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Les prescriptions , même les plus courtes

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sont fondées par des considérations assez puissantes pour les rendre respectables ; elles ne reposent pas sur des vérités démontrées ; mais elles sont toutes appuyées sur de fortes présomptions, auxquelles on a dû attribuer, dans la vue du bien public , l'effet de remplacer les titres et les quittances. Domat a dit : « Toutes ces sortes de prescriptions , qui font acquérir ou perdre des droits, sont fondées sur cette présomption, que celui qui jouit d'un droit, doit en avoir quelque juste titre , sans quoi on ne l'aurait pas laissé jouir si long-temps ; que celui qui cesse d'exercer un droit , en a été dépouillé par quelque juste cause ; et que celui oui a demeuré si long -temps sans exiger sa dette, en a été payé, ou a reconnu qu'il ne lui était rien dû. »

Une infinité de causes peuvent faire omettre, négliger ou périr des actes; il importe que le temps puisse suppléer à leur défaut. Si les propriétés et les droits pouvaient être toujours en coujpromis , si même le temps de les disputer n'était pas assez circonscrit , il n'y aurait rien d'assuré parmi les hommes , point de confiance , point de crédit ; les fortunes seraient continuellement ébranlées, renversées ou altérées ; le commerce n'aurait pas d'essor. Les familles, toujours inquiètes, agitées et fréquemment bouleversées , ne formeraient , dans leur assemblage, qu'un état faible et languissant. La prescription met de la stabilité dans lesforiunes , de la sécurité dans les lamilles : sous sa sauve-

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