‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 28 sur 103 · Moreau employait toujours le f^arrot dans ses rAaeclions · texte numérisé non relu

Moreau employait toujours le f^arrot dans ses rAaeclions

RÉSECTlOiNS EN GÉNÉRAL.

malade, et un certain agrément pour le chirurgien, d'opérer à sec; aussi ne faut-il pas hésiter à prohter de l'ischémie artificielle.

L'exsanguification du membre permet de mieux se rendre compte de la nature et du degré de l'altération osseuse, quand on a acquis une habitude suffisante dans l'observation des parties ischémiées. Les fongosités articulaires sont mieux appréciées dans leur structure que lorsqu'elles baignent dans le sang qui suinte de leurs capillaires. Observées à sec, elles laissent mieux voir les points en régression et les commencements de dépôts caséeux. Les tissus exsanguifiés ont une transparence que n'ont jamais les tissus parcourus par le sang.

On perd dans certains cas, nous le voulons bien, presque autant de sang, après l'enlèvement de la bande, qu'on en aurait perdu pendant l'opération ; mais on peut s'opposer, par différents moyens (élévation du membre, compression), à cette hémorrhagie consécutive, et on perd alors en moins tout le sang qui se serait écoulé pendant l'opération. Or, dans certaines opérations, la quantité de sang qui s'échappe des fongosités articulaires ou médullaires est quelquefois assez grande pour engager le chirurgien à se presser, à hâter la fin de l'opération. Avec la bande d'Esmarch, on n'a plus ce prétexte pour sacrifier le moindre temps de l'acte opératoire qui puisse avoir la plus petite utilité.

Tout est subordonné, du reste, à l'étal général du sujet; il est des cas dans lesquels la prolongation de l'acte opératoire peut avoir de graves inconvénients. Il faut alors aller vite et ne pas s'attarder dans des temps accessoires. Il en est des résections comme de toutes les opérations : on doit se hâter de finir dès que la prolongation de l'anesthésie, et la dépression vitale qui accompagne toute opération sanglante, font craindre une réaction difficile.

L'interruption de la circulation dans un membre qu'on résèque a encore une autre utilité. Elle empêche l'absorption des produits infectieux dans ces opérations longues et complexes que nécessitent souvent les ostéo-arthrites tuberculeuses. Dans la toilette de la synoviale, au moment de l'excision, du raclage et de l'abrasion des fongosités, on ouvre et l'on triture les espaces conjonctifs ou médullaires. Il y a donc là des conditions très favorables pour l'absorption des produits nuisibles, si la circulation continue.

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