‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 76 sur 103 · lUmtr. lied. Zeil. 2, 1852, cl Dcul.ek kl„nl · texte numérisé non relu

lUmtr. lied. Zeil. 2, 1852, cl Dcul.ek kl„nl

DES RÉSECTIONS ORTHOPÉDIQUES. 515

visagée avec suspicion par tous les chirurgiens d'hôpitaux préoccupés des dangers de la pyohémio.

Déjà à cette époque cependant, on avait divisé les os à travers une petite ouverture de la peau : Jules Guérin^ avait redressé des courbures rachitiques en sectionnant l'os avec un fort ténotome,- introduit par une petite ouverture. Quelque temps après (1854)', Langenbeckpratiqua l'ostéotomie sous-cutanée avec la scie de Larrey (ce qiic Meyer avait déjà fait, du reste, en 1851), et la proposa comme méthode générale. L'opération n'était malheureusement pas tout à fait dans les conditions des incisions sous-cutanées : les mouvements de va-et-vient de la scie favorisaient l'entrée de l'air; les parties molles étaient plus ou moins déchirées, malgré l'habileté de l'opérateur; la poussière de la scie constituait un corps étranger difficilement absorbable, et la suppuration survenait toujours plus ou moins.

Aussi les résections orthopédiques n'ont-elles pu prendre leur essor que lorsque le pansement de Lister et la méthode antiseptique sont venus nous démontrer qu'on faisait courir moins de danger en mettant les os a découvert dans un milieu aseptique, pour les diviser et les exciser, qu en les sciant dans le fond d'un trajet sous-cutané.

A partir de ce moment, les ostéotomies et les résections orthopédiques ont été appliquées à toutes les difformités du squelette. Elles sont devenues des opérations journalières et même trop facilement pratiquées par quelques chirurgiens qui, se fiant à l'inocuité habituelle de la méthode, se lassent un peu trop vite d'employer les moyens plus lents mais encore plus inoffensifs de l'orthopédie ancienne, pour le pied-bot, par exemple. Autrefois il était rare qu'un chirurgien déclarât un pied-bot d'enfant, ou même d'adolescent, au-dessus des ressources de 1 art : aujourd'hui ces cas paraissent abonder, à en juger par le dire des chirurgiens qui déclarent, dans toutes leurs observations n arriver a l'ablation du tarse que lorsqu'ils ont reconnu l'impuissance des méthodes usuelles. Mais, quel que soit l'abus qu'on ait pu laire, dans certains cas, des résections orthopédiques, ces opérations représentent une des plus belles conquêtes de la chirurgie moderne (.race a la méthode sous-périostée, dont elles doivent particulièrement

dc\\tfiZL"ttZit^ l'-<lminislration 1848 - CeUe oZ ' « '"^^ ''•«^'««««'* orthopédù,r,es de M. le doclcur Jules Guérin.

<l' xécuS pir un ; 'T r''-'''" '"""P^ "f"'^^^' '^'^ Walgaignc proposait

section d'^n .^^i^^^'t'^T" ' "u '■'':!-""""'" I"*^ j'''' P^P"^'"' P"'"' la d'acier sur leauci oâ Tnn . '"d.spcnsablc, d'introdiure par une plaie étroite un ciseau

0^01 de - r o^^^^ ''^P'"'"'^' P"'"- ''^P'' l'exposer au

bénéficier, elles nous permettent de réparer des difformités réputées

jusqu'ici incurables.

