Lyon médical, 1881, n<»5 et
temps iipi'ès, me donner des renseignements sur ses anlécédenls, ce qu'il n'avait pu l'aire avant l'opération. La mémoire, comme l'intelligence, avaient donc profité de l'intervention chirurgicale. »
Deux mois après, guérison de la plaie. Durcissement de plus en plus marqué de la cicatrice ; l'ermelure de la plaie crânienne par une paroi résistante. Trois ans et demi après, en explorant le siège de la portion osseuse enlevée, on constatait une résistance dure, osseuse et dans laquelle une épingle très forte ne pouvait pénétrer. La percussion laite en frappant avec l'index, rend un son identique avec celui (jue produisent les points voisins.
Cet opéré mourut peu de temps après, à l'âge de 7(5 ans. M. Masson put recueillir la pièce; elle est représentée dans la figure 114.
Fig. 114. — Reproduction de la voûte crânienne sur un homme de 75 ans. Un fragment de 10 centimètres de long sur 7 de large avait été enlevé.
La ptaco occupée par l'os nouveau nn esL indiquée dans la figure, comme sur la pièce qu'elle représente, par une ligne simieuse qui délimite tui csjiaco iiréguliéremenl quadrilatéral dans lequel l'os est plus inégal. En avant, il y n un espace vide que l'ossification nouvelle n'a pas comblé. Sur la partie réossifi'ée, ou dislingue les sutures qui sont plus droites que les sutures normales. — Les lettres SN indiquent les sutures nouvelles ironto-pariélalos et bi-pariétale
■ —Les mêmes lettres placées en bas de l.i ligure répondent par erreur à une suture normale. — SF.P. Suture fronto-pariétalc normale.
Aulopsie du crime opéré. — A l'aulopsie on constate (jue la perte de substance osseuse avait été comblée par de l'os nouvellement formé, résistant, épais, mamelonné à sa surlace. Il n'y a qu'un espace de trois cciitimèlres carrés, situé en avant, où l'os faisant défaut est remplacé par une membrane libicu.'-c.
PROCESSUS UÉPAlliVTEUllS. IIÉUÉNÉUATION OSSEUSE.
(Juoiquc d'aspect niamelonnc, cette substance osseuse nouvelle n'est pas aussi épaisse que l'ancienne, surtout au centre; à la face externe du crâne, on distingue parlaitenient ses limites, mais à la l'ace interne, c'est beaucoup plus dilllcile et il n'est pas possible de reconnaître où s'est arrêtée la porte de substance.
Les sutures bi-pariélale et IVonto-pariétale se continuent dans la portion nouvelle ; mais elles présenlent ce caractère déjà signalé par M. Ollier dans ses expériences : elles sont plus droites, moins sinueuses que les sutures normales.
Le péricràne et la dure-mère adhèrent et se confondent au niveau de la perforation antérieure, là où a manqué la régénération osseuse; la dure-mère est plus épaisse qu'à l'état normal et est adhérente au niveau de la région opérée. Au niveau de la perforation elle présente deux petits noyaux osseux isolés.
« Ce fait, dit M. Masson, nous parait intéressant à cause des dimensions inusitées de la portion enlevée, et bien qu'on ait observé des nécroses étendues à la suite des dénudations de la surface externe de la boîte crânienne, et qu'on ait enlevé souvent de larges plaques osseuses détachées par la suppuration dans des cas de nécrose syphilitique, on a eu, croyons-nous, rarement l'occasion d'intervenir dans des cas semblables au nôtre et d'enlever des portions d'os aussi considérables.
Ce qui augmente encore l'intérêt, c'est l'abondance de la masse osseuse nouvelle et la perfection de la réparation chez un homme qui a dépassé l'âge des réparations osseuses. Il est vrai qu'on avait affaire ici à un périoste préparé par l'inflammation et ayant retrouvé, par cela même, les propriétés du périoste jeune. »
En raison de l'importance de cette observntion et du degré exceptionnel de la réparation osseuse, nous aurions voulu rendre la démonstration plus complète en reproduisant, à côté de l'os réparé, les portions osseuses enlevées ; malheureusement elles avaient été égarées pendant l'opération; mais les détails donnés par l'observateur relativement aux battements du cerveau, nous montrent bien qu'il y a eu là ablation de toute l'épaisseur de la Yoùte crânienne.
C'est la dure-mère qui paraît avoir joué le principal rôle dans cette réparation. Le fait doit d'autant moins nous surprendre que l'on obtient plus de tissu osseux par la transplantation de la dure-mère que par la ti^ansplantation du péricràne. Dans le cas présent, les propriétés ostéogéniques de ces différents tissus avaient été préparées et réveillées par une inûammation sourde qui avait débuté, depuis de longues années, à la suite de deux traumatismes successifs.