PROCESSUS RÉPARATEURS APRI^S L'ARRASION ET I/ÉVI DEMENT
OS ou ne détruisent qu'une partie du tissu spongieux, se réparent comme toutes les plaies osseuses, c'est-à-dire par le bourgeonnement des éléments cellulaires de la paroi limitante. La moelle joue le principal rôle; le périoste qui, dans la majorité des cas, ne constitue qu'une petite partie de la paroi, ne peut avoir qu'une importance secondaire dans la réplétion de la cavité osseuse, qu'elle soit creusée uniquement par la gouge ou agrandie par des cautérisations successives.
A. PROCESSUS RÉPARATEURS APRÈS l' ABRASION ET l/ÉVIDEMENT DÉS OS. LENTEUR DE LA
RÉPARATION APRÈS l'ÉVIDEJIENT DES OS RARÉFIÉS. — RÉPLÉTION DE LA CAYITÉ PAR UNE MOELLE GÉLATINEUSE OU SCLÉREUSE. — DES CAUSES QUI s'oPPOSENT A LA CICATRISATION DES PLAIES d'ÉVIDEMENT ET DES MOÏENS d'y REMÉDIER.
Le mode de réparation de ces pertes de substance, périphériques ou centrales, est très simple. De tous les orifices vasculaires de la plaie osseuse, c'est-à-dire de tous les canaux de Havers ou de toutes les aréoles du tissu spongieux, s'élèvent des granulations d'origine médullaire. Ces granulations, d'abord isolées, se réunissent bientôt de manière à former une couche continue, en masses plus ou moins épaisses. C'est dans ces granulations que se forment des ostéoplastes, mais la néoformation osseuse n'est pas abondante en général ; quand on a raclé profondément, c'est-à-dire jusqu'au delà de la couche compacte, un os avec une rugine, il reste toujours une dépression à ce niveau.
Si le périoste a été conservé et réappUqué sur l'os, il contribue à combler cette perte de substance : on constate tout autour de la plaie, sur les limites de l'abrasion, un bourrelet plus ou moins saillant, dû à l'hyperplasie des éléments sous-périostiques qui n'ont pas été intéressés directement par l'opération.
Ce bourrelet périphérique se forme toujours, du reste, que le périoste ait été conservé ou enlevé au niveau de la plaie. Dans ce dernier cas, son absence fait paraître plus profonde la dépression qui existe au niveau de la partie abrasée.
Lorsqu'on a évidé l'os, c'est-à-dire enlevé le tissu spongieux central, la réparation se fait de la même manière. De tous les points de la paroi de la cavité s'élèvent des granulations qui végètent plus ou moins rapidement et qui finissent par combler la perte de substance. Ces granulations se transforment d'abord en une masse molle, puis en un tissu consistant, plus ou moins dur, plus ou moins homogène, tantôt scléreux seulement, tantôt parsemé de masses d'aspect chondroïde. Dans les cas favorables, ce tissu peut finir par s'ossilier. Mais cette ossification est toujours lente et tardive, lorsqu'elle se produit toutefois.
Si la réparation est relativement rapide dans les cavités séquestrales déjà délimitées par une paroi de tissu sain, elle est lente et douteuse
37 RÉSECTIONS EN GÉNÉRAL.
lorsqu'il s'agit d'un tissu atteint d'ostéite raréfiante, sans processus plastiques délimitants. Une cavité de 2 à 5 centimètres de diamètre, creusée dans un calcanéum ou une tête osseuse chez un sujet tuberculeux, pourra mettre des années à se combler d'un tissu qui restera indéfiniment fibreux.
Ce qui explique la lenteur de réparation de ces cavités, c'est, outre la faible plasticité du sujet, le mode même de cicatrisation. Les parois osseuses sont généralement indépressibles; elles ne peuvent se rapprocher que d'une manière insensible et très lente ; ce sont les granulations médullaires qui doivent faire tous les frais de la cicatrisation \
Le périoste ne prend pas part et ne peut pas contribuer à la réparation de ces cavités creusées dans les os; aussi n'avons-nous jamais pu bien comprendre le qualificatif de sous-périoslé que Sédillot avait ajouté au mot « évidement. » Une opération qui se passe dans la profondeur de l'os se passe nécessairement sous le périoste, mais ne mérite pas pour cela le qualificatif de sous-périostée.
Le périoste n'a aucun rapport, excepté par ses bords, avec la plaie osseuse. Il pourrait tout au plus envoyer par ces bords quelques granulations ossifiables dans la cavité. Irrité par le fait du creusement de l'os, participant toujours aux irritations de la moelle, il ne reste pas inactif; il donne lieu à la formation d'une couche osseuse sous-périostique autour de l'os ancien, mais cette couche ne peut rien faire pour la réplétion de la cavité et pour la réparation de la plaie d'évidement. Elle peut augmenter le volume de l'os, et non diminuer la cavité qu'il s'agit de combler.
Si l'on réduisait l'os à une couche extrêmement mince, cette couche pourrait se médulliser, ou se nécroser, et laisser alors au périoste, rendu souple par la disparition de sa couche de soutien, le soin de combler la cavité ; mais cet amincissement de l'os et sa résorption consécutive qui ont fait partie des premières conceptions théoriques de Sédillot% ne figurent plus dans le dernier exposé des idées de ce chirurgien éminent'', et ne se retrouvent pas dans sa pratique, comme on peut s'en convaincre en lisant les observations qu'il a publiées.
L'amincissement des os, dans le but de faire résorber toute la substance
1. Ce n'est que chez l'enfant que les parois des cavités osseuses peuvent éprouver une rétraction appréciable pendant la cicatrisation de la plaie. Indépendamment de la, souplesse plus n-rande du tissu osseux, il faut tenir compte de la résorption incessante des couches profondes pendant In période d'accroissement. Cette résorption, activée par la méduilisatioii qu'a provoquée l'irritation traumatique, diminue la solidité des couches sous-périostiques les plus récentes et leur permet de subir un certain degré de rétraclion concentrique, sous l'inlluence combinée des pressions extérieures et de la rétractilité du tissu cicatriciel central. Chez l'adulte, des cavités osseuses normales, privées de leur contenu (orbite, après l'extirpation de l'œil), éprouvent bien une rétraction concentrique, mais ce n'est qu'au bout d'un temps plus long que la diminution de capacité est appréciable à la vue.