B. — DES RÉSECTIONS DU COUDE CHEZ LES JEUNES ENFANTS
Les prévisions sur la résection du coude, que nous avions fondées autrefois sur nos expériences relatives à la loi d'accroissement des grands os des membres, ont été parfaitement vérifiées par la clinique*. On n'enlève que les extrémités qui prennent une faible part à l'accroissement du membre supérieur, et il ne résulte, par le fait de la soustraction des cartilages de conjugaison, qu'un arrêt d'accroissement peu marqué. Cet arrêt d'accroissement peut être, du reste, compensé chez les jeunes enfants par une suractivité du cartilage de conjugaison appartenant à l'extrémité de l'os non intéressée dans la résection, pour l'humérus surtout, comme nous le verrons plus loin.
Nous nous sommes montré cependant peu partisan des résections typiques et totales dans la première enfance. Pour les cas rares où l'on peut avoir à intervenir dans les deux premières années de la vie, nous avons recommandé, en règle générale, les opérations plus économiques (abrasion, arthrotomie ignée) : d'abord parce que, à cet âge, la vitalité des tissïis de glissement et de délimitation est telle que la mobilité peut se rétablir, malgré la suppuration de l'article, et puis parce que, les extrémités articulaires étant en grande partie cartilagineuses, on peut obtenir la guérison par l'abrasion et l'énucléation des points osseux malades. On enlève seulement les parties ossifiées, atteintes d'ostéite et de nécrose, et on laisse en place les cartilages qui ne sont pas le siège primitif de la lésion.
Ce qui nous fait redouter les résections typiques et totales, c'est la crainte de ne pas avoir de bons résultats fonctionnels^ chez les enfants, généralement chétifs et misérables, qui sont atteints d'ostéo-arthrite tuberculeuse ou de toute autre suppuration infectieuse. Chez eux, toute résection étendue est grave et le traitement consécutif en est plein de