‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 131 sur 166 · E. — DES RÉSECTIONS DU STERNUM DANS LES LÉSIONS NÉOPLAS1QUES · texte numérisé non relu

E. — DES RÉSECTIONS DU STERNUM DANS LES LÉSIONS NÉOPLAS1QUES

Les sarcomes ou chondro- sarcomes du sternum sont rares et très variables dans leur marche. Nous n'en avons opéré qu'un, de forme kystique, par abrasion et cautérisation combinées. La table interne de l'os était dure et intacte. Le sarcome s'était développé sous le périoste superficiel. La récidive eut lieu deux ans après, et la malade succomba au bout de vingt-deux mois, c'est-à-dire quatre ans après, l'opération. Les cas de résection perforante, c'est-à-dire portant sur toute l'épaisseur de l'os, sont rares1. Le plus intéressant que nous connaissions est celui de Kœnig dans lequel la plus grande partie du sternum fut enlevée. Il s'agissait d'un ostéo-chondrome développé sur la face externe du sternum, sans symptômes pouvant faire diagnostiquer la pénétration de la tumeur dans le médiastin ; la tumeur débordait le sternum sur les côtes. On coupa d'abord les côtes à 5 centimètres du sternum, et on scia obliquement le sternum au-dessous de la première côte. Puis on souleva le sternum et l'on reconnut que la tumeur faisait saillie dans le médiastin. On le détacha prudemment avec les doigts; mais, dans cette manœuvre, on déchira les deux plèvres dont on ferma immédiatement l'ouverture au moyen d'un tampon de gaze. Le péricarde était adhérent, et en essayant de le décoller avec les ciseaux, ou l'ouvrit également. Malgré ces accidents opératoires le malade guérit très bien. L'opération avait été accompagnée d'une abondante hémorrhagie; elle avait duré deux heures et demie. On n'avait conservé du sternum que la partie supérieure de la poignée et l'appendice xiphoïde. Malgré cette vaste perte de substance, il n'y eut pas de symptômes alarmants du côté de la respiration. Cette absence de troubles respiratoires vient à l'appui de ce que nous avons dit plus haut sur les causes et le mécanisme des accidents dyspnéiques qui surviennent après l'opération, chez les sujets qui ont déjà le poumon et la plèvre malades.

"1. Roulliès en cite quatre dans sa thèse, appartenant à Mazzoni, Kœnig-, Kustcr et Bardenheuer.

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