Gurlt, loc. cit.. page
122 RÉSECTIONS DU MEMBRE SUPÉIUEUR.
Au point de vue de la solidité artiiiilaire, GiiiU a noté 90 articulations serrées, 70 articulations de polichinelle et 'Jl ankyloses.
Les résultats des résections de l'extrémité supérieure de l'humérus ont été moins satisfaisanis encore dans la guerre d'Amérique. A oici ce que dit Otis : « L'utilité du iiieiiibre apiès la résection de l'épaule pour plaies d'armes à feu, quoique plus grande dans la majorité des cas que ne le disent les rap[)orts faits sur les j)ensionnés, est généralement moindre que celle (|u'on obtient dans quelques cas d'ankylose consécutive aux maladies osseuses. J'ai observé seulement deux cas dans lesquels le pouvoir d'abduction était presque, sinon conij)Iètement restauré. Dans la majorité des cas que j'ai examinés, les mouvements de flexion, extension, abduction étaient passablement (lolerahJij) conservés. Je n'ai rencontré aucun cas de véritable ankylose. Dans une large proportion de cas, les fonctions de l'avant-bras et de la main n'étaient que faiblement, et dans quebjues cas, pas du tout altérées. Ceux qui prétendent que le bras est dépourvu d'utilité après une résection de réj)aule, quand il flotte sur le côté, se laissent aller à une considération superficielle. A part l'ineslimable avantage de l'usage même partiel de la main, le simple poids du membre, quoique ses fonctions motrices soient complètement détruites, est très utile pour maintenir l'équilibre du corps et éviter la difformité qui est la conséquence de la désarticulation du bras*. »
Nous n'insisteron>; pas sur la comparaison des cas d'Otis ou de Gurlt avec les nôtres. On ne peut comparer utilement que des faits semblables par la nature de la lésion et par les conditions dans lesquelles ils ont été observés. Nous ne chercherons pas non plus à classer nos résultats comme Gurlt a essayé de le faire pour les blessures par armes de guerre;: tous nos opérés rentreraient dans la première ou au moins dans les deux premières classes de cet auteur, c'est-à-dire dans la catégorie des très bons ou des bons résultats, mais cette classification sommaire ne peut nous donner la valeur exacte des difféientes observations.
Un résultat clinique ne doit pas être envisagé seulement à un point de vue absolu; il a surtout une valeur relative, c'est-à-dire qu'il représente le rapport entre l'état du malade avant l'opération et l'état du même malade quand l'opération a produit tous ses effets. Les blessés par armes de guerre, qui se trouvaient avant la blessure dans des conditions générales à peu près les mêmes, sont plus facilement comparables que les opérés pour lésions spontanées qui présentent une foule de variétés. Aussi aura-t-on plus de mérite à tirer de certains cas compliqués
1. JjOC. cit., page on. — Olis rappelle à ce propos que si l'on a pratiqué laut île résections dans la guerre d'Amérique, c'est que les instruclioiis parties du quartier général, et signées du direeleur métlieai Tri|)ler. avaient engagé les eliirurgieus à préférer celle opération à l'anqiutalion du menil)re. toutes les fois qu'il y avait un espoir raisonnable de le conserver.
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et défavorables un résultat médiocre qu'à obtenir un résultat excellent dans un cas simple et favorable. C'est pour faire saisir ce rapport que nous avons cru utile de multiplier les observations dans ce chapitre. En les lisant, on se rendra mieux compte de la valeur des résultats que nous avons o])tenus qu'en cherchant à encadrer ces résultats bruts dans des classifications artificielles.
En présence des insuccès signalés par Otis et Gurlt après les résections de l'épaule pour blessures de guerre, nous avons dû nous attacher à en rechercher les causes. Nous avons invoqué nos propres faits cliniques et expérimentaux pour nous guider dans les critiques auxquelles nous nous sommes livré, et nous restons de plus en plus convaincu qu'en procédant autrement que les chirurgiens américains et allemands, on aura dans l'avenir de tout autres résultats.
Errata. — Une faute d'impression dans notre historique de la résectiou de l'épaule (page 9) donne une idée fausse du procédé employé par Bent. Il ne s'est pis servi d'un lambeau à base interne, mais d'un lambeau à base externe. Son incision ne ressemble pas du reste, à celle de White, comme l'ont répété beaucoup d'auteurs. Elle est antérieure et interne, ainsi qu'on peut s'en convaincre en lisant son observation :
Après avoir réuni par une incision deux fistules situées à la partie antérieure de l'articulation, l'une sous la clavicule, l'autre au niveau de l'insoiiion du grand pectoral sur l'humérus, il détacha, pour se donner du jour, les insertions claviculaires du deltoïde, et incisa ensuite à la partie intérieure les insertions humérales de ce muscle. Ces incisions libératrices étaient donc dirigées en dehors [Phitosopldcal transactions, anno 1774, vol. XIII, de l'édition abrégée, p. 541. London, 1809). Il faut donc substituer le mot interne au mot externe (ligne 6j et le moi externe au mot interne (ligne 8).
— Dans l'observation XXII (page 102). Au lieu de : et dans ce mouvement la malade soulève un poids de 6'', 500 susjJendu au-dessus du coude; lisez : et dans ce mouvement, la malade soulève (selon la fatigue de son bras) un poids de sept à huit kilos suspendu au-dessus du coude; elle porte deux kilos à bras tendu.