IL. ja A
Huile bouillante. On peut cautériser la blessure avec de l'huile bouillante ; mais il importe de ne l'appliquer qu’à l’aide d’un entonnoir que l’on appuie fortement sur les en< virons de la plaie, afin d'empêcher la cautérisation des parties environnantes.
Si, après avoir cautérisé avec l’un ou l’autre de ces caustiques, les accidens ne diminuent pas , on élargit la plaie avec un bistouri, et on cautérise de nouveau, maïs plus profondément,
" Suite du traitement extérieur.
On applique sur les parties engorgées voisines de la plaie un mélange fait avec une partie d’alcali volatil et le double d'huile. Lorsque les principaux accidens sont bien diminués on Ôte le caustique et on le remplace par un linge imbibé d’huile d'olives, puis on frotte de temps en temps le membre avec la même huile, à laquelle on a ajouté quelques gouttes d’alcali volatil. Enfin, bientôt aprés la plaie n'offre aucune espèce de danger, et “doit être guérie avec de Ja charpie comme les plaies simples.
Traitement intérieur.
1043. Ce traitement a pour-objet de favoriser la transpiration et le sommeil. Immédiatement après l'accident ét pendant que l’on s'occupe du traitement externe, on fera prendre au malade un verre d’eau de sureau ou de fleurs d'oranger ; dans lequel on versera 6 ou 8 gouttes d’alcali volatil; on renouvellera cette boisson toutes les deux heures: on pourra aussi administrer un petit verre de vin de Madère ou de Xérez : le malade sera placé dans un lit bien couvert, et s’il transpire, on évitera de le refroidir. L’ipécacuanha ou l'émétique seraient administrés si des voinissemens bilieux ou la jaunisse se mamifestaient. Si la gan-
TRAÏTEMENT. 547 grène faisait des progrès, on donnerait la potion de quin: quina indiquée page 448 de ce volume en parlant du seigle ergoté. Si au contraire l'intensité de la maladie diminuait, et que l'individu fût prêt à entrer en convalescence, on n’ac- corderait aucun aliment solide dans les premicrs jours; on permettrait seulement deux ou trois soupes légères et peu copieuses. |
044. Si la morsure n’a occasionné qu’une maladie légire, que l’enflure soit peu considérable , que le malade n'ait ni envies de vomir ni défaillances, on se borne à écarter les bords de la blessure avec précaution ; on y verse une ow deux gouttes âalcali volatil, puis on la recouvre d’une compresse mouillée avec le même alcali, et on la maintient à l’aide d’un bandage ; on frotte légèrement le membre avec de l'huile d'olives tiède, et on l'enveloppe de linges ‘trempés dans l'huile.
1045. On fait prendre à l’intérieur, toutes les deux heures, une tasse d’eau de feuilles d'oranger , de fleurs de sureau
ou de camomille, à laquelle on a ajouté 5 ou 6 gouttes d’alcali volaul. 1e
Traitement de la piqûre des insectes.
Scorpion. Les remèdes à employer dans les cas de piqûre par le scorpion sont l’alcali volatil intérieurement et extérieurement , et les plantes de la famille des cruciftres , les topiques due et émolliens et les huileux , qui diminuent l’inflammation.
Araignées. Dans des cas de ce genre, on Javera la parüe blessée avec de la saumure ; on y appliquera de la thériaque, et on en prescrira une ou deux prises à l’intérieur. Les lotions avec le vinaigre peuvent convenir.
T'arentule. On emploiera, pour combattre les effets de la tarentule, les moyens locaux propres à calmer l'inflam-
