‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 83 sur 103 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

DES RÉSECTIONS PRÉLIIVJINAIRES

Olj DES hÉSËCTlONS d'uNE PORTION OSSEUSE SAINE, DANS LE BUT DE POUR PRATIQUER UNE AUTRE OPERATION.

Le type le plus connu de ces opérations préliminaires, c'est l'ablation ou la résection du maxillaire supérieur pour aller à la recherche d'un fibrome naso-pharyngien ; mais de tout temps on a foit des résections

1 Deux ans après la nublicalion de noire Traité de la régénéra lion des os, von Lan- ^enbcck proposa d appUqucr la môme idée à la chirurgie Km«A:/,«/-<er* L.^.^e;.-

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DKS RÉSECTIONS PRriîLlMINAIRES. 565

de ce genre. Quand on a applique une couronne de trépan pour aller ;i la recherche d'un épanchenient sanguin ou d'un abcès du cerveau, on a enlevé une portion osseuse saine pour piatiquer l'opération principale : on a donc fait une résection préliminaire. Quand on a trépané l'os iliaque au niveau du point où l'on supposait logée une halle qui avait pénétré dans le bassin, on a fait aussi une opération préliminaire. On devrait même ranger sous ce chef les résections des parois des cavités séquestrales pour aller à la recherche d'une nécrose invaginée,

Ce qui caractérise ces opérations et les distingue de celles dont nous nous occuperons dans les sections suivantes, c'est qu'on enlève définitivement l'os; on le résèque, on l'extirpe, et il reste une perte de subslance osseuse, définitive si l'on a enlevé le périoste, temporaire si l'on a mis le périoste à même de la réparer.

C'est dire qu'il faut faire ces opérations d'après les principes rigoureux de la méthode sous-périostée, à moins qu'on ne veuille conserver une ouverture permanente, soit pour surveiller une région profonde, soit pour établir une voie d'écoulement des liquides.

Les chances de reproduction seront subordonnées aux conditions que nous avons déjà souvent examinées, et en particulier à l'âge des sujets.

Dans un cas où nous avions enlevé, chez un jeune homme de dixsept ans, la presque totalité du maxillaire pour extirper un polype naso-pharyngien qui avait déjà récidivé plusieurs fois, nous avons constaté, quelques années après, la reconstitution de l'os sous forme d'un arc osseux très solide, s 'étendant de l'os malaire à l'apophyse montante et à la voûte palatine.

Le polype ayant récidivé encore, nous fûmes obligé de refaire une opération préliminaire; et à la difficulté que nous eûmes à couper cet arc osseux avec de fortes cisailles, ainsi qu'à l'aspect du tissu sectionné, nous pûmes nous convaincre de la réalité de l'ossification.

Mais, dans la seconde opération, nous n'avons pas enlevé l'os nouveau ; nous l'avons sectionné en deux points et nous l'avons relevé en haut avec la peau de la joue. L'extirpation du polype terminée, nous avons remis en place le lambeau ostéo-cutané, qui s'est parfaitement ressoudé dans toutes ses parties.

iNous avions ainsi remplacé une résection préliminaire par une double ostéotomie qui constituait une résection temporaire.

C'est dans ce sens qu'il faut agir, du reste, à la face en particulier, là où les os déterminent par leurs saillies la forme du visage. Il ne faut pas les sacrifier, il faut seulement les écarter et les remettre ensuite en place. Dans le cas particulier de tumeurs profondes de la cavité nasopharyngicnne, on doit abandonner de plus en plus l'ablation définitive du maxillaire, c'est-à-dire la résection préliminaire, et la remplacer par

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les oslcotomies nasale ou naso-maxillairc qui donnent tout le jour suffisant.

SECTION m

DES RÉSECTIONS TEMPORAIRES

où DE l'ÉCARTEMENT MOMENTANÉ d'UNE l'AKTlE OSSEUSE, SOIT PAR l'oSTÉOTOMIE SIMPLE, SOIT PAR DES SECTIONS COMBINÉES.

Ces opérations, nous l'avons déjà dit, ne sont pas des résections à proprement parler, puisqu'on n'enlève rien. Elles consistent seulement dans des ostéotomies simples où combinées. Elles ont été désignées par E. Bœckel sous le nom de résections temporaires, et nous ne voyons aucun inconvénient à conserver cette expression qui est très claire par elle-même. Le qualificatif explique suffisamment le but : on détache momentanément une portion d'os, qu'on remet ensuite en place lorsque l'opération est terminée.

Ce sont des opérations destinées à remplacer les résections préliminaires étudiées dans la section précédente. Elles ont le même but : Faciliter une autre opération en lui ouvrant une voie d'approche suffisamment large. Mais elles ont un avantage que n'ont pas les vraies résections : elles permettent le replacement dans la plaie de la portion osseuse momentanément séparée du reste du squelette. Ce sont ces opérations que les chirurgiens allemands avaient appelées irrégulièrement résections osléoplastiques ; mais nous réservons ce nom aux opérations qui ont pour but de faire de l'ostéoplastie véritable, c'està-dire de reconstituer un os ou de refaire une charpente osseuse avec des matériaux nouveaux, et non pas avec les diverses parties de cet os qu'on a simplement écartées un moment pour les réunir ensuite

Ces résections temporaires ont été appliquées surtout à la face, pour aller à la recherche des tumeurs profondes. Sédillot avait déjà fait, avant 1855, la section du maxillaire inférieur pour enlever les tumeurs de la langue; mais ces opérations ne furent multipliées et constituées en méthode qu'après nos expériences sur les greffes osseuses et périostiques. Ce fut Langenbeck^ qui appliqua le premier, en 1859, soif pour la restauration du nez, soit pour les résections temporaires, les faits que nous venions d'observer chez les animaux, et dont nous avions indiqué déjà les applications à l'ostéoplastie-. L'habile chi-

■1. Deutsche Klini/i, 1859, n-> 48, 20 novembre.

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