‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource] (volume 2)Chapitre 115 sur 143 · Trépanation du bassin · texte numérisé non relu

Trépanation du bassin

La trépanation du bassin peut se faire sur la plupart des points de la surface évasée, lorsqu'elle est commandée par la nécessité de donner issue à des abcès profonds et d'évider un foyer tuberculeux, intraosseux ou sous-périostique. Il n'est peut-être pas un point de la fosse iliaque que nous n'ayons été appelé à trépaner, soit comme opération complémentaire d'une résection de la hanche pour coxalgie d'origine pelvienne, soit dans les sacro-coxalgies avec progression de l'altération tuberculeuse vers les parties antérieures de l'ilion. Il n'y a donc pas de heu d'élection, à proprement parler, pour la trépanation du bassin*. Le lieu où sera appliqué le perforateur est déterminé par le point le plus déclive du foyer, de même que les dimensions et la forme de l'ouverture doivent être en rapport avec l'étendue de la lésion.

Dans les ostéites juxta-marginales (juxta-épiphysaires) de la crête iliaque, c'est au-dessous du cartilage marginal, à 3 centimètres de la crête, en moyenne, que nous avons trépané le plus souvent. Une première ouverture étant faite, on peut explorer le foyer inlrapelvien et on applique une seconde couronne si l'on n'est pas tombé sur le point le plus déclive. A mesure qu'on s'éloigne de la crête, on est obligé de

1. On nous a fait dire plusieurs Cois que le lieu d'élection de la trépanation du bassin était, pour nous, entre les deux épines iliaques postérieures et un peu en avant d'elles C'est la une erreur : cette région ne doit être un lieu d'élection que dans les ostéites de celte t,'gion ou les sacro-coxalgies suppurées.

traverser des couches musculaires plus épaisses, mais on les écarte par des incisions obliques à la direction de leurs fd^rcs dans le but de ne pas en sectionner un trop grand nombre et de se prémunir en même temps contre le resserrement de la boutonnière musculaire. En arrière, c'est le grand fessier qu'il faut écarter; en avant, le moyen, le petit fessier et le tenseur du fascia lata; à la partie moyenne, le grand et le moyen fessier; et plus bas, c'est-à-dire plus près du trochanler, les trois muscles superposés. Quand on veut trépaner près du bord supérieur de l'os, on refoule les muscles en bas, et d'arrière en avant, si l'on doit opérer sur la partie postérieure recouverte par le grand fessier. Quand on pénètre sur l'os à travers les masses musculaires, il faut les écarter avec la sonde cannelée pour éviter les hémorrhagies que produirait la section nette des branches de la fessière avec le bistouri.

Dans les suppurations d'origine intracotyloïdienne, une fois la tête fémorale enlevée et la cavité cotyloïde largement ouverte, on a une large issue pour l'écoulement du pus, et ce n'est que dans les cas de foyers tuberculeux situés plus haut, dans la fos^se iliaque, qu'on peut être appelé à évider l'os ou à le trépaner encore à leur niveau.

Quand la trépanation est commandée par un abcès symptomatique d'une ostéite, il n'y a pas, comme nous l'avons dit plus haut, de lieu d'élection pour l'application de la couronne, mais il en est autrement lorsqu'il s'agit do trépaner le bassin pour des collections de la fosse iliaque venant des parties voisines ou consécutives au psoïtis. Gangolphe^ a pratiqué la trépanation dans le cas de psoïte suppurée, à trois travers de doigt au-dessous de la crête iliaque et à cinq en arrière de l'épine iliaque postérieure et supérieure; il tomba en plein foyer purulent. Partant de ce fait, Condamin a recherché sur le cadavre le point qui serait le plus favorable pour l'évacuation du pus dans les collections de ce genre. En étudiant les rapports du canal iliaque et la structure de l'os qui le limite, il a vu que le point déclive du canal iliaque (dans la position couchée) correspond exactement au point où l'os iliaque a le moins d'épaisseur, et qu'on tombe sur ce point aminci en prenant le milieu d'une ligne droite allant de l'épine iliaque antéro-supérieure à l'épine iliaque inféro-postérieure^

Weiss (de Nancy) avait déjà proposé de trépaner sur le sommet d'une ligne allant de l'épine iliaque postéro-supérieure au sommet du grand Irochanter". Yerneuil, qui avait antérieurement pratiqué plusieurs fois la trépanation du bassin, avait aussi recommandé de trépaner en arrière dans la région des épines iliaques, pour vider les foyers puru-

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