548 DES POISONS SEPTIQUES.
mation et la tuméfaction. On sait combien les doux accens de la musique et les mouvemens cadencés de la danse ont été vantés pour guérir le tarentisme. N’a-t-on pas même composé des airs que l’on a nommés tarentolati, et que l'on chantait aux individus piqués par cet insecte ? Nous sommes loin de refuser à la musique une grande influence sur les fonctions vitales et sur le rétablissement de la santé d’un certain nombre d’individusmalades ; mais nous croyons que, dans le cas dont il s’agit ici, elle ne peut être d’une utilité réelle qu'à ceux qui sont tombés dans une mélancolie profonde. Cependant nous ne pouvons pas blâmer l'emploi de ce moyen, car il ne peut être suivi d'aucun accident facheux. Æmoreux dit : « La musique et la danse sont bien capables d’émouvoir le malade , et de le faire agréablement selon la circonstance : il faut lui faire entendre des sons qui le calment, qui l’agitent, qui le charment ; et comme tout dégénère en abus, un traitement agréable a été tourné en spectacle. Qu’on se représente des hommes et des femmes à cerveaux affectés, qui, de concert avec des histrions et des musiciens payés, jouent des farces larmoyantes dignes des spectateurs et des acteurs. Voilà le prétendu tarentisme : ce sont des soupirs, des pleurs, des éclats de rire, des angoisses , des contorsions, des gesticulations qui vont jusqu’au ridicule ». (Ouvrage cité, pagé
(1) ILexiste des individus tellement sensibles à la musique, qu’il est impossible que son emploi ne soit suivi de beaucoup de suecès dans certaines névroses dont ils sont quelquefois atteints. Plusieurs auteurs ont disserté sur les avantages que la médecine pourrait tirer de ce moyen ; cependant il est presque resté dans l'oubli. Nous sommes convaincus qu’il peut être très-efficace dans certaines circonstances. Passionnés dès l’âge de quatre ans pour cet art enchanteur, nous l'avons cultivé
Abeille et bourdon. Si le médecin était appelé pour un cas de ce genre , il devrait avoir recours au procédé de Swammerdam, qui consiste à retirer l’aiguillon enfoncé dans les chaïrs , en ayant soin de ne pas exercer une forte pression sur la plaie, car le venin de la vésicule serait exprimé et pénétrerait davantage avec l’aiguillon. On ne doit pas se dissimuler que cette extraction est difficile, à cause
dans tous nos momens de loisir. À peine avions-nous atteint la quinzième année, qu’il nous était impossible d'entendre les chefs-d’œuvre de Mozart et de Cimarosa sans éprouver une grande émotion qui différait suivant le caractère de la musique que nons écoutions. Les compositions fortes, hardies et brillantes de Mozart excitaient en nous un courage et une gailé remarquable qui se prolongeaient bien avant su la nuit, et qui élaient accompagnées de tremblemens des membres abdominaux. Les accens mélodieux et touchans de Cmarosa nous plongeaient dans la tristesse , et nous aimions à verser des pleurs. Parvenus à l’âge de vingt ans, il se développa chez nous une affection nerveuse, suite évidente de cette grandé susceptibilité : des palpitations continuelles tellement fortes qu’on pouvait sentir les contractions du cœur un peu au-dessus du nombril; le pouls inégal, irrégulier, intermittent; une gène considérable dans la respiration, des douleurs passagères dans les membres abdominaux, principalement dans le trajet des nerfs postérieurs : tels étaient les symptômes auxquels nous fümes eu proie pendant six mois, et qui ne cessérent que lorsque nous sentimes la nécessité de renoncer à entendre de la musique. Aujourd’hui que sept années se sont écoulées depuis la disparition de ces accidens nerveux, nous pouvons impunément l’entendre et en faire; mais elle n’en exerce pas moins sur nous un effet remarquable, car elle calme en très - peu de temps, et comme par enchantement, une céphalalgie générale assez intense, à laquelle nous sommes sujets huit à dix
fois par an, |
550 DES POISONS SEPTIQUES.
des filamens latéraux dont l’aiguillon est armé: il faudrait donc couper avec des ciseaux tout ce qui est en dehors de la plaie, et enlever ensuite l’aiguillon, s’il était possible , au moyen d’une petite épingle. La partie piquée devrait ensuite être lavée avec de l’eau froide, et mieux encore, comme Dioscoride l'a reconnu le premier, avec de l’eau salée ou de Peau de la mer. Il serait aussi très-utile d’appliquer sur le lieu douloureux du suc laiteux de pavot blanc ou tout autre calmant. M. Delaistre rapporte, dans le Journal de Médecine, qu'il fit usage de ce suc pour apaiser une vive douleur occasionnée par une abeille dont il vepait d'être piquée: il ne tarda pas à être calmé, etil ne survint point d’enflure (tom. 1v, page 30oy.). Les embro- -eations huileuses, l’eau de Goulard et les lotions d'urine peuvent aussi devenir utiles; mais on ne doit ajouter que très-peu de foi à cet incohérent assemblage de plantes dont se servent trop souvent les empiriques et les gens de la campagne. se
Guécpe et Frelon. Le traitement que l’on doit employer pour la piqûre de ces insectes est le même que celui dont tous venons de parler.
