Traité exp. et clin, de la régénération des os, t. IL
TRAITlîMENT POST-OPÉRATOIRE DES RÉSECTIONS.
On ne saurait trop insister sur ces recommandations, relatives à la position du membre, auprès des chirurgiens qui n'ont pas l'habitude dos résections. C'est, nous le répétons, dans les arthrites anciennes avec délormation des membres et brides cicatricielles, dues à d'anciennes suppurations, que l'on doit se méfier des dangers du redressement forcé.
Le pansement de Lister, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, a diminué l'importance antiphlogistique des appareils immobilisants; on n'a pas, en effet, besoin de cette immobilité rigoureuse, si nécessaire pour limiter l'inflammation dans une plaie qui suppure. Mais ce pansement n'a rien changé relativement à l'utilité des appareils contentifs. Au point de vue orthopédique et fonctionnel, qu'on veuille obtenir une ankylose ou une articulation mobile, il faut maintenir les .extrémités osseuses en rapport: en rapport fixe et permanent si l'on cherche la soudure osseuse ; en rapport plus ou moins interrompu par les exercices de mobilisation méthodique, si l'on veut une articulation mobile.
Si l'on néglige les appareils contentifs, sous prétexte que l'inflammation n'est plus à craindre, on s'expose à des déviations irrémédiables par la contraction insensible et progressive des muscles, par les déplacements dus à la pesanteur et favorisés par l'insuffisance des ligaments actifs et passifs de l'articulation en voie de reconstitution.
Les os tendent à s'abandonner, à glisser l'un sur l'autre, sous l'influence des deux causes que nous venons d'indiquer, comme dans toutes les fractures, du reste ; et, si l'on laisse ces déplacements se produire, on se trouvera au bout de quelques jours dans l'impossibilité de les réduire, car les tissus relâchés se seront rétractés, auront acquis une nouvelle consistance, et ne se laisseront plus assouplir.
§ III. — Rétablissement de la mobilité dans les articulations réséquées.
Des moyens de rétablir les mouvements dans les arliculations réséquées. — Mobilisation active P"^'.'''*^- — Nécessité d'une mobilisation hâtive: ses règles; ses avantages, ses dangers. — U. lerence d action entre les mouvements actifs et les mouvements passifs. - Traitement des articulations deja enraidies ; dangers du brisemeul forcé.
La prolongation de la période d'immobilité est le principal moyen de lavoriser la consolidation osseuse et la formation des résistances passives de la nouvelle articulation. Mais si l'immobilité est absolue, si on ne laisse pas certams mouvements actifs s'accomplir, l'alropliie musculaire ne lai qu augmenter; et si l'on gagne un élément de solidité, on en perd un autre, car le rôle des muscles est de la plus grande importance pour la reconstitution et la régularisation de la nouvelle articulation. Us doivent en constituer les ligaments actifs et, par cela même, maintenir les os
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dans les rapports les plus avantageux pour les mouvements physiologiques.
C'est ici qu'il est bon de se rappeler les conditions de la régénération osseuse ; l'abondance des produits ossifiables qui suivent les résections sous-périostées de l'enfance ; la diminution de ces produits, à mesure qu'on avance en âge, à partir de l'achèvement de la croissance ; le retour des propriétés ostéogéniques dans le périoste des os enflammés.
A. — Des moyens de prévenir l'ankylose après les résections. — Mobilisation