Sédillol, De l'évidement des os. — Paris
2. Desgrangos, Quels progrès la chirurgie doil-elle au périoste ? la Congrès médical de France. 1" session. , ,. ,
3. Indépendamment des discussions académiques et des polémiques de la presse medica^, on pourra se iairc une idée de l'étal des esprits à cette époque par la lecture du 2^'°"'^ " l'évidement, de Sodillot, et des Comptes rendus du Congres médical de Lyon de 1«0<-
4. Vidal (de Cassis) reproduisait bien dans sa Pathologie externe la conseil de Jln gaigne et Lisfranc, relatif à la conservation du péi'ioste, lorsqu'on opère sur la contuuiilo a un os
INTRODUCTION
et les attaches ligamenteuses sur les tètes osseuses. Non seulement on ne pensait pas à tirer parti de ces organes, mais, quand on s'en occupait, c'était pour recommander de les enlever complètement.
Qu'on ouvre les différents traités de médecine opératoire (Malgaigne, Lisfranc, Velpeau, Fergusson, Gunther), ceux plus récents de Chassaignac et d'Heyfelder, et l'on ne trouve nulle part l'indication d'une modification quelconque apportée au manuel opératoire dans le but de détacher intégralement et de protéger le gaine périostéo-capsulaire. Le mot n'existait pas, et l'idée n'apparaît nulle part. Ceux qui croyaient aux propriétés du périoste allaient, tout au plus, jusqu'à gratter un peu l'os avant de le réséquer. Baudens' recommandait de rabattre, comme un petit capuchon, sur la tête de l'humérus, les lambeaux de périoste conservés; et cependant, Baudens était peut-être, parmi les chirurgiens français de l'époque, celui qui se préoccupait le plus de tirer quelque parti du périoste dans ses résections.
Pendant qu'on discutait en France sur le principe de la méthode et sur la possibilité de son application, les résections avec conservation du périoste se répandaient dans les cliniques étrangères, et spécialement en Allemagne, où, grâce à l'impulsion de M. Langenbeck et de ses élèves , elles comptèrent bientôt de nombreux partisans. On essaya même, peu de temps après, de les appliquer à la chirurgie d'armée, et on publia, dès 1866, des faits qui paraissaient en leur faveur.
Malheureusement, en acceptant le nom et le principe de la méthode, on ne s'était pas bien rendu compte des modifications qu'elle devait apporter à l'ancien manuel opératoire. Les résections dites souspériostées, pratiquées lors de la guerre de Schleswig-Holstein, en 1864, avaient été faites par des procédés imparfaits. On paraît, du reste, s'être servi des mêmes procédés dans la guerre de 1870, durant laquelle on a pratiqué tant de résections. C'est seulement en 1875 que
long; mais il iijoutait immédiateineii' : « J'avoue que ce précepte est d'une subtilité d'exécution qui me laisse croire à une certaine ignorance des résections de la pari de ceux qui l'ont posé. » Traité de Pat/iolofjie externe et de Médecine opératoire. Tome V, cinquième édition. 1861, page 591.
1. Baudens, Mémoii'c sur la résection de la tôle de l'humérus, d'après un nouveau procédé opératoire, lu à l'Académie des Sciences, le 26 lévrier 18o,j, publié dans la Gazctlc médicale de Paris. 1855, p. 162.
Baudens décrit ainsi son procédé, en ce qui a rapport à la conservation du périoste :
« Quatrième temps : Par le fait de la section de ces quatre muscles (sus et sous-épineux, sous-scapulairc, petit rond), la capsule articulaire se trouvant elle-même largement ouverte, porter le coude en arrière et en haut, pour l'aire sortir, eu la luxant, la tête de l'humérus; respecter, si la lésion le permet, les attaches poslérieures du ligament capsulaire au col anatomique de l'humérus; détacher doucement le périoste, et faire g/issersous le col de l'humérus, comme un cordon, la scie articulée, afin de faire, autant que possible, une extirpation sous-périostée....
« Cinquième temps : Lier les vaisseaux; recouvrir, avec le périôste conservé, comme d'un petit capuchon, le bout supérieur de l'humérus.... »
HISTORIQUE DES RÉSECTIONS.
M. Langenbeck, ému par les nombreux insuccès obtenus par les chirurgiens allemands et dont on se servait pour battre en brèche la cause des résections, publia' des procédés analogues à ceux que nous avions indiqués depuis longtemps et fait connaître en détail six ans auparavant. Jusqu'au moment de la publication de notre livre, malgré les résultats si nets de nos expériences sur les conditions nécessaires à la reconstitution des articulations , les résections sous-périostées n'avaient pas été comprises, ni décrites comtne des opérations spéciales. On semblait ne pas se douter des modifications qu'il fallait apporter à l'ancien manuel opératoire, pour entrer dans l'esprit et réaliser les conditions de succès de la nouvelle méthode. Une résection sous-périostée n'était présentée que comme une résection ordinaire, dans laquelle on devait s'efforcer de conserver le périoste, si la chose était possible. On faisait ce qu'avaient fait Textor, Syme, Baudens, c'est-à-dire qu'après avoir découvert les os au moyen des incisions usuelles, sacrifié les muscles et tendons qui gênaient la manœuvre, ouvert transversalement et le plus" largement possible la capsule, on tâchait de conserver quelques lambeaux de périoste.