Traitement de Fempoisonnement par les poissons venimeuæ din et par les moules.
Le médecin appelé pour un cas de ce genre administrera un émétique, un purgatif ou un éméto - cathartique, suivant le temps qui s’est écoulé depuis lingestion de la substance délétère : par ce moyen, il en déterminera l’expulsion, sans laquelle les symptômes deviendraient plus intenses et pourraient se terminer par la “mort. Alors on fera prendre des morceaux de suere contenant dix, quinze, vingt ou vingt - cinq gouttes d’éther sulfurique ; quelques cuillerées d’une potion anti-spasmodique, et
on donnera pour boisson ordinaire de l’eau vinaigrée. Dans les cas où il se manifesterait des symptômes d’inflammation dans le bas-ventre , il faudrait les combattre par les moyens anti-phlogistiques. Tels sont les préceptes qui découlent des observations faites jusqu’à ce jour: il faut espérer que les savans voyageurs qui parcourent les pays où les occasions de voir des empoisonnemens de cette nature sont fréquentes , chercheront à déterminer quelle est la nature intime du poison de ces animaux, et les moyens capables de le détruire ou de s'opposer à ses effets. ur" Traitement de la pustule maligne.
Dans le traitement de la pustule maligne, il ne s’agit que de circonscrire, dans le plus petit espace possible, cette petite tumeur, ce foyer gangreneux, qui a la plus grande tendance à se propager aux parties environnantes : on emploie à cet effet, et avec le plus grand succès, les scarifications et surtout les nt Le RAS Les remèdes internes ne sont pas toujours nécessaires.
Scarifications. Les scarifications ou les petites incisions faites avec une lancette ou un bistouri ne suflisent pas pour guérir la maladie ; maïs elles sont utiles, parce qu’elles favorisent l’action des autres remèdes. Elles ne doivent être ni trop superficielles ni trop profondes ; ; elles doiŸent comprendre toute la partie mortifiée, mais ne pas pénétrer audelà des chaïrs mourantes.
Caustiques. Le beurre d’antimoine, l'huile de vitriol, Ja pierre infernale et le fer rouge, sont, parmi les caustiques, ceux que l’on doit employer de préférence. Mais commg leur emploi, ainsi que celui des scarifications, doit être modifié suivant les circonstances, nous allons développer le traitement des différens cas qui peuvent se présenter.
Premier cas. Si la maladie est Encore à sa première pé-
55a DES POISONS SEPTIQUES.
riode (voy. pag. 521), on coupe l’ampoule , on essuie la sérosité, on roule entre les doigts de la charpie, on en fait un petit tampon serré de la grosseur d’un pois, on l’imbibe de beurre d’antimoine, d'huile de vitriol, etc.; on le met sur le centre de RE biles et on le maintient en l’entourant de charpie sèche et en le recouvrant d’un emplâtre adhésif: et d’un bandage convenable,
Au bout de cinq ou six heures, on lève l'appareil, et on lrouye une‘scarre sèche, dure, sur laquelle on met un plumasseau de charpie, couvert du digestif animé dont nous donnons la composition page 555 de ce volume. Le lendemain , on renouvelle le pansement avec le même digesüif s’il u’y a point de dureté, ni de cercle d’ampoules, pi de douleurs vives; car il est évident que ie caustique a sufh\ pour borner les progrès du mal. On continue tous les. jours ce pansement jusqu'à la chute de l’escarre ; lorsque celle-ci est tombée, on panse avec de la charpie sèche que l'on a trempée dans une légère dissolution d’alun, dans l’eau de chaux, ete. '
Second cas. On a recours aux scarifications si, après l'application du caustique, il se forme autour de lescarre une iumeur dure, un cercle d’ampoules; et si l’enflure devient considérable, on ouvre l’escarre avec la pointe d'un bistouri, on la partage en plusieurs portions, et on étend Ja section un peu au-delà dans les chairs mourantes, en évitant de couper les chairs vives; on enlève quelques morceaux de l’escarre avec des ciseaux; on absorbe avec de la charpieles sues stagnans dans le fond ; enfin on porte dans le fond de la plaie et dans tout son contour , un petit pinceau de toile eflilée, chargé d’un caustique liquide (voyez pag. 545 de ce vol.); on y place quelques petits tampons de charpie trempés dans le même caustique, et on recouvre le tout de charpie sèche, de compresses et d'un bandage. On lève l'appareil au bout de quelques heures, et on panse