Une fois le danger opératoire éloigné par l'antisepsie, les difformités constituent pour les résections un excellent terrain : on n'a pas à se préoccuper des états diathésiques qui compromettent si souvent les résultats des résections pathologiques; on n'a pas à compter avec les désordres graves des tissus qui augmentent le danger des résections traumatiques après les plaies par armes à feu. On peut donc mieux calculer les résultats de son intervention et tirer d'un procède opératoire ce qu'il est susceptible de donner. Il y a moins d'nnprévu que dans les autres résections ; on choisit son moment; on prépare son terrain, et l'application des données physiologiques conduit à des résultats plus certains. Dans la détermination de la partie à retrancher, on n'a que rarement à s'inquiéter des limites de l'altération de l'os et des dangers de la récidive de la maladie primitive. Dans la plupart des cas on se laisse uniquement guider par l'intérêt orthopédique; c'est-à-dire qu'on sculpte l'os, qu'on le découpe et qu'on le façonne pour Un donner la forme la plus appropriée aux fonctions qu'on veut lui faire remplir. De là des procédés nombreux et spéciaux en rapport avec les effets variés qu'on se propose d'obtenir. Mais si le procédé a une grande importance dans cette catégorie de résections, il faut qu'il soit réglé par une connaissance parfaite de la physiologie du tissu osseux. Sans ces notions physiologiques, on est exposé à faire de la menuiserie chirurgicale ; l'art se rapetisse et devient dangereux. Nous rapprocherons des résections orthopédiques» les autres catégo-

1. Il est important, pour éviter toute confusion, de préciser la signification des résections que nous. x^pehJorlhopédùjues ou orthomorphigues et qui correspondent aux rescctons anaplastiques de Yerneuil. Ce sont, avons-nous dit, des rcsecUons desUuees a rend. e a un membre, ou à une portion quelconque du corps, sa forme ou ses foncfons.

Récemment encore quelques clnrurgiens, suivant 1 exen.ple de Langenbeck et B.llrolh Yolker entre autres [Osleoplaslischc Resection des Ellenbogengelcnkes, m Dents. Ze lsc. /u ctr Jl%m) O U apielé résections ostéoplastiques les opérations qui "e sont que des rZc Zs lemporaircs ln rentrent dans les résections ortiwpédujues En sectionnaul 1 ole- ZnfPluL à la recberche de quelques esquilles, f ensui.e la luxa ion e ^ ronéralion par la suture de lolécrane, on ne fait pas de 1 ostéoplastie on f.n une lescaion emuoraiœ de l'olécrane. On corrige la forme du coude, il est vrai, et on lu. rend ses fonctions ; Son en fai autant en réduisant avec des mouilles ou autrement une luxation aiic.e.ine, S "amais on n'a songé à ranger celte réduction de luxation parmi les operaUons osteoplasl.-

"■""sn-on veut donner au mot ostéoplastie un sens logique et éviter toute confusion, il faut le r s "o po r les opérations dans lesquelles on refait une colonne ou une cl-pente osseus le réserver po F de toulcs pièces ou emprunte aux régions to.si.ics. Lu

uL l W te de 0. momenlanéinenl écartés, on ne fait pas plus une opération autoremetlant a leui P''>î=';;'^^ °; ji^iséc pour lexlirpatiou d'une tumeur pro-

f"I''^7erc"Sn; pe^v oui: c^tre critiquées' même celles qui sont les plus nalu-

londe. Les t nss.( calions peu ^. .^^ ^^^.^^^^^ distincts; mais

ro^ù S ,:!n\ue d'î -^îh-, il faut quelles servent à mettre de l'ordre dans les idées et non à apporter de la confusion.

DES RÉSECTIONS ORTHOPÉDIQUES. 51 7

ries de résections qui se pratiquent sur des os sains et que nous avons désignées sous les noms de réscciions préliminaires; résections temporaires, et résections ostéoplastiqiies.

Nous rappellerons que les premières sont entreprises dans le but de découvrir une tumeur masquée par un os, et d'une manière plus générale, dans le but de servir de temps préliminaire à une autre opération (résection du maxillaire pour l'extirpation d'un fibrome naso-pbaryngien, trépanation du crâne dans les cas de lésions cérébrales). Ces résections préliminaires constituent de véritables résections. Mais les deux autres variétés sont des pseudo-résections, puisqu'on n'enlève pas d'os. On les déplace seulement : momentanément dans le premier cas (résection temporaire), pour les remettre en place une fois l'opération terminée ; et dans le second, pour les replacer ailleurs dans un but anaplastiquê (résection ostéoplastique). L'abaissement du nez est un exemple de la première ; la reconstitution du nez par des lambeaux osseux empruntés aux régions voisines est un type de la seconde. Nous examinerons successivement ces quatre espèces de résections :

Page 1