M. Le Forl donne sur celle pièce les délails suivnnls
« Il semble s'être l'ait une nouvelle articulation. Malheureusement je n'ai pu en voir l'intérieur, car la capsule fibreuse, fie nouvelle formation, est intacte. L'extrémité supérieure du lémur est légèrement reniléc; elle appuie sur l'os iliaque à peu près au niveau où existait primitivement la cavité cotyloïde. Cette extrémité est entourée de tissu fibreux, d'une sorte de bourrelet ligamenteux qui l'entoure complètement cl va ensuite s'insérer circulaironicnt siu' l'os des îles. » — Le Fort, loc. cit., 459.
2. Spécimen of reproduction of the hip-joinl a fier exseciioii, in a case complicated wilh PoU's diseasc, etc., in Transactiom of Ihe International Médical Cougress, vol. II. p. 336.
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qui avait subi la résection sous-trochantérienne trois ans et demi auparavant. Il s'était parfaitement rétabli, et avait recouvré une articulation à la fois solide et mobile. Le raccourcissement était compensé par un léger abaissement du bassin. Voici la description donnée par Israël*.
« L'autopsie montra que toutes les parties enlevées clans l'opération se sont reproduites avec leur type normal, sauf les dimensions qui sont un peu modifiées, et que le fémur s'est réuni au cotyle par une sorte de ligament articulaire.
La diaphyse du fémur s'élargit vers son extrémité supérieure en présentant deux apopliyses néoformées, recouvertes, chacune, d'ime épaisse couche de cartilage. La plus grande apophyse recouverte de cartilage et qui se trouve dans le prolongement de la diaphyse, imite le gi-and trochanter. En avant et en dedans de la diaphyse, on voit, imitant le col du fémur, se détacher une apophyse qui est composée de plusieurs luhérosités osseuses naissant séparément puis se fusionnant ensemble, et qui porte à son extrémité péripliérique un revêtement cartilagineux presque globulaire d'environ un centimètre d'épaisseur, au point le plus épais, le tout constituant une imitation assez fidèle de la tête du fénuu'.
Quant à la constitution histologique du nouveau cartilage, c'est du cartilage fibreux dans les couches périphériques. Plus on se rapproche de l'os, plus le tissu devient semblable au cartilage hyalin dont il se distingue tout au plus par un léger aspect chagrine de la suljstance fondamentale.
Quant au rôle articulaire de ces parties néoformées, il s'écarte de la normale en ce que non seulement la nouvefie léte, mais aussi le nouveau grand trochanter, contribuent à former l'articulation du fémur avec le bassin. Mais tandis que la tête adhère à l'os iliaque sunplement à l'aide d'une couche épaisse de tissu conjonctif mou et mobile, le grand trochanter s'articule avec le cotyle même au moyen d'attaches auxquelles on pourrait bien accorder les cai'actères d'une jointure, puisqu'on y trouve une capsule, une cavité pleine de synovie et des surfaces cartilagineuses. L'union du bassin au fémm' sd fait dans la partie inférieure du cotyle par une couche de tissu conjonctif succulent et riche en graisse, tissu qui est solide dans sa partie inférieure et traversé dans sa partie supérieure d'espaces creux do plus en plus nombreux et remplis de synovie. Ces cavités sont séparées les unes des autres par de minces cloisons, qui se sont perforées par usure, de telle sorte que, dans la partie supérieure de cette couche de tissu conjonctif en évolution, il eu est résulté une cavité irrégulière, dont la paroi est semée de sepla saillants enferme de lisières de feuillets. Il est à supposer qu'avec le temps, les mouvements auraient fait disparaître de plus en plus ces restes des cloisons. La nouvelle cavité articulaire était limitée en haut par une capsule solide allant du bord cotyloïdien supérieur au nouveau trochanter, et s'y fusionnant avec le revêtement cartilagineux de ce dernier. La face postérieure du grand trochanter se montre libre en un point dans la cavité articulaire, de même que le revêtement cartilagineux encore intact du rebord cotylodien supérieur. »
Nous ne pouvons pas malheureusement dans celte observation nous rendre compte des détails de structure qu'il nous importerait tout particulièrement de connaître au point de vue de l'accroissement du fémur et du degré de la néolbrmation osseuse. Y avait-il autre chose qu'un épaississement de l'os ancien avec quelques masses cartilagineuses surajoutées?
■ Archiv fur klin. Chirurgie. M XX, 1884.
Y avait-il un certain degré de néoformation longitudinale? Ce n'est que par la coupe de l'os qu'on eût pu déterminer ce dernier point, qui est le plus important au point de vue de la solution du problème en question, c'est-à-dire du degré réel de la régénération.
Le cas de Kuster a trait à une résection itérative du fémur dans laquelle il a trouvé deux petites saillies représentant plus ou moins bien la tète et le trochanter. Sur le côté externe de l'os il s'était formé une production osseuse de deux centimètres d'épaisseur qui se terminait en haut par un prolongement d'os compact, quelque chose, dit l'auteur, comme un grand trochanter rudimentaire. Dans un autre cas, Kuster constata seulement l'obturation de la cavité médullaire par une lamelle osseuse; il n'y avait point de néoformation longitudinale.