la plaie avec le digestif animé (voyez pag. 555 de ce vol.) les jours suivans on lave la plaie avec un mélange d’eau légèrement salée et d’eau-de-vie, ou avec le collyre de Lanfranc (voyez pag. 556 de ce xl): puis on panse avec le digestif animé, et on applique des compresses imbibées d’une décoction résolutive. (Voyez pag. 556 de ce vol.) Les pansemens sont renouvelés toutes les douze heures , jusqu’à ce que l’on aperçoive une ligne de démarcation entre le mort et le vif; enfin, s’il est nécessaire , on fait usage de remèdes internes dont nous parlerons page 554 de ce volume,
Troisième cas. Si l'on n’est appelé que vers d fin de. la troisième période , lorsque l’escarre qui forme le centre de la tumeur est dure comme du cuir et l’enflure très-considérable, on doit diviser tout le noyau infecté, muhiplier les incisions, si on le juge convenable, détacher et enlever tous les morceaux de l’escarre qui pourraient s’opposer à l’action du caustique, dont on doit faire Pappli- cation comme nous venons de le prescrire. Le premier pansement se fait en mettant sur l’escarre le plumasseau trempé dans le digestif stimulant, en appliquant par-dessus un linge sur lequel on a étendu le liniment camphré décrit page 556, et en recouvrant le membre de compresses imprégnées de la décoction anti-putride de la page 556. Les. pansemens doivent être renouvelés toutes les douze heures, jusqu’à ce que l’escarre soit tombée. Alors la plaie devient simple, et doit être pansée avec de la charpie sèche ou trempée dans une eau vulnéraire.
Quatrième cas. Si la pustule maligne est à sa quatrième: période , que l’escarre soit sèche et compacte, et que tout. annonce que les parties environnantes tombent dans une gangrène humide, on doit commencer par faire des scari= fications, mais avec ménagement, crainte de donner lieu à une hémorrhagie abondante qui épuiserait le malade; on
554 DES POISONS SEPTIQUES.
applique ensuite le caustique, et on choisit de préférence l'acide hydro-chlorique ou l'esprit de sel concentré (que l’on emploie comme le beurre d’antimoine (woy. p. 545 de ce vol.), ou la pierre infernale. On porte celle-ci sur tous les points de la surface de la plaie; on l’appuie principalement sur ceux que l’on à scarifiés , et sur les parties les plus affectées. Alors on applique une sorte de cataplasme fait avec de la poudre de quinquina ét de l’eau-de-vie camphrée; on le recouvre avec un linge fin enduit du Jiniment camphré de la page 556, et avec des compresses trempées dans la décoction anti-putride ( pag. 556). Ce cataplasme doit être renouvelé toutes les six heures, jusqu’à ce que les chairs s’animent et annoncent la séparation de l'escarre: dès ce moment on panse avec un plumasseau de charpie enduit du digestif animé de la page 555, ou trempé dans le collyre de Lanfranc. Dans le cas où l’escarre serait molle et putride, il vaudrait mieux supprimer l’eau-de-vie camphrée, continuer Papplication du quinquina, et faire des lotions avec la décoction anti-putride : on devrait égae lement faire usage du traitement interne ci-après.
On recommence les scarifications , les cautérisations des chairs mourantes par l'esprit de sel (acide hydro-chlorique), si la gangrène fait de nouveaux progrès, et on insiste principalement sur l'emploi des remèdes internes. Si Pescarre
se détache, on panse la plaie avec de la charpie, comme si
elle était simple.
Traitement interne.
1046. Ea diète, de l'eau vinaigrée ou de la Himonade, suflisent ordinairement pendant la premiére et la seconde période de la maladie.
