Bulletin de l'Académie de médecine
2. Traité exp. et clin, de la régénér. des os. T. 1, p. 575 et 408.
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L'humérus s'allongeanl siulout \r.\v son cartiingo de coiiju|j[aison supérieur, les amputations dans la continuité du hras laisseront subsister son principal organe d'accroissement. Aussi, à un moment donné, cet os s'aceroissant plus que les auti-es tissus du moignon aura-t-il do la tendance à s'écliap[)er du milieu de ces tissus, et fera-t-il saillie [)ar son bout inférieur au niveau de la cicatrice. De là, une conicité du moignon fatale et progressive qui sei-a d'autant j)lus marquée que l'amputation aura été pratiquée sur un sujet plus jeune. Les parties molles s'accroissent bien sans doute dans une certaine mesure, mais comme elles ont subi une atrophie générale, surtout dans les masses musculaires qui n'ont plus à fonctionner, elles ne suivent pas l'os dans son allongement. Celui-ci devenant de plus en plus saillant et n'étant recouvert à sa partie inférieure que par la cicatrice tiraillée et la peau, le moignon prend l'aspect d'un manche à gigot.
Nous avons démontré depuis longtemps par nos expériences sur les animaux la théorie de cet accroissement des moignons. En pratiquant comparativement des amputations du bras et de l'avanl-bras nous avons vu que le moignon laissé par ces dernières s'accroissait dans une faible mesure relativement à celui qui était le résultat des premières. Nous avons vérifié le fait chez l'homme dans les cas rares d'amputations datant de l'enfance que nous avons eu occasion de rencontrer'. Le moignon humerai s'allonge graduellement et est exposé à la conicité jusqu'à la fin de l'accroissement. Le moignon antibrachial grandit à peine, et s'il est exposé à une conicité secondaire, elle est due à un autre mécanisme : au défaut de parallélisme des deux os; le cubitus, étant attiré en arrière parla traction du triceps, abandonne le radius en avant.
L'allongement de l'humérus, par le fait seul de la cause que nous venons de signaler, peut exiger l'excision de la partie saillante ; mais, l'extrémité libre étant en outre constamment irritée par les frottements auxquels elle est soumise, il faut toujours tenir compte de cette double cause d'hypertrophie.
L'excision de ces bouts saillants est très simple : on circonscrit l'os par une incision circulaire ; on détache et on relève les chairs jusqu'au niveau du point où doit agir la scie, et on retranche l'os avec son périoste pour éviter la régénération de la portion enlevée.
1. A rappui lie iiolro lliéorie sur raccruissciuciit des moignons, M. A. l'oncel nou> a communi'iué un l';iit très inlôressanl qu'il ;i observe dans un voyage on Espagne. Il rencontra (lia gare de Cliimliilla un polit garçon de 10 ans, amputé du bras droit, quatre ans auparavant. » la suite d'un accident de chemin de l'er. L'amputation avait été faite vers l'empreinte delloïdionno. Jusqu'à ce niveau, le moignon était r<'gnlier et bien nourri. Mais à partir de ce point, il était constitué i)ar riiumérus seul, rocouvcri par une peau amincie, jaune rongeàlro. d'as|)ecl corné. Cette saillie avait de 7 à 8 ceulimèlres. Elle avait en haut le diamètre du petit doigt d'un adulte et allait en s'ellilant. Elle s'était développée peu à peu. après la cicatrisation de la plaie. Bien qu'il soit probable (|ue l'accroissenient osièophylique ail contribué à la l'onner, elle ost sui'lout expliiiible pnr la <(iuliini;ili(in di' railivilé du cartila|:e conjugal supérieur.
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