Voici comment M. Severeanu décrit cette opération
a Toutes ces tentatives infructueuses ayant duré trois quarts d'heure environ, j'ai pratiqué sur la tète du fémur, parallèlement aux libres du grand fessier, une incision longue de 10 centimètres. Ayant introduit mon doigt dans la plaie et exploré le pourtour du col du fémur pour trouver la cause qui empêchait la réduction, j'ai constaté que la capsule était déchirée dans sa partie inférieure ; le membre se trouvant en rotation en dedans et la tête déplacée en haut et en arrière, il en est résulté que la capsule fibreuse était tellement tordue sur son axe que la tête du fémur ne pouvait plus rentrer par l'ouverture qu'elle avait franchie pour quitter la cavité cotyloïde.
« A l'aide d'un bistouri boutonné, j'ai pratiqué une large incision sur la capsule fibreuse. Cette fois, la traction, portée à 400 kilogrammes, trouva une résistance moindre ; néanmoins, il m'eût fallu pouvoir obtenir un allongement plus considérable de 4 centimètres environ pour faire regagner à la tète sa cavité.
« En face de ces insuccès de réduction réitérée, j'ai pratiqué l'ablation de la tête du fémur, et le col pénétra dans la cavité cotyloïde.
« Le membre mis dans l'attitude normale, je nettoie la plaie, pose un gros tube de drainage, pratique la suture, applique un pansement aussi aseptique que possible, et fixe le membre dans un appareil plâtré. Après trente jours de traitement, la plaie est entièrement cicatrisée, sans avoir présenté aucune espèce d'accident La malade quitte alors le service sans mon consentement, et depuis je n'en ai jamais plus entendu parler. » (Congrès français de chirurgie, 1886, p. 540.)