Dans la troisième période, si le pouls est petit, serré, tremblant, accompagné de soubresauts ; si l'enflure est dure et compacte, Ôn donne un opiat fait avec du quinquiva et
TRAITEMENT, 555 du camphre (voy. p. 557), tandis qu’il faut administrer la décoction de quinquina acidulée de la page 557 si le pouls est lèche, l'enflure étendue, souple, pâteuse, séreuse, et l’escarre humide et peu compacte. Le malade doit observer le régime le plus sévères il ne doit prendre que des bouillons faits au gruau de riz, d'orge ou de l’eau panée; le vin vieux ou la bière récente coupés avec moitié d’eau, et la limonade, sont également utiles.
On administre 2 grains d’émétique dissous dans un verre d’eau si le malade a des envies de vomir, si la langue est blanche, chargée d'un limon épais, mais molle et humide, enfin, si l’urine offre un dépôt jaünätre ; on se garderait bien de faire prendre l’émétique si la langue était sèche, aride, rouge ou couverte d’une croûte noire et écailleuse , et l'urine crue. Les envies de vomir que le malade éprouve dans ce cas dépendent d’une irritation , et on doit avoir recours sur-le-champ à ia décoction intiopueyide et acidule
de la page 557.
Préparations des remèdes employés pour guérir la püstule maligne.
Digestif animé.
Miel blanc, et mieux encore miel rosat, 1 once. Verdet en poudre très-fine.......... 2 gros.
Myrrhe en poudres ,..., tu sue 4 gros Un jaune d'œuf.
On mèle exactement ces matières dans un mortier de cuivre, et il en résulte un onguent qui durcit lescarre et ranime les chairs. On peut le rendre plus actif en augmentant la dose de verdet; on y ajoute quelquefois 2 gros d’es= sence de térébenthine ; c’est lorsque l’escarré ést spongieuse ei tend à la dissolution putride,
Ce ©?
(ep)
DES POISONS SEPTIQUES.
Collyre de Lanfranc.
Vinblanedie os Huit 18ences, Orpin préparé...) 2 gros.
Vert-de-bris.. ....,....2.%,,,,. ° { gros.
Mytreiei se, Rae ES "efains.
MOSS ess dun ques eee ANS te Be din
On réduit ces substances en poudre dans un moruer, et on y ajoute neu à peu le vin blanc. Nous avons indiqué les cas où ce collyre convient.
Décoction resolutive.
On fait bouillir dans un litre d’eau quelques pincées de June ou l’autre des matières suivantes : fleurs de sureau, de millepertuis, de camomille ; sommités de millefeuilles, tiges de scordium ou de menthe : on ajoute Îe quart d’eaude-vie camphrée, 2 onces de sel de cuisine ou de tartre vitfiolé (sulfate dé potasse): on doit éviter l'emploi du sel anmoniac et du tartre.
Liniment camphre.
DDR TES DR RU ee one ea siec 1 once.
Deux jaunes d'œuf.
On broie ces deux substances dans un mortier, et on ajoute 2 onces de miel blanc, que l’on mêle exactement.
Decoction anti-putride.
Quinquina 2e e Te qe ae e x + « + I once. j Fau-de-vie camphrée ! . a + ee © © » « + « * e 4 onces. Sel marin 0 se 00e 0e 6e ee © © © . once.
: On fait bouillir le quinquina dans un demi-litre d’eau, et on y ajoute les deux autres substances.
TRAITEMENT. 557 f Oprat.
Quinquina en poudre fine.......... 1 once.
Camp ie ve fe, L data olattete ele à 00 1 91705, Sirop de limon Un jaune d'œuf.
On délaye le camphre dans le; jaune d'œuf; on ajouté peu à peu le quinquina, et assez de sirop de agi pour faire un opiat, que l’on divise en huit parties égales : on donne une de ces doses toutes les trois heures.
Décoction de quinquina acidulee.
On fait bouillir une once de quinquina concassé dans une livre et demie d’eau ; on réduit à une livre; on passe à travers ua linge; on ajoute 2 onces de sirop de limon et quelques gouttes d'acide sulfurique (acide vitriolique, huile de vitriol ) : il faut mettre l’acide goutte à goutte, jusqu’à ce que la liqueur aït une acidité sable On donne un verre de cette boisson toutes les trois heures , et même plus souvent si les symptômes de putridité sont très-prononcés,
Traitement de la Rage.
