Centralblatt fur Chirurgie, 1885, p
2. Dans une thèse récente soutenue en 1888, devant la Faculté de Médecine de Lyon, un de nos élèves, M. Alexis Trouillet, aujourd'hui chirurgien militaire, à Grenoble, a rassemblé toutes les observations de résection tibio-tarsienne (au nombre de 41) qu'il avait pu recueillir dans notre service et les a fait précéder d'un historique de la question auquel nous renvoyons
2. Procédés opératoires pour les résections orthopédiques. — Ankyloses; luxations, pieds-bols. — Résection cunéiforme. — Ablation de l'astragale pour faire rétablit une articulation mobile.
Velpcau1 avait proposé en 1859 de remédier à la direction vicieuse des pieds ankyloses par l'excision d'un coin pris sur le péroné et le tibia audessus de la soudure osseuse. Berend (de Berlin)2 mit le premier en pratique cette proposition en 1860. Sur un sujet atteint de pied équin avec ankylose tibio-tarsicnne, et après l'essai infructueux des moyens orthopédiques ordinaires, il enleva sur le tibia, en avant, un fragment cunéiforme d'un pouce à sa base et retrancha deux pouces de péroné. Le pied fut complètement redressé.
Le retranchement d'un coin osseux pour le redressement du pied se fera plus facilement avec la scie à volant qu'avec une des autres scies usuelles dans les ankyloses anciennes à tissu éburné. La dureté de l'os rend l'opération avec les petites scies à main très laborieuse, et si l'on n'a pas à sa disposition de scie à volant ou de scie mécanique qui puisse produire des elfets analogues, on devra combiner l'action delà scie ordinaire et du ciseau. Ried perfora préalablement les os d'une malléole à l'autre et les divisa, d'abord en avant, puis en arrière.
Les ankyloses qui succèdent à des luxations ou à des fractures non réduites présentent de telles différences, au point de vue du siège et de l'étendue des adhérences, qu'il est impossible de déterminer d'avance les procédés auxquels on devra recourir. Mais ici encore, l'ablation préalable de l'astragale, lorsqu'il ne sera pas fusionné avec les os voisins, sera un moyen de corriger la difformité en permettant le rétablissement des mouvements, comme nous en rapporterons quelques exemples plus loin.
Dans les cas où l'astragale est soudé de toute part, à la fois au tibia et au péroné, au calcanéum ou au scaphoïde, il y a de grands avantages à l'extraire avec la gouge et le ciseau. Nous l'avons trouvé plusieurs fois ankylose dans nos résections pathologiques, et nous l'avons enlevé après l'avoir séparé au ciseau de ses adhérences tibiales et péronières. Cette manière de faire n'est qu'une conséquence de l'idée directrice d'après
le lecteur qui voudrait de plus longs détails sur les diverses phases par où a passé l'ablation de l'astragale, depuis le moment où elle était considérée comme une opération exceptionnellement indiquée jusqu'à nos idées actuelles (De l'ablation de l'Astragale dans l'ostéoarthrile tibio-tar sienne, Lyon, 1888). — En 18(39, un de nos internes, M. Nodet (de Bourg en Bresse) avait déjà présenté une thèse sur la Résection tibiotarsienne par la méthode sous-périosiée ; mais nos idées ne différaient alors des opinions courantes que par les changements que nous avions apportés au manuel opératoire en substituant la méthode sous-périostée à la méthode ancienne. Nous ne pensions pas encore à faire de l'ablation de l'astragale le temps initial de la résection tibiotarsienne.