux qui en ressentent les effets jouissent à-peu-près de toutes leurs facultés intellectuelles ; mais la contraction des muscles est telle que le thorax devient immobile, l’asphyxie se manifeste , et détermine la mort sans que l’on découvrela moindre
trace de rougeur dans le canal digestif: l’upas tieuté, la fève de Saint-Ignace, la noix vomique, l’angustura pseudo=: ferruginæa sont dans ce cas. Il est aïsé de sentir combien.
est vicieuse la dénomination de poisons narcotico-dcres sous laquelle ces substances sont désignées. *