Malgré tout ce que nous avions écrit sur ce sujet depuis 1858, la conservation intégrale de la gaine périostéo-capsulaire n'était pas
1 . Archiv fiXr klimsche Chirurgie, lleber die Endresultale der Gelcnkreseclionm ini Krietje, von D''B von Langenbeck. Vorlrag gehalteii in der Z Silzung des II Congress des Deuslchen Gesellschafl fur Chirurgie, am 18 april 1875. Bd. XVI. Hcft, 2, 1874.
M. voa Langenbeck fut un des premiers chirurgiens qui attirèrent l'attention sur nos recherches, et qui essayèrent d'appliquer à la chirurgie les laits expérimentaux que nous venions de faire connaître. Dès 1859 (17 novembre), il essaya de relaire un nez avec un lambeau doublé de périoste, connue nous l'avions proposé en 1858. {Gas. Hebdom, 51 décembre.)
Mais en 1859 il ne croyait pas encore à la possibilité ou du moins à l'utilité des résections sous-périostées articulaires. « La conservation du périoste, disail-il, si toutefois elle est praticable, n'est pas admissible pour les résections articulaires, dès qu'on veut obtenir des articulations mobiles » et il ajoutait que ces opérations, suivant ses premières idées, ne lui avaient pas ot'Iert des conditions l'avorable.s, à cause de la minceur dn périoste normal. Voici du reste les propres paroles de von Langenbeck que nous empruntons à une ]eçon clinique publiée dans le Deutsche Klinik, n** 48, 26 nov., 1859, et reproduite dans divers journaux, en différentes langues, et entre autres dans V American Médical Moiithhj, avril, 4860, avec traduction revisée par le professeur Langenbeck lui-même (page 510). L'éminent chirurgien de Berlin s'exprime ainsi dans cette leçon : Bei der Reseciion der Gelenke ist die Erhallung des Periosls, soweit es erhalten luerden kô!inle,unziilâssig, sobald man ein bewcgliches Gclenk eratj-eben ivill. Dièse opcralionen boLcn uns nach unsercr bisherigen Auschauungs-weisc also kaum eine Veranlassung, die Erhallung des nichl verdickten, nornialen Periosis, zu versuchen (page 473).
« The préservation of the periosteum in the resection of joint?, is inadmissible, (so far as it can be preservod) in case we wish to obtain a niovablc joint. Thèse opérations according to our former idcas, offer no inducements for us lo try to préserve the normal, Ihin periosteum. » American Médirai MonUily, p. 244.
Comme on le voiî, M. Langenbeck parlait alors comme les adversaires des résections sousperiostées articulaires, et M. Sédillot lui-même ne s'exprimait guère autrement.
Nous avons cru devoir faire ces citations pour bien marquer l'état des esprits à ce moment, et éviter toute erreur à propos de l'origine des résections sous-périostées articulaires, telles que nous les avons comprises et décrites depuis 1858.
INTRODUCTION
indiquée comme le temps fondamental d'une résection articulaire ; elle était passée sous silence, ou à peine mentionnée, parles chirurgiens qui donnaient cependant à leurs résections le nom de sous-périostées. Or faire des résections articulaires sans se pénétrer de cette idée, c'était négliger ce qu'il y avait de plus important dans la méthode. Il était inutile d'en adopter le nom si l'on ne se conformait pas à ses principes.
Nous terminerons ici cette esquisse historique. Arrivé au point où nous en sommes, nous entrons dans le vif des questions actuelles, et nous aurons à les discuter longuement dans le cours de cet ouvrage. Nous avons eu pour but, dans cette introduction, de montrer comment s'était développée, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, l'idée des résections osseuses et articulaires, et par quels perfectionnements successifs elle était arrivée au point où nous la trouvons aujourd'hui. L'examen des opinions et des théories émises dans ces dernières années trouvera mieux sa place dans notre première partie qui sera consacrée aux généralités et aux questions doctrinales.
Les applications chirurgicales des données expérimentales avaient été longtemps contrariées, et retardées par cela même, par les complications des plaies, toujours à craindre dans les grands hôpitaux. Le perfectionnement des pansements antiseptiques et, en particulier, l'adoption du pansement de Lister, ont heureusement changé ces conditions. On obtient aujourd'hui sur l'homme, grâce à ces pansements, des résultats de plus en plus semblables à ceux qu'on observe sur les animaux plus plastiques et moins sujets aux suppurations infectieuses. Jusqu'à ces derniers temps, la suppuration du foyer de la résection et les inflammations des* tructives qui s'y développaient souvent, pouvaient compromettre et détruire même les résultats qu'on était en droit d'espérer. En nous permettant de faire valoir tous les avantages d'un procédé opératoire, et de lui faire rendre tout ce qu'il est susceptible de donner, la méthode des pansements antiseptiques a déjà rendu d'immenses services à la chirurgie. Elle sera dorénavant d'un grand secours pour le perfectionnement de certaines résections, que la crainte des accidents infectieux nous fait encore maintenir dans des limiter peut-être trop étroites. Grâce à ces pansements, les conditions opératoires sont tellement changées, que tous les anciens préceptes doivent être revisés ; les indications des résections ne peuvent plus être Comprises aujourd'hui, comme elles l'étaient, il y a peu de temps encore, alors que la crainte de l'ostéo- myélite traumatique paralysait la plupart des chirurgiens.
EXPÉRIENCES FONDAMENTALES