‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 59 sur 103 · Voici comment il s'exprime : q · texte numérisé non relu

Voici comment il s'exprime : q

<i Je puis donc conclure, et ma conclusion sera très légitime (Edition latine de 1775, p. 87), que rien n'est plus utile pour faire régénérer un nouvel os que la destruction de la moelle. De celte observation seule découleront, je l'espère, cent applications utiles pour la classe nombreuse des maladies des os et en particulier pour le spina-ventosa et la carie.

« Ne pourrait-on pas, par exemple, après l'amputation de la cuisse au-dessus du genou, dans les cas de carie profonde et incurable s'étendant jusqu'à l'extrémité supérieure de l'os, détruire la moelle par le procédé que j'ai employé sur les pigeons? Il n'y a d'autre espoir de salut, puisqu'on ne peut encore amputer le fémurj dans l'articulation coxo-fémorale, que dans la récénération d'un nouvel os autour de l'ancien, et dans l'extraction de celui-ci.

« C'est là une chose ardue mais non impossible. Et ne pourrait-on pas, par des moyens plus commodes, détruire la moelle dans l'humérus, le cubitus et le tibia, en conservant le membre et en pénétrant dans l'os au moyen de perforations par lesquelles on introduirait des instruments courbes et flexiblos? Par ce moyen, l'os étant régénéré, il ne serait pas très difficile d'extraire l'ancien os du nouveau, comme du reste Scultet l'a déjà fait. »

Nous ne savons si Troja a donné suite à cette idée et exécuté sur l'homme quelque opération semblable; mais nous en douions fort, car dans une deuxième édition de son ouvrage, oubliée en italien, et dont nous devons l'obligeante communication à M. Palasciano, de Naples, il n'est plus question de ces propositions. Troja avait été probablement effrayé de la gravité de cette opération sur les animaux. Il avait vu mourir tous les chiens auxquels il la pratiquait. (Esverienze intorno alla rigenerazionc délie os«a. Napoli, 1770) .

Une troisième édition, que nous n'avons pu consulter, a clé publiée eu 1814.

l'KOGESSUS RÉPARATEURS Al'RÈS L'ABRASION ET L'ÉVIDEMENT. 383

Celte opération serait, en effet, d'une telle gravité sur l'homme que, malgré ses avantages théoriques, nous n'y avons jamais eu recours, et nous ne l'emploierons jamais sur de grands os ayant encore leur moelle. Nous avions observé autrefois, après des broiements et des destructions de la moelle centrale des os longs, des morts rapides que nous rapportions à une septicémie suraiguë', mais que nous croyons devoir attribuer aujourd'hui, après les expériences de Busch, Déjcrine, etc., à l'embolie graisseuse. Les exemples de cet accident observés sur l'homme après de simples fractures, et surtout après des fractures comminulives, doivent fa u-e redouter toute destruction mécanique de la moelle et, d'une manière générale, toute opération qui contusionne ce tissu. Nous n'avons donc pu étudier ce processus qu'après des cautérisations complémentaires de l'évidement, pratiquées dans le but de hâter la guérison de l'os.

Nous avons ainsi, au tibia, au calcanéum, détruit plusieurs fois avec la pâte de Canquoin des étendues plus ou moins grandes de substance osseuse, et nous avons pu alors vérifier ce que nos expériences nous avaient démontré, c'est-à-dire la fécondité de cette irritation indirecte du périoste. Là où cette membrane avait été irritée à travers la couche osseuse cautérisée, on constatait, avant le détachement du séquestre, une ossification périphérique très abondante, tandis que les autres parties de la gaîne, qui avaient été spontanément ou artificiellement détachées de l'os, avaient des propriétés ossifiantes variables, mais dans tous les cas moins énergiques.

1. Traité expérimental et clinique de la régénération des os, l. I, p. 151. Nous avions constaté, chez certains animaux (mouton, cheval, etc.), des cas de mort très rapide après le broiement de la moelle. Les animaux succombaient sans présenter de troubles Jocaux appréciables. Nous avions signalé alors la moindre gravité de cette opération chez les animaux jeunes que chez les animaux vieux; chez ceux qui ont la moelle encore rose que chez ceux qui ont la moelle déjà grasse. La gravite était en raison de la graisse contenue dans le tissu médullaire.

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