RKSECTIONS DES OS DE L'AVANT-PIED : MÉTATARSIENS; PHALANGES
iiienls dos mctafarsions oux-mômes, mais à dos arrêls do dcvelnppcnionl dos ortoils souvent très coiisidérahlos, de sorlo (|ue la forme du pied on est allôréo d'une manière très disgraoieuse. L'orleil est non sculeniont ou l'ccul sur les autres, mais il est plus petit, pâle, froid, atrophié on un mot. Si l'alléralion du cartilage épipliysaire so produit dans la proluière enfance, il peut en résulter à l'àgo adulte un retrait de l'orteil correspondant s élevant jusqu'à 5 et môme 4 ccntimètros. L'orteil atrophié, est cache et perdu, pour ainsi dire, entre les orteils voisins, Lo plus souvent il n'est pas douloureux; mais nous avons dû quelquefois en pratiquer l'amputation. Cet airèt de développement, inévitahle après les ostéites juxta-épiphysaires ou les opérations (évidemonts) qui ont détruit le cartilage de conjugaison, est un motif pour amputer délibérément, dès l'enfance, le métatarse et l'orteil correspondant dans les cas do désordres graves : lorsque par exemple l'ostéo-myélite du métatarsien s'accompagne de la suppuration de l'articulalion phalangienne. L'amputation immédiate est, en pareil cas, d'une sage prévoyance au point de vue esthétique.
Quand la lésion porte sur le cinquième métatarsien, le petit orteil forme un appendice flottant et atrophié contre la base du quatrième orteil. Quand c'est le premier métatarsien qui a été le siège de l'ostéile l'extrémité de l'orteil peut être en retrait de 2 centimètres. D'autre part, comme on peut le prévoir d'après notre théorie générale de l'accroissement pathologique, on observe quelquefois l'allongement des orteils par l'effet du développement hypertrophique du métatarsien correspondant. Le fait se produit lorsque l'ostéo-myélite s'est trouvée au degré voulu pour hyperplasier le cartilage de conjugaison et le rendre plus fécond.
B. — RIÎSECTIONS DES ARTICULATIONS TARSO-MÉTATARSIENNES.
Les bases de divers métatarsiens avaient été régulièrement excisées avec les os du tarse correspondants par Moreau, Champion et autres chirurgiens, mais, avant Michel', on n'avait pas donné de procédé pour réséquer méthodiquement et dans la mémo opération la base de tous les métatarsiens. En 186.5, lo chirurgien de Strasbourg proposa dans ce but quatre incisions antérp-postérieures : deux latérales, deux dorsales. De ces dernières, l'une passe sur la face supérieure du deuxième métatarsien et du deuxième cunéiforme, l'autre entre le troisième et le quatrième métatarsien. Ce sont à peu près les incisions que nous avons adoptées pour la tarsectomie antérieure totale; nous les faisons seulement plus en arrière et avec plus de soin pour ne point couper le pédieux; nous conservons de plus la gaine périosléo-capsulaire dont Michel ne s'était pas occupé.
1 Moussu; liéseclioii de iariic. larso-mélalarsienne. — Tliùse de Strasbourg, 1864.
En 1864, nous faisions par des incisions analogues une opération atypique portant sur la base des métatarsiens et la rangée des os du tarse. Nous enlevâmes avec la gouge tout ce qui était friable et ramolli, puis nous passâmes le fer ronge dans toute l'étendue de la plaie, d'un côté à l'autre. On voyait le jour à travers cette tunnellisation larsométalarsienne. Cetle opération a été rapportée dans notre Traité de la régénération des os (p. 275, t. Il) ; mais elle est plus intéressante aujourd'hui parce que nous pouvons dire ce qu'est devenue la malade. Elle avait 15 ans au moment de l'opération. Nous lui enlevâmes quelques mois après la presque tolalité du calcanéum. Elle a 41 ans aujourd'hui et se porte parfaitement bien. Elle marche sans appareil, n'a jamais plus souffert de son pied. Le tarse et le métatarse sont parfaitement rejoints et sans être ankylosés sont très solidement unis l'un à l'autre. La malade peut marcher, courir, et se tenir sur la pointe du pied, l'autre pied levé en l'air.
Nous avons refait depuis lors quatre fois la même opération; mais nous avons été dans un cas obligé d'amputer le pied peu de temps après, et le résultat d'un autre cas est resté inconnu. Nous craignons qu'il n'ait été mauvais. Le troisième et le quatrième cas eurent un résultat aussi bon que celui que nous avons rapporté.
En 1871, Watson (d'Edimbourg) fit connaître cinq cas de succès de cette opération qu'il pratiqua par deux grandes incisions latérales. Il enleva la base de tous les métatarsiens et tout le tarse antérieur. Un sixième cas se termina par l'amputation du pied.
Nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit à propos de la tarsectomie antérieure sur les indications de ces opérations et sur leurs conditions de succès. La résection simultanée de la base des métatarsiens n'en change pas le caractère. Il en résulte seulement un raccourcissement plus grand du pied.
Dans un cas récent de résection tarso-métatarsienne bornée au cuboïde et aux deux derniers métatarsiens, nous avons constaté une guérison rapide, mais il est resté des douleurs vives, et limitées à un point de l'avant-pied, que nous ne pouvons expliquer que par un névrome d'un des filets du nerf plantaire externe. Notre malade en souffrait encore cinq mois après l'opération, surtout dans certains mouvements pendant lesquels les métatarsiens encore mal fixés semblaient aller toucher le même point douloureux.
C. — DES RÉSECTIONS DES ORTEILS. — RÉSECTIONS ORTHOPÉDIQUES DU GROS ORTEIL ET