SECTION DEUXIÈME
Au membre supérieur nous avons eu pour but de faire reconstituer des articulations nouvelles sur le type des articulations enlevées, et nous avons montré combien il était important, pour obtenir des néarthroses énergiquement automobiles et solidement fixées, d'observer rigoureusement les règles générales relatives à la conservation de la gaine périostique et des attaches tendino-musculaires. Au membre inférieur notre but sera souvent différent ; au lieu de favoriser la constitution d'une néarthrose mobile, nous chercherons à supprimer l'articulation en faisant directement souder les os entre eux et en établissant une synostosc définitive. Or, dès que l'articulation doit être supprimée, nous n'aurons plus besoin de ménager avec le même soin et la môme rigueur ses organes actifs ou passifs do mouvement.
Nous suivrons cependant régulièrement le principe de la conser-
OLLIER, RÉSECTIONS. ,, .1
2 RÉSECTIONS DU MEAIBRE INFÉRIEUR.
vation du canal périostéo-capsulaire, et nous agirons ainsi dans le double but d'accumuler le plus d'éléments ossifiables autour des extrémités osseuses mises en contact, et de nous réserver des organes utiles de mouvement et de soutien, pour les cas où la soudure osseuse ne s'effectuerait pas. Mais nous ne craindrons pas, dans quelques résections, de couper en travers certains muscles et tendons pour rendre l'extraction des os plus facile, plus rapide, plus complète. Puisque ces muscles ne doivent plus servir à l'avenir, il est inutile de se créer des difficultés poui- les conserver intacts. Dans certains cas même, pour faciliter la réunion immédiate, et nous mettre mieux à l'abri des récidives, nous suivrons les procédés de la méthode ancienne en enlevant largement tous les tissus articulaires.
Il faut viser avant tout le but h atteindre ; or, dès que le but est changé, on doit nécessairement imprimer une autre direction à ses procédés opératoires*.
Nous nous sommes élevé en traitant des résections du membre supérieur, et principalement au sujet de la résection du coude, contre les opérations trop économiques qui ne pouvaient avoir d'autre résultat quel'ankylose, et nous avons montré à ce propos combien il était dangereux de se fier aux résultats immédiats, trop tôt publiés et regardés comme définitifs. Au membre inférieur, au contraire, nous nous rattacherons dans un grand nombre de cas à ces opérations économiques. Nous en serons d'autant plus partisan que, pour plusieurs articulations, l'ankylose entre les surfaces articulaires normales nous donnera des résultats orthopédiques meilleurs que ceux que la résection la mieux faite pourrait nous procurer dans les mêmes conditions.
La question de l'accroissement ultérieur des os ayant plus d'importance au membre inférieur qu'au membre supérieur, à cause des graves inconvénients fonctionnels qui résultent de l'inéo-alité des supports osseux dans la marche et la station, nous devrons nous régler sur d'autres considérations que pour le coude ou le poignet pour déterminer le mode d'excision ou de destruction des tissus malades et l'étendue de la résection.
i Nous continuerons h décrire sans nom d'auteur les procédés qui nous appartiennent et noi; a^,uteZs toujours le nom de l'auteur aux procédés qui auront été déjà proposes ou pratiqués par d'autres chirurgiene.