‹ Traité des résections et des opérations conservatricesChapitre 36 sur 64 · Joseph Biiiii · texte numérisé non relu

Joseph Biiiii

2. Tliérùse Maiiuis (dite « Maiini » par erreur ilaiis lo ïrailc de la Hrg<'néiatioii des Os).

peut le maintenir. Du côté réséqué, la force d'extension est de 3 kilos.

Résection ancienne du coude.

Fig. 207. — Résection du coude datant de vingt et un an=!. — Forme du coude lléchi.

[Résection faite le lo juin 1866. — Photographie jn-ise le 21 septembre 1887.

Le membre est raccourci de 5 centimètres. Il n'y a pas eu de néoformation longitudinale du côté de l'humérus; un olécrànclar<^e et solide,

Fig. 208. — Même sujet portant à bras tendu un haltère de 7 kilos. [Photographie prise le 21 septembre 1887.)

un peu incliné en dedans et haut de 28 millimètres, termine le cubitus, et fixe solidement l'articulation en arrière ^

1. Il s'est passé dans l'histoire de cette malade un fait très intéressant que nous devons

La quatrième malade, sur laquelle nous n'avons eu que des détails incomplets, a été opérée, en j 866 \ pour une ankylose osseuse, consécutive à une ostéo-arthrite suppurée, et accompagnée de lésions scrofuleuses multiples. Il y avait malheureusement dans les diaphyscs humorale et cubitale des points suspects, qui ne furent pas attaqués parce qu'ils étaient cicatrisés ou indolents. Ils ont été depuis le point de départ d'abcès et de complications douloureuses qui ont condamné de temps en temps le membre à une inertie complète. Aujourd'hui tout est cicatrisé, mais la dernière inflammation de i'avant-bras a laissé une raideur des doio'ts qui gêne considérablement les Ibnctions du membre et ne le rend apte qu'à de petits travaux. La malade a cinquante-six ans aujourd'hui.

Tel est le bilan de nos cinq premières opérations, que nous avons rappelées à cause de leur ancienneté. D'autres résections, de 1867 et 1868, nous ont fourni des résultais analogues à ceux de la troisième observation de la première série, c'est-à-dire persistance de la guérison, sans déchéance fonctionnelle du membre et avec conservation de la mobilité de l'articulation et de sa solidité latérale.

Nous donnons ici (fig. 209, 210, 211 et 212) les dessins d'un coude opéré en 1867; ils le représentent à dix-neuf ans de distance % fléchi et étendu. Il s'agissait d'une ostéo-arthrite chronique, sans lésions pulmonaires. La tuberculose était locale et est restée définitivement guérie. Le sujet, qui vit à la campagne, dans de bonnes conditions hygiéniques, est dans un état de santé florissant.

Le bras est toujours de la même utilité pour la malade, qui n'est pas plus gênée qu'il y a dix ans dans les divers mouvements auxquels elle l'emploie, et porte toujours le même poids à bras tendu. Il est un peu moins gros qu'il y a vingt ans, mais cette diminution de volume tient à l'amaigrissement général du sujet qui a perdu l'embonpoint de la jeunesse. La seule différence que l'opérée signale entre ses deux membres,

rappeler ici, parce qu'il est uue nouvelle démonstration du danger qu'entraînent les mouvements forcés.

Six mois après la résection, elle venait de temps en temps à l'IIùtel-Dieu se l'aire électriser les muscles du bras; on imprimait en même temps des mouvements passifs à l'articulation. Un jour l'aide, auquel nous avions confié l'exécution de ces mouvements, voulut obtenir tout d'un coup la flexion complète ; il en résulta un craquement sec dans l'articulation nouvelle et une vive douleur; le lendemain le coude était très tuméfié et l'on fut obligé de suspendre les exercices pendant plusieurs semaines. Quand toute tuméfaction fut dissipée, on reconnut que l'épitrochlée avait été arrachée et entraînée par le cubitus; elle était devenue mobile sur l'humérus. Cet état persiste encore après vingt et un ans ; on reconnaît la saillie épitrochléenne qui est non pas soudée au cubitus, mais unie à cet os par des liens fibreux très solides, tandis qu'elle est très mobile sur l'humérus. Elle suit le cubitus dairs tous les mouvcmenls. Ce type irrégulier de la néarLhrose n'entraîne pas heureusement de gène bien marquée dans les mouvements: si l'extension est bridée entre 155 et 160 degrés, c'est le crochet olécranien fortemeut recourbé qui en est la principale cause.

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