D'autres autopsies, signalées antérieurement à la méthode sous-périostée, ont permis de constater l'épaississement de l'extrémité du fémur par des dépôts sous-périostiques et quelques saillies ostéophytiques plus ou moins régulières. Ainsi renflé, mais sans forme régulière, le bout du fémur réséqué était remonté au-dessus du sourcil cotyloïdien et fixé en un point plus ou moins élevé de la fosse iliaque par des trousseaux fibreux étalés en capsule plus ou moins régulière ^
Dans un cas de Holmes ^ « on trouvait l'extrémité supérieure du fémur arrondie et augmentée de volume par le dépôt d'une substance qui, h l'œil nu, ressemblait à du cartilage, mais qui, au microscope, présentait une structure purement fibreuse'. Cette sorte de tête reposait sur le fond du cotyle élargi et épaissi dans ses parois. Les deux os étaient maintenus en contact par des brides fibreuses et fibro-celluleuses, nombreuses et fortes, qui se portaient de la tête au fond et au pourtour de la cavité cotyloïde qu'elles contribuaient à renforcer. Le tout était accompagné d'une capsule épaisse ayant beaucoup d'analogie avec la capsule détruite. Les os étaient parfaitement sains. »
Un fait de Reid nous montre comment peut se reconstituer l'articulation après l'extraction de la tête fémorale nécrosée et séparée du corps de l'os. Le malade mourut de lésions rénales quelques années après l'opération. « On trouva, à l'autopsie, une articulation nouvelle formée du côté du fémur par deux saillies : la supérieure représentant la tête en rapport avec la partie supérieure du rebord du cotyle ; l'inférieure située immédiatement au-dessus du petit trochanter s'enfonçant dans la cavilr cotyloïde. Ces deux éminences étaient attachées au cotyle par des brides fibreuses très épaisses. »
• 1. Good, loc. cit. p. 88 et suivantes, a dépouille à ce point de vue toutes les observationqu'il a pu recueillir jusqu'en 1869. ^
2. C'est aussi ce que nous avons constaté sur une lilletle de cimi ans, morte sept mois aprts la résection sans avoir clé suéric; il n'y avait que des f^ranulations plus ou moins fongueiises ol à la périphérie un peu de tissu <'liondroïde.
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On voit par là ffue malgré les saillies qui ont pu se former, rien ne lappellc le type anatomique de l'articulation enlevée. Les observations nous manquent pour déterminer le degré exact de reconstitution de la néarthrose après les résections sous-périostées. De nouvelles observations, prises avec toutes les précautions que nous avons indiquées pour éviter toute cause d'erreur, sont encore nécessaires.
Sayro a publié en 1863 une autopsie intéressante que nous devons rappeler ici, bien qu'elle ne se rapporte pas à une vraie résection de la hanche (la tête du fémur n'ayant pas été enlevée), mais à la résection d'une tranche sous-cervicale, au-dessus du petit trochanter.
Il s'agissait d'une jeune fille de vingt-quatre ans, morte de phthisie six mois et demi après. « On trouva une capsule articulaire nouvelle et complète, garnie à sa surface interne d'une couche cartilagineuse et d'une sorte de membrane synoviale. La nouvelle tête d'emboîtement et la cavité cotyloïde (cavité de réception creusée dans le fragment supérieur) sont lisses et recouvertes de tissu lîbreux. L'union des deux surfaces articulaires est complétée par un cordon fibreux résistant, se fixant d'une part sur le sommet de la tête fémorale et s'insérant par une autre extrémité bifurquée sur deux points de la cavité de réception. Ce cordon ligamenteux reproduit assez bien un ligament rond de nouvelle formation'. »
Le peu de temi>s qui s'était écoulé depuis l'opération ne permet pas de considérer ce résultat comme définitif. Le processus n'était probablement pas encore terminé, car des faits nombreux ont montré que la soudure pouvait se produire tardivement. Mais la présence d'une espèce de synoviale à un moment donné est la meilleure condition pour empêcher la soudure, et pour favoriser, par l'extension continue et la mobilisation méthodique des fragments, la constitution d'une bourse séreuse définitive. Il ne faut donc pas trop se laisser influencer par les insuccès passés et renoncer absolument à l'établissement d'une articulation supplémentaire. Quelque difficile qu'il soit d'atteindre ce but, on y réussira souvent, croyons-nous, en suivant avec la patience nécessaire, le traitement poât-opératoire que nous avons précédemment exposé. Il faut seulement ne pas se contenter d'une simple section de l'os, mais en retrancher une hauteur suffisante sur toute son épaisseur.
C. — EXPKKIENCKS SVR LES ANIMAUX POUR DÉMONTRER LE MODE DE RECONSTITUTION DE l'articulation COXO-PÉMORALE. — IRRÉCULAIUTÉ DE LA NÉOFORMAÏION OSSEUSE. — FIXA- TION DU FÉMUR PAR DES TROUSSEAUX FIBREUX INTRACOTYLOÏDIENS ET l'ÉI'AISSISSEMENT DE LA CAPSULE PRIMITIVE. — ARTICULATION PAR SUSPENSION.
A défaut d'autopsies pratiquées sur l'homme en nombre suffisant et