‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 40 sur 103 · Appareils imperméables pour la balnéalion · texte numérisé non relu

Appareils imperméables pour la balnéalion

On a cherché à rendre les appareils imperméables et indestructibles à l'eau, pour pouvoir traiter les membres opérés par la balnéation. prolongée ou continue. Langenbeck, qui a le premier préconisé ce moyen, enduisait les bandages plâtrés d'une solution alcoolique de résine de Dammar. Plus tard, on s'est servi de bandages en ciment au lieu de plâtre, et on a eu recours à différentes sortes d'enduits imperméables (vernis, caoutchouc dissous dans le sulfure de carbone, etc.).

L'inconvénient des bains avec des bandages inamovibles à fourreau enveloppant, c'est de laisser entre la peau et la paroi interne du plâtre une humidité qu'on ne peut pas faire disparaître. Il vaut mieux donner ces bains avec des attelles plâtrées, rendues imperméables par une couche de vernis, ou bien avec des attelles de gutta-percha qu'on peut enlever et remplacer facilement après l'immersion dans l'eau. Ces attelles en guttapercha sont de beaucoup préférables aux attelles plâtrées vernissées ; dans ces dernières, l'enduit se fendille, et l'eau, pénétrant à travers les fissures, ramollit le plâtre et lui enlève toute sa solidité.

Avec le pansement de Lister et l'occlusion inamovible, les bains prolongés ont rarement des indications dans les résections ordinaires. Nous les avons cependant employés, avec des résultats très satisfaisants, dans certaines fractures compliquées de l'avant-bras, produites par des coups de feu ou autres traumatismes violents, et déjà infectées au moment de notre premier examen. Nous nous sommes servis de bains continus dans l'huile ou l'eau phéniquées (solution aqueuse à 1 pour cent) et, dans un cas de broiement du cubitus, le malade a pu rester dans le bain pendant vm^t-huit jours. Les bains phéniqués à eau courante nous paraissent un des meilleurs préservatifs de la gangrène septique dans les fractures compliquées, accompagnées de contusions profondes des tissus.

6. Différences générales des appareils de contention au membre supérieur et au membre inférieur.

La question des appareils est beaucoup plus simple au membre supérieur qu'au membre inférieur. Des appareils légers peuvent parlaiteraent mamtenir le coude et le poignet, et même l'épaule, tout en permettant au malade de marcher et de se promener. Au membre

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inférieur, il en est tout, autrement ; les résections du genou et de la hanche présentent souvent de véritables difficultés, et exigent le séjour prolongé du malade au lit, ou au moins dans la position horizontale.

Pour éviter cet inconvénient, il faut se servir de grandes gouttières, recevant la totalité du corps, de la tête aux pieds, et permettant de transporter sans secousses le malade d'un lieu à un autre, et de le faire vivre une partie de la journée en plein air.

Nous plaçons les opérés de la hanche, et quelquefois ceux du genou, dans de grandes gouttières, plus grandes que les gouttières de Bonnet, et qui sont de véritables lits portatifs. Pour la résection de la hanche, ces gouttières permettent l'extension continue du membre pendant les déplacements du malade. Pour les résections du genou, elles procurent une immobilité complète, grâce à la réception de la totalité du corps dans l'appareil.

Les gouttières primitivès de Bonnet ne montaient que jusqu'à la région dorsale, et laissaient la lête et les épaules en dehors. Les nôtres comprennent tout le corps, n'exigent aucun effort du malade dans les divers déplacements qu'on lui fait subir. Chez les enfants surtout, et non seulement pour les résections, mais pour toutes les coxalgies, elles nous rendent chaque jour les plus grands services. Une poignée placée à chaque extrémité permet de transporter le malade avec la plus grande facilité, et sans lui occasionner le moindre ébranlement.

Les malades sont mis dans la gouttière avec leur articulation déjà immobilisée par l'attelle plâtrée (attelle en T pour la hanche, gouttière postérieure avec ou sans attelle antérieure pour le genou), et sont alors doublement garantis contre les mouvements. On ne fait pas l'extension avec les poids pendant le jour ; on la pratique avec une bande de caoutchouc tendue et fixée, d'une part, à un étrier de diachylum et, de l'autre, à la tige transversale fixée à la partie podale de la gouttière. En permettant l'extension, cette tige sert en même temps de moyen de consolidation pour les parties inférieures de l'appareil.

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