Gazette hebdomadain, 1858, 11° 52, 51 décemlipe
DES RfiSRCïIONS TKMPOllMRES.
rurgien de Berlin écarta l'os propre du nez ot l'apophyse raonlanle pour découvrir une tumeur des fosses nasales. Huguier déplaça la moitié inférieure du maxillaire supérieur pour pouvoir extirper un polype nasopharyngien. Billroth détacha la partie latérale du maxillaire inférieur pour enlever une tumeur du plancher de la l)Ouche. Nous proposâmes ensuite l'abaissement du nez (ostéotomie nasale et naso-maxillaire) pour enlever les polypes naso-pharyngiens. Chassaignac avait déjà eu l'idée de détacher le nez transversalement, mais en sacrifiant les os propres qu'il enlevait du lambeau nasal ; il ne faisait donc pas une résection temporaire, mais une véritable résection préliminaire.
La règle fondamentale de ces opérations doit être d'isoler le moins possible, de ses parties molles périphériques, l'os qu'on veut replacer; c'est là le moyen de faire réussir la soudure de l'os, et de prévenir les nécroses auxquelles expose la dénudalion du tissu osseux lorsque la plaie s'enflamme.
Les ostéotomies simples, linéaires, à une seule incision, qui mériteraient moins encore le nom de résection dans une classification riaroureuse, sont les plus faciles à exécuter et les plus favorables pour la cicatrisation de la plaie osseuse.
Quant aux rëseclions temporaires par sections osseuses multiples ou ostéotomies combinées, il faut se préoccuper d'abord de la soudure du lambeau osseux et puis de sa nutrition ultérieure. Quand on déplace le maxillaire supérieur, on sectionne et on distend les nerfs qui président à sa nutrition, et il est à craindre que des troubles trophiques ne surviennent ultérieurement. Ce sont, du reste, des opérations laborieuses, qui font des désordres profonds, très étendus, malgré l'ingéniosité des procédés opératoires. Sans les rejeter absolument, nous avons cherché à les remplacer par des ostéotomies simples, mais plus étendues. L'opération est alors plus rapide, plus facile et plus innocente, malgré la déformation effrayante qu'elle produit momentanément; mais, une fois le lambeau remis à sa place, la difformité se réduit à une incision linéaire (voy. Résections du maxillaire supérieur).
L'opération qui mériterait mieux encore le nom de résection temporaire, c'est celle qui consiste à réintégrer, en sa place normale, un morceau d'os quia été momentanément séparé de toutes ses connexions : une couronne de trépan, par exemple.
Cette réimplantation d'un fragment osseux complètement séparé n'est pas une ostéoplastie, d'après le sens que nous avons attaché à ce mot. On remet à sa place normale une portion d'os, mais on ne refait pas de toutes pièces un organe, comme dans les véritables opérations anaplastiques. C'est une résection, puisqu'on retranche une portion d'os, et une résection temporaire, puisqu'on replace tout de suite l'os enlevé dans sa position première.
nï^SECTIONS EN GÉNÉRAL.
Ces lenlalivcs avaient clé déjà faites autrefois par Ph. do Wallher, Wiossmann, Flourens, etc., mais on était resté indécis sur la réalité de la greffe. Nous l'avons démontrée chez le chien, mais nous en avons indiqué les dangers dans les trépanations du crâne ^ et, comme l'avantage qu'on peut en retirer n'est pas très grand, nous avons été peu tenté de nous exposer, chez l'homme, à ses inconvénients. Avec l'antisepsie le succès ne peut pas être mis en doute; mais il est inutile de laisser, au voisinage du cerveau, un tissu qui peut être l'occasion d'inflammations de voisinage ou tout au moins d'irritations dangereuses. Macewen a récemment pratiqué plusieurs fois cette opération (voy. Résections du crâne).