PES MOULES
écume jaunâtre, mince, et couvre quelquefois une étendue considérable, principalement lorsque le temps est beau et que le calme règne sur l’horizon. Si la mer est houlense, cette écume , au lieu de s’apercevoir à deux ou trois cents pas du bord de l’eau, couvre la dernière vague qui vient mourir sur le rivage, et se dépose sur les corps que cette
vague laisse à découvert en se reürant, pour revenir une ou plusieurs secondes she en s’avançant un peu plus sur Ja côte.
» L'expérience a prouvé: 1°. que l’éruption urticaire est produite par cette écume jaunâtre ; 2°. que les liqueurs alcooliques, telles que l’éther, l'alcool et les eaux de vie, les guérissent presqu’instantanément ; 3°. que les moules que l’on pèche au large, que celles que la mer ne découvre | qu’à l’époque des grandes marées, quecelles qui ne restent à découvert que quelques instans, enfin que celles qui se trouvent sur les rochers exposés à des courans plus ou moins forts ne sont jamais malfaisantes. D’après ces faits ne serait-il pas possible que cette matière, cette écume jaunâtre füt la cause des qualités malfaisantes des moules qui, restant long-temps exposées à l’action de Pair, de la lumière et de la chaleur, se dessèchent, souffrent, et reçoivent avec avidité la première eau que la marée leur apporte. Cette eau, produite par la première vague, est couverte de l’écume jaunâtre; Panimal la reçoit dans sa coquille, la garde, et lorsque le pêcheur arrache la moule durocher, elle s’y trouve encore. L’individu quis’en nourrit doit éprouver dans l’estomac une irritation analogue à celle que cette écume produit sur la peau, et que l’on peut guérir par les mêmes moyens.
» Si l’eau est agitée par des courans , ou si la ame se brise contre des es la moule reste fermée jusqu’à ve que l’épaisseur de la couche d’ean diminue ou détruise le
mouvement des vagues. Aussi ne trouve-t-on des moules
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malfaisantes que sur les côtes doucement inclinées et où les vagues s'étendent lentement sur la plage sans se briser et se réduire en écume.
» J'ignore encore quelle est la nature de cette matière écumeuse, de cette crasse de la mer. Je l’étudierai l'été prochaïn avec le microscope, Je ne serais pas étonné de la trouver composée de petites méduses analogues à celles qui rendent la mer phosphorique à certaines ie de l’année, et dont la quantité peut difficilement s’imaginer ». ( Leitre de M. Lamoureux, du 5 janvier 1818).
Des Animaux venimeux dont les liquides ont été dépravés par des maladies antécédentes.
1036. On sait depuis long-temps que les chevaux, les bœufs, les moutons, les chiens et même l’homme, contractent, dans certaines circonstances, des maladies dans lesquelles la salive, le sang et d’autres humeurs sont al-
| térés, et capables d’occasionner, par leur contact avec des animaux vivans, des affections funestes, suivies quelquefois de la mort ;: de ce nombre sont les pustules, les ulcères malins , la gangrène, la rage, etc.
Pustule maligne (bouton malin, puce maligne).
1037. MM, Énaux et Chaussier ont rassemblé un très= grand nombre de faits qui prouvent que cette maladie à pour cause un virus septique développé chez des animaux malades et transmis à l’homme. Ils les ont consignés dans un très-bel ouvrage imprimé à Dijon en 1785, et qui a pour titre : Méthode de traiter les morsures des animaux enTages. ;
1°. Un berger saigna un de ses moutons qui venait de mourir subitement; il l’emporta sur ses épaules; mais Île