IIÉSECTIO.NS EN GÉNÉRAL
Les résections articulaires présentent des ditïérences importantes selon qu'on enlève l'articulation dans son entier ou en partie.
On donne le nom de résection totale à l'opération par laquelle on retranche toutes les extrémités osseuses qui, parleur rencontre, constituent l'articulation. Par opposition on 3i\^\^o\\g résection partielle celle dans laquelle on ne retranche qu'une partie de ces extrémités.
Tous les auteurs se sont jusqu'ici bornés à cette division, mais il nous paraît important de modifier à cet égard le langage usité.
Les résections dites partielles présentent deux catégories principales. Dans un cas, on enlève la totalité d'une des deux extrémités articulaires qui, par leur rencontre, constituent l'articulation ; dans l'autre, on n'enlève qu'une partie d'une de ces extrémités ou bien on entame les deux extrémités, sans enlever complètement l'une d élies. Dans le premier cas, on retranche complètement une des moitiés do l'articulation ; dans le second, on ne fait qu'entamer les extrémités osseuses et on laisse les surfaces articulaii es en rapport dans une partie de leur étendue.
Ce sont là deux opérations très différentes au point de vue du manuel opératoire d'abord, mais surtout au point de vue des résultats immédiats ou consécutifs. Dans le premier cas, l'articulation est largement ouverte. Si la plaie suppure, le pus s'écoule facilement et la plaie qui résulte de l'opération n'a plus les inconvénients des plaies articulaires. Dans le second cas, au contraire, si l'articulation est ouverte, elle l'est incomplètement, et comme les surfaces restent en contact sur une partie de leur étendue, les liquides septiques sont retenus; ils s'accumulent dans les culs de sac du côté opposé à la résection, et leur rétention peut donner lieu aux accidents les plus redoutables des arthrites suppurées. La première est une bonne opération ; la seconde est théoriquement défectueuse et pratiquement plus dangereuse que la première, bien que les pansements antiseptiques aient complètement changé son pronostic, comme nous le verrons plus tard. Il faut donc les distinguer. Si elles méritent à la rigueur toutes les deux le nom de résection partielle, nous donnerons le nom de résection semi-articulaire ou demiarticulaire à la résection dans laquelle on enlève la totalité d'une des extrémités osseuses qui forment l'articulation, c'est-à-dire dans laquelle on résèque totalement une des moitiés de l'articulation.
Nous réservons le nom de resection partielle ou incomplète^ à l'opération dans laquelle qn se contentera d'enlever une partie de l'une des . extrémités et même des deux extrémités osseuses qui constituent l'articulation.
Que la surface articulaire soit constituée par un seul os, comme à l extrémité inférieure de l'humérus, ou bien par deux os, comme à l'extrémité supérieure du radius et du cubitus, la règle ne change pas. La résection sera semi-articulaire, quand on enlèvera la totalité d'une des sur-
DÉFINITIONS ET DIVISIONS
faces opposées, qu'elles soient composées d'un os unique ou de deux os juxtaposés ^
Les résections articulaires présentent deux variétés importantes au point de vue de l'accroissement ultérieur de l'os. Suivant que la division de l'os se t'ait au-dessus ou au-dessous du cartilage de conjugaison, c'est-à-dire suivant que ce cartilage, organe de l'accroissement de l'os en longueur, est conservé ou enlevé, nous donnerons à l'opération le nom de résection intra-épiphijsaire ou celui de résection ultra-épiphijsaire. Dans celte dei'nière variété on sectionne l'os dans le diaphyse, plus ou moins loin du cartilage do conjugaison, mais ce cartilage est toujours sacrifié ; on peut aussi l'appeler résection juxia-épipinjsaire, parce qu'elle porte sur la partie renflée ou juxta-épiphysaire de la diaphyse. La présence et l'intégrité du cartilage de conjugaison, ayant, nous le répétons, une grande importance pour le résultat définitif de la résection, on doit toujours dans les observations indiquer où a passé le trait de scie ou la lame de couteau à résection.
Envisagées au point de vue de la lésion qui les nécessite, les résections doivent être divisées en diverses catégories :
Résections pour lésions traiimatiques : fractures comminutives, luxations compliquées ; plaies par armes à feu.