La première question qui se présente est de savoir si l'on peut guérir les animaux atteints de la rage spontanée ou communiquée parfaitement développée. Plusieurs auteurs TÉOUR AE par l’afirmative, et rapportent des observations à l'appui de leur assertion.
1047. M. Nilloughby parle d’un enfant qui devint enragé quarante-huït heures après avoir été mordu par un chien, On le saigna; on lui administra une dose excessive
55$ DES POISONS SEPTIQUES.
de calomélas (sous- -chlorure de mercure) , et il guérit (1). … Un jeune homme en proie à ane vive inflammation de l'estomac, fut aflecté de convulsions et des symptômes de Ja rage : il fut guéri par d'abondantes saignées (2).
M. Schoolbred, chirurgien de l’hospice inilien à Calcutta , dit avoir guéri, par des saignées copieuses, un domestique âgé de viugi-cinq ans, qui offiit tous les symptômes caractéristiques de la rage dix-sept jours après avoir été mordu par un chien enragé., Il fut conduit à employer ce moyen d’après la lecture d’une observation de M. Tymon, dans laquelle il s’agit d’un individu enragé qui fut également guéri par la saignée (3).
Méad , Boerhaave, Rutherford , et quelques autres praticiens, ontégalement pensé que la saignée pouvait être trèsutile dans cette maladie.
On lit dans la Bibliothèque de Chirurgie du Nord que M. Grisli guérit, par la saignée et les tempérans, une dame qui avait été mordue par un chien enragé dix-huit jours auparavant, et qui.n’avait point eu d'accès de rage jusqu'à cette époque (4). :
Les expériences faites à Paris par MM. Dupuytren, Muagendie et Breschet sur les chiens enragés, sont loin de confirmer les résultats obtenus par les auteurs des observations précédentes ; ils ont employé la saignée jusqu’à défaillance, et ils n'en ont obtenu aucun succès. Cependant nous croyons qu’il serait imprudent de la rejeter sans avoir réitéré les expériences, et surtout sans en avoir fait usage aux diverses périodes de la maladie.
en.
(1) Journal général de Médecine, janvier 1810.
(2) Collection d'Edimbonrg. Baldenger, tom. 1°*, pag. 256.
(5) Mémoire lu à l’Institut de France, le 6 septembre 1815, ou Journal de Médecine par Sédillot, décembre 1814.
(4) Tom. rer, pag. 44.
TRAITEMEN Y. 569
1048. Plusieurs observateurs ont prôné l’opium, administré sous diverses formes, pour combattre les accidens de la rage, etils prétendent lavoir employé avec succès. Nous l'avons vu donner ici, par M. Dupuytren, sans le moindre avantage, soit qu'il ait été administré en lavement, soit qu'on l'aitinjecté dans les veines. Les sxpériences files sur les chiens enragés par les auteurs déjà cités confirment ces résultats : ils n’ont jamais pu en obtenir la guérison; ils ont seulement observé que les animaux atteints de cette maladie exigeaient, pour être sous l'influence de ce médicament, une dose beaucoup plus forte que les animaux sains.
1049. M. Alibert rapporte, dans ses Élémens de Thé- __rapeutique, l'observation d’un individu qui avait été mordu au gros doigt par un chien; il devint enragé. M. Rossi le guérit au moyen du fluide électrique dégagé de la pile de Volta (galvanisme ).
1050. Dans ces derniers temps, M, Dupuytren a fait usage de l’eau distillée de laurier-cerise, qu’il a injectée dansles veines. Ce moyen a aussi été employé sur les chiens enragés :il n’a été suivi de la guérison dans aucun cas.
1051. Le chlore dissous dans l’eau, dont Clusel avait déjà indiqué les avantages dans l’hydrophobie (Voy. 4nn. de Chim.1om. zxxvn), a été préconisé de nouveau dans ces derniers temps par M. Brugnatelli. Voici les faits qui paraissent militer en faveur de ce médicament.
