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CHAPITRE XII

DES RÉSECTIONS DE LA DIAPHYSE DE LHUMÉRUS ET DES DIVERSES OPÉRATIONS CONSERVATRICES QU ON Y PRATIQUE — OPÉRATIONS APPLICABLES AUX LÉSIONS DE LA TOTALITÉ DE LOS.

Sommaire. — Historique. — Opcralioas de Larj^lii ; aijus des résections diapliysaires dans la guerre d'Amérique.

Manuel opératoire des résections et de? autres opérations conservatrices qui se pratiquent sur la diaphyse de l'humérus. — Procédés pour l'ablation sous-périostéc de la totalité de la diaphyse; mise en sûreté préalable du nerf radiul. — Procédé à tunnel. — Me l'ablation de la partie supérieure de la diaphyse ; voie deltoïdienne, voie axillaire. — Procédé pour l'ablation de l'humérus entier.

Indications des résections dans les lésions traumatiques de la diajjhyse liuméi'alc ; fractures et disjonctions diaphysaires. — Rareté des indications de la résection piopremcnt dite dans les fractures compliquées; subordination de l'intervenlion opératoire au degré d'infection de la blessure. — Danger des doctrines exclusives. — De la résection dans le cas de décollement diaphysaire avec issue du bout de l'os ; cas où la résection doit être pratiquée.

— De l'influence des résections juxla-épiphysaircs de la diaphyse humérale sur l'accroissement ultérieur de l'os.

Des résections et autres opérations conservatrices dans les inflammations osseuses aiguës et chroniques. — Indications des résections latérales et des évidements longitudinaux dans les pandiaphysites avec séquestres centraux. — Des ostéo-myélites à forme névralgique.

Des résections de la diaphyse humérale dans les cas de lésions néopla.^iques bénignes.

— Résection diaphysaire dans un cas d'osléo-chondronie situé au niveau du col chirurgical chez un enfant de (3 ans ; accroissement ulléi'ieur de l'os, raccourcissement inférieur à la hauteur de la portion osseuse enlevée; explication de ce résultat.

Des résections orlliopcdiqiies de la diaphyse humérale ; pseudarlhroses iliverses ; cas d'interposition du nerf radial. — Résection jiréliminaire dans le but de suturer le nerf radial détruit dans une certaine étendue. — Résection des moignons devenus saillants par l'accroissement de l'os après les amputations du bras pratiquées dans l'enfance.

§ I. Historique.— Rareté relative des résections proprement dites de la diaphyse humérale. — Faits de Larghi. — Résultats de la guerre d'Amérique.

On a de tout temps enlevé la diaphyse ni'erosée ou relt-anclie les bouts saillants de l'humérus, mais les résections proprement dites sont de date récente et ont été même assez rarement pratiquées avant la guerre de la Sécession américaine.

La célèbre opération de Cli. AVIiito n'était, comme nous l'avons vu, qu'une résection de la partie su|)érieure de la diaphyse hinuérale: mais huit ans auparavant Lecat, de Uoiien, avait retranché trois pouces dix lignes de la diaphyse hmnér;de, dans un cas d'ostéite surventie l;irdive-

RÉSECTION DE LA DIAPHYSE IIUMÉRALE. 125

ment après une fracture par arme à feu'. Moreau père fit, quelques amiéesplus tard, une autre résection de toute l'épaisseur de la diaj)livse^.

Dans la seconde moitié du dernier siècle, on publia un certain nombre de résections diaphysaires à la suite de fractures compliquées (Diepold, de Strasbourg; Sylvestre; VogeP), et le retranchement avec la scie des parties de l'os saillantes à travers la plaie était généralement pratiqué. Mais bientôt on envisagea la question au point de vue de la chirurgie d'armée et on chercha à prévenir l'amputation du membre par l'extraction des esquilles et la résection des pointes osseuses. Pendant longtemps les chirurgiens militaires furent partagés sur ce point : les uns voulaient amputer, les autres cherchaient dans l'esquillotomie ou la résection les moyens de conserver le membre (Percy, Briot, Baudens). — La résection fut pratiquée un assez grand nombre de fois dans la première guerre du Schleswig-Holstein, mais les chirurgiens allemands ne tardèrent pas à y renoncer'. En Crimée, on en aurait fait un certain nombre d'après Baudens; mais les chirurgiens français s'en sont toujours montrés peu partisans; ils pratiquaient l'ablation des esquilles mobiles, mais non la résection typique^. Chenu ne nous fournit du reste aucun document qui puisse nous renseigner sur ce point, et nous devons arriver à la guerre de la Sécession américaine pour trouver des observations nombreuses et comparables entre elles, qui ont permis de se faire une opinion sur la valeur de cette opération.

Les résections orthopédiques de la diaphyse humérale avaient été pratiquées dès 1770; ce fut à cette époque que Ch. White fit, ou plutôt fitfairesous sesyeux, la première résection pour pseudarthrose. Quantaux ostéites avec nécrose, on continua à les attaquer par l'ablation des séquestres ou quelques évidements parcimonieux; on abandonnait généralement ces suppurations osseuses à elles-mêmes et on finissait par amputer si elles devenaient trop gênantes.

C'est en 4845 que Larghi fit sa première résection de la diaphyse humérale pour une ostéo-my élite. Son opération fut suivie de la régénération de l'os; elle a par cela même une grande importance historique; mais nous verrons plus loin comment il faut l'apprécier au point de vue clinique, ainsi que d'autres opérations analogues qui ont été pratiquées depuis lors.

La guerre américaine de 1861 à 1865 fournit un vaste champ d'ex-

1. On trouvera dans notre introduction, page 29, de plus longs détails sur ce point de l'histoire des Résections.

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