Résections pour lésions inflammatoires spontanées, aiguës ou chroniques : arthrites ou ostéo-arthrites suppurées, ostéites diverses, ostéites scrofuleuses ou tuberculeuses.
Résections pour lésions organiques ou néoplasmatiques : exostoses, chondrome, médullome, sarcome des os.
Ces trois catégories de résections ont pour but d'enlever une portion osseuse dont la présence est un danger pour l'organisme ; mais on peut aussi réséquer des portions d'os saines dans le but de redresser un membre ou de lui redonner sa mobilité. Dans ces résections, le rétablissement de la forme ou de la fonction étant le but principal que l'on poursuit, nous leur donnerons le nom de :
Résections orthopédiques ou Résections anaplastiques (Verncuil) : ankylosc, cal vicieux, courbures rachiliques, pseudarthrose, etc.
On peut réséquer ou enlever un os comme opération préliminaire pour aller à la recherche d'une tumeur; de là une cinquième catégorie de résections :
Résections d'un os sain comme temps préliminaire d'une autre
\. Ainsi la rcsettion de la tolalilé de l'cxtiémilé ai'liciilaiic inférieure de l'huinérns sci'a un" niscction semi-articulaire. Le même nom conviendinit à la réseclion de la lolalilc des extrémités articulaires réunies du radius et du cubitus. Mais la rcscclioii isolée d'un des condyles de l'Iuimcrus sera une résection partielle; et le iiiênie nom lui conviendra bien qu on résèque simultanément une portion du cubitus ou du radius. Tant qu'il restera en contact réciproque une portion des surlaces articulaires normales, la résection ne sera que partielle.
opération ou Résections préliminaires : résection du maxillaire supérieur pour l'ablation des fibromes naso-pharyngiens, résection de la douzième côte pour la néphrectomie.
On peut encore ajouter à cette nomenclature les résections appelées temporaires par Bœckel, et qui consistent dans l'écartement momentané d'une portion osseuse qu'on replace ensuite dans sa position première. Mais dans un langage rigoureux, cette opération n'est pas une résection, c'est une ostéotomie simple ou combinée. On ne retranche rien; on divise l'os, on l'éloigné de sa situation première et on le remet ensuite en place. Mais, quoiqu'il ne s'agisse pas d'une vraie résection, l'expression de Bœckel peut être conservée; elle est claire et s'applique à un objet parfaitement défini. S'agit-il d'enlever une tumeur profonde des fosses nasales, au lieu de réséquer le maxillaire pour se donner du jour, on le scie de manière à pouvoir le déplacer; on a soin de le laisser adhérent aux parties molles pour assurer sa vitalité. Le polype extirpé, on remet le maxillaire en place; et il n'y a pas de perte de substance. Logiquement cette opération est une ostéotomie dans le but d'éviter une résection. Nous désignerons cependant les opérations de ce genre sous le nom de résections temporaires ou ostéotomies suivies du replacement immédiat de la partie sectionnée.
Nous pouvons ajouter encore une septième classe de résections ; ce sont les opérations dans lesquelles on retranche une partie d'os, en la laissant se continuer avec l'organisme par les parties molles qui la recouvrent, pour la transportaer dans une autre région, dans un but autoplastique, c'est-à-dire dans le but de reconstituer la forme d'un organe. Nous aurons alors les résections ostéoplastiques ou résections suivies du transport de la partie osseuse sectionnée dans une autre région et dans un but autoplastique.
Ces deux dernières classes ne sont que des pseudo-résections, car le retranchement de la partie osseuse n'est pas un but, mais seulement un moyen de pratiquer une autre opération, d'ordre différent. Dans tous les cas, nous donnons au mot résection ostéoplastique une autre signification que Langenbeck et la plupart des auteurs allemands ; ce qu'ils ont décrit comme résection ostéoplastique n'est autre que ce que nous avons appelé, avec Bœckel, résection temporaire.
Nous aurons alors sept espèces de résections à but bien défini et à indications bien distinctes :
1. Résections pour lésions traninatiqucs. a. Résections ponr lésions inflammatoires.