1°, Le 5 juillet 1816, cinq enfans furent mordus parun chien qu'on avait lieu de croire enragé. Le médecin du lieu employa d’abord quelques remèdes ordinairement usités en pareil vas, et ils furent amenés deux jours après à l’'hô-* pital de Milan. Alors seulement on lava leurs plaies avec du chlore concentré. Elles furent ensuite recouvertes de charpie imbibée de ce liquide, et on en fit prendre à l’intérieur, au moyen de pilules de mie de pain qu'on faisait
5Go DES POISSONS SEP TIQUES.
avaler, après les avoir laissé séjourner plus ou moins longtemps suivant l'âge des malades. w:
2°, Le même jour, deux autres enfans furent mordus dans un village voisin par le même chien, L’un des deux était fort maltraité il avait plusieurs morsures au visage ; quelques-unes pénétraient dans la bouche. Il fut traité par les scarifications , par des lotions avec l’eau de savon , les frictions mercurielles, et ne fit aucun usage da chlore. Il mourut hydrophobe le vingt-septième jour. L'autre, qui n'avait que deux blessures à l’avant-bras, fut traité seulement au bout de quelques jours par ce moyen émployé intérieurement et extérieurement. Il avait déjà , dit M. Bruz gnatelli, quelques signes d’hydrophobie qui se dissipèrent en peu de jours. Îl guérit parfaitement , aussi-bien que les cinq autres, qui ne présentaient aucun signe de maladie au bout de soixante-quinze jours, quand l’auteur publia cette observation.
3°. Le 12 août, une petite fille fut mordue en divers endroits par un gros.chien ; les plaies furent lavécs sans délai avec du chlore et recouvertes de charpie qui en était imprégnée. Le 29 du même mois, l'enfant était en très-bon état; cependant , eu égard au grand nombre et à la profondeur des morsures, on jugea convenable de lui faire prendre une fois la semaine six pilules de mie de pain imbibées de
chlore.
4°. Un petit garçon de sept ans reçut encore d’un autre
deux morsures au bras droit. Les plaies furent lavées avec du chlore; on fit prendre un baïn, et on prescrivit des fric= tions mercurielles avec quelques légers purgatifs et de lex- * 4rait de belladone. Il fallut bientôt cesser ce dernier remède, qui produisait des effets nuisibles. L’enfantsortit guéri de l'hôpital le 29 septembre.
59, Enfin un père et ses deux fils furent mordus par un chat soupenhné d’hydrophobie, Tous les trois guérirent sans
TRAITEMENT. Gr qu'ils eussent employés d’autre remède que le chlore à l’intérieur et à l’extérieur.
Pour éviter l’inconvénient des remèdes liquides chez les hydrophobes, M. Brugnatelli à imaginé d’administrer le chlore dans des boulettes de mie de pain qu’on y fait séjourner. Îken administre à un enfant de huit ans une dose de deux gros, et on la répète quatre à cinq fois par jour. On peut augmenter gradnellement cette dose pourles sujets plus avancés en âge. On évite l'odeur désagréable que répandent ces pilules en les enveloppant dans un pain à chanter. » ( Gazette de Santé, 21 juin 1819, ou Journal de Physique et de Chine , par Brugnatelli , tom. 9).
Ces observations nous paraissent propres à fixer l’attention des praticiens et des-physiologistes, et s’il est vrai qu’elles ne soient pas assez concluantes pour mettre l’efhicacité du chlore dans l’hydrophobie hors de doute, elles doivent néanmoins engager les expérimentateurs à faire de nouvelles recherches. ë
1052. On'assure avoir guéri plusieurs personnes enragées en leur donnant de la racine de plantain d’eau (alisma plantago ) lavée, séchée à l'ombre, et mêlée avec du pain et du beurre.
1°. Un chasseur fut mordu par un chien de chasse. On fit l'opération ordinaire pour empêcher la propagation du venin ; la plaie se guérit et ôn n’eut plus d'inquiétude sur les suites de cet accident. Mais au bout de quelques semaines, tous les symptômes de l’hydrophobie se manifestèrent, et l’on fut obligé d’attacher le chasseur avec beaucoup de précaution. On lui donna deux doses de racine d’alisma plantago (plantain d’eau) lavées, séchées à ombre, et mêlées avec du pain et du beurre. Le chasseur éprouva de la faiblesse, mais il n’eut plus d'accès de délire ni d'hydrophobie. Au bout de quelques jours, il se trouva pagfaitement guéri, et il a encore vécu dix-huit ans sans éprouver