Appareils à suspension; bandages à anse ou en pont
Il est très important de pouvoir suspendre les membres réséqués enveloppés dans des bandages, et de pouvoir les élever ou les incliner dans un sens ou dans l'autre, soit pour changer une position fatigante, soit pour faire écouler le pus, soit pour favoriser la circulation de retour. Aussi tous les chirurgiens qui pratiquent des résections se sont-ils ingéniés à imaginer des appareils propres à réaliser cette indication.
}. Ksmarch. Manuel de pansemeuls cl d'opérations. Trad. par Rouge.
Les gouttières on fil de fer, en tôle, etc., ont été pourvues des accessoires propres à les maintenir sur un plan plus élevé que le reste du corps, et à les hausser plus ou moins, au moyen de poulies placées au ■ ciel de lit ou au plafond.
Pour les membres inférieurs, on a imaginé des charpentes métalliques ou en bois, qu'on place sous les draps et qui servent à attacher les lacs ou les cordes qui supportent le membre. Des poulies, des anneaux adaptés à ces charpentes permettent de faire glisser les cordes sans secousse, et de changer, si besoin est, l'inclinaison du membre.
Rien de si facile que d'appliquer la suspension aux bandages ou gouttières, plâtrés ou silicatés. On n'a qu'à leur incorporer des attelles en fd de fer grillagé (Bonnet) ou Lien les attelles analogues, faites en gros lil de fer ou de zinc, et connues sous le nom d'attelles de Smith, de Watson, d'Esraarch.
Un moyen très simple qui permet non seulement de soulever, mais d'incliner le membre dans toutes les directions, c'est d'incorporer dans le bandage de petits anneaux de rideaux ou de simples ganses en ruban de fil, qu'on dispose tout le long du bandage sur deux lignes parallèles, et par paires, sur un même plan transversal.
Ces anneaux sont destinés à recevoir les crochets qui terminent les cordes à suspension qu'on attache au ciel du lit. Quand on veut soulever le membre, on n'a qu'à relever le coulant qui glisse sur la corde. On peut amsi le suspendre en l'inclinant dans la direction que l'on veut, grâce à la multiplication des points d'insertion des crochets.
Lorsqu'il s'agit de suspendre des appareils à attelle postérieure ou à tourreau, des sangles, élastiques ou résistantes, se prêtent à toutes les combmaisons voulues.
Quant au fenêlrage des appareils plâtrés ou silicatés que certaines attelles spéciales ont pour but de favoriser, on peut l'opérer selon toutes les exigences de la pratique, si l'on.a soin d'incorporer dans le bandage des bandelettes de tôle, de bois flexible, ou des attelles de fil de fer griUaoé Avec les bandelettes de tôle flexible qui se moulent sans effort survie bandage, on établit la charpente de la fenêtre qu'on ouvrira plus tard. En augmentant le nombre ou la force des attelles au niveau des points qui doivent être la clef de voûteMu bandage, on peut avoir tous les effets qu on ob .eut avec des attelles plus compliquées. Au coude, par exemple, on peut decouvrn- complètement la région de l'articulation, et maintenir solidaires les parties brachiale et antibrachiale du bandage, au moyen , '"^'"" r très étroit constitué par une attelle de tôle. Dans c cas ou 1 ou peut prévoir la nécessité de découvrir ainsi l'articulation, Mui placer une de ces attelles métalliques en avant, et l'autre eu ar- I p/nn r X dernière pour l'éloigner des chairs.
Les poitions brachiale et antibrachiale du bandage, ainsi maintenues par
une attelle antérieure et une autre postérieure, restent toujours solidaires, quelle que soit la perte de substance qu'on fasse subir à la coque silicatée. Ces bandages en ponf: ou à anse peuvent être très utiles au genou, au cou-de-pied, etc., mais nous devons ajouter qu'avec le panse- • ment de Lister nous ne nous en servons pour ainsi dire plus. Tout se trouve simplifié avec les pansemenls antiseptiques.
4. Appareils ariiculi's : à coulisse, à charnière, à roue dentée.
On se sert, dans certains cas, des appareils à coulisse. Ce sont des attelles en plusieurs pièces, qui peuvent glisser l'une sur l'autre de manière à allonger ou à raccourcir l'appareil et à l'adapter aux diverses tailles. Le plus connu est celui de Mac-Intyre pour les résections du membre inférieur. 11 se compose essentiellement de deux attelles métalliques, glissant l'une dans l'autre, et s' adaptant à la face postérieure du membre. A la partie inférieure de cette attelle à coulisse est adaptée une pièce qui s'articule a angle droit, et qui est destinée à recevoir et à maintenir la plante du pied. Cette pièce podale peut également glisser dans une rainure. De simples gouttières en bois ou en métal, avec pièce podale mobile, rendront les mêmes services dans les résections des membres inférieurs.
On se sert aussi de gouttières et d'attelles articulées, pouvant s'adapter aux diverses positions des articulations. Mais sans avoir recours à des appareils spéciaux, on peut articuler les appareils inamovibles, en les assouplissant au niveau des articulations ou en les mâchant avec un sécateur, sans interrompre leur continuité. Cet affaiblissement du bandage, suivant une ligne circulaire, sans interruption de sa contmuite, suffit pour imprimer quelques petits mouvements au membre résèque.
Le moyen le plus commode pour changer la position et miprimer des mouvements à l'articulation, c'est d'incorporer des compas ou charmeres de Blanc', dans le bandage aux deux extrémités du diamètre transversal de l'articulation, de manière que l'axe des mouvements.du bandage corresponde à celui de l'articulation normale. Nous nous servons, depuis le début de notre pratique, de ces compas incorporés dans les bandages inamovibles, et nous en avons obtenu de boys effets après les resections
du coude. i i i
Si l'on veut seulement changer la position du membre et non le mobiliser, on met, d'un côté, un compas simple, et de l'autre, un compas a roue dentée. Avec une clef, on tourne la roue, et l'autre compas smt le mouvement,
l.Ces'charnières ou compas ont été introduits vers 1859 ^^^^^^^Z T,i f.,i,rimtit d'instruments d'orlhopédic a Lyoïi, le même qui avait consiuui . fefa;V«;dirf m^emenl de Bonnel Us on? été préconisés eu Allemagne par C. Heine,
ea 1772.
Les appareils à charnières simples sont surtoul utiles au coude, et ceux à charnières réglées par une roue dentée, aux articulations pour lesquelles on cherche l'ankylosc (genou) ou qui ont déjà suhi une déviation anormale. On les redresse comme dans les ankyloses fibreuses ordinaires.