‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource]Chapitre 91 sur 103 · GUERIS · texte numérisé non relu

GUERIS

t- O OJ

1. Sur ces six, trois sont morts qui figurent déjà dans lu précédente colonne comme niorls de la résection.

Sur ces 274 résections totales ou semi-articulaires des six grandes articulations des membres, 28 ont été pratiquées pour des lésions trau-

1. Nous avons fait depuis lors 20 nouvelles résections des grandes articulations : 10 du coude, 1 de l'épaule, 1 du poignet, 5 du cou-de-pied, 5 de la lianchc, ce qui porte à 294 le nombre total des résection.s que nous aurions pu faire iigurer dans notre tableau. Mais les résultats de ces dernières opérations, dont aucune n'a été suivie de mort, ne changent pas les conclusions générales que nous allons tirer des fails consignés dans cetableau, et qui doivent à

SUITES ÊLOinNÉES ET RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES RÉSECTIONS G29

matiques primitives et 246 pour des lésions pathologiques ou des difformités ; la pluspart pour des suppurations tuberculeuses. Pour ne pas multiplier les divisions, nous nous contenterons pour le moment de ces deux catégories, bien qu'il y ait de très-grandes différences, au point de vue de la gravité, entre certaines résections pathologiques et les résections orthopédiques.

La mortalité générale pour toutes ces résections, comprenant la mortalité par complications imputables à l'opération elle-même, la mortalité par continuation de l'affection primitive et la mortalité par maladie intercurrente survenue avant la guérison complète delà plaie de résec-

tion est de 51.02.

Cette mortalité générale se divise ainsi :

Mortalité opératoire 15,15 pour 100,

Mortalité par continuation de l'affection

primitive 15,15 —

Mortalité par maladies intercurrentes. . 4,75 —

En comptant seulement les résections pour lésions spontanées, nous trouvons une mortalité générale de 28,4 pour 100, tandis que les cas traumatiques nous ont donné une mortalité de 51,8 pour 100.

La proportion des diverses causes de mort devient alors la suivante :

Pour les cas spontanés :

Mortalité opératoire 10,1 pour 100.

Mortalité par continuation de l'affection

primitive 14,6 —

Mortalité par maladies intercurrentes. . 4,06 —

Pour les cas traumafiqucs, nous trouvons :

Mortalité opératoire » . . . . 40,7 pour 100.

Mortalité par maladies intercurrentes (variole, diarrhée) 11,1 —

Mais ces résections se rapportent en grande partie à la période antérieure à la méthode antiseptique, et c'est ce qui explique cette grande mortalité.

Si nous mettons à part, en effet, celles qui ont été pratiquées de 18G1 à 1877, et qui sont au nombre de 108, nous trouvons 44 morts, dont 25 par accidents imputables à l'opération, soit :

Une mortalité générale de. . . . 40,7 pour 100. — opératoire de. . . . 25,5 —

leur nncienneté même d'être plus complets et plus probauts. Le seul changement que nous aurions à signaler serait une diminution de la mortalité opcraloire, qui tombe de 4,8 pour 100 à 8 morts sur 186 opérations.

630 RESECTIONS EN GÉNÉRAL.

Si nous faisons le même calcul pour les résections pratiquées du V' décembre 1877 au 1" décembre 1884 nous trouvons, sur 166 résections, 59 morts, dont 8 seulement par accidents opératoires (intoxication phéniquée) ou complications post-opératoires imputables à l'opération (érysipèle et autres accidents septiques), soit :

Une mortalité générale de 23,4 pour 100.

— opératoire de 4,8 —

La différence est très grande, on le voit. La mortalité opératoire pour toutes les résections réunies, s'est abaissée de 25,5 à 4,8 dans la deuxième série, et cependant nous avons pratiqué dans cette seconde série beaucoup plus de résections des membres inférieurs (hanche, genou, cou-de-pied) que dans la première. Nous ferons remarquer encore que, dans les trois dernières années, depuis le l"' décembre 1881, nous n'avons perdu de complications septiques aucun des opérés qui figurent dans le précédent tableau et qui sont au nombre de 87 ^

Cette différence énorme entre nos premières opérations et celles de ces dernières années est due à la méthode antiseptique qui a fait disparaître ou considérablement réduit les affections infectieuses qui. autrefois, enlevaient près du quart de nos opérés. Si' nous voulions séparer les cas simples des cas compliqués, nous verrions que la mortalité est à peu près nulle pour les premiers. Mais il est inutile de nous étendre plus longuement sur les changements opérés par la méthode antiseptique au point de vue des accidents immédiats ; ils sont partout proclamés et reconnus. Ce qu'il y a de plus intéressant à connaître et de plus difficile à déterminer, c'est l'influence de la méthode antiseptique sur la mortalité secondaire des résections, c'est-à-dire sur la marche de la lésion initiale qui a nécessité l'opération et qui amène souvent la mort à une période plus ou moins éloignée, mais avant la guérison complète de la plaie opératoire.

Or, en comparant les deux périodes que nous avons déjà mises en parallèle, nous trouvons que la mortalité par continuation de la lésion initiale ou par affection intercurrente s'est un peu abaissée depuis la méthode antiseptique. Dans notre première série, celle mortalité était de 20 pour 100; dans la seconde, elle est descendue à 18 pour 100. C'est peu, sans doute, mais nous croyons qu'en réalité cet abaissement

1 Sauf un vieillard de 79 ans, atteint d'une luxation compliquée du eou-de-pied, pour laquelle nous pratiquâmes la résection des extrémités arliculaircs du tibia et du péroné luxées, fracturées connu inutivemenl et souillées par des corps étrans,'ers. Le sujet était cai diaquc et alliéromalcux et ne voulut pas se laisser amputer. Il mourut 5 jours après raccidcnt, avec une tonipérnlurc élevée que l'anlisepjie ne put prévenir. Il n'y eut p;is de pus ni de gangrène dans sn plaie. Nous ne pûmes faire l'autopsie.

SUITES ÉLOIGNÉES ET RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES RÉSECTIONS. (i51 do la mortalité est plus considérable que ne nous l'indiquent les calculs que nous avons pu faire sur les résections groupées dans notre tableau et qui ne sont pas exactement comparables à ce point de vue.

Avant d'aller plus loin, nous devons rappeler les résultats obtenus dans les grandes statistiques qui ont été publiées.

Dans la statistique de Culbertson, les résultats sont les suivants pour les résections pathologiques :

La mortalité a été de: 18,26 sur 100 pour l'épaule.

— 10,87 — ■ pour le coude.

— 11,76 — pour le poignet.

— 45,07 — pour la hanche.

— 29,81 — pour le genou.

— 8,54 — pour le cou-de-pied.

Et, comme mortalité générale pour les six grandes articulations, 26,32 pour 100.

Si maintenant nous consultons la statistique d'Otis pour la mortalité générale des résections après les fractures par armes de guerre, nous trouvons une moyenne de 27,6 pour 100 pour toutes les résections réunies. Mais en éliminant les résections diaphysaires, pour ne faire entrer en ligne de compte que les résections des six grandes articulations des membres, la mortalité s'élève à 33,2 pour 100.

Statistique de 4,656 résections des extrémités (Otis, chap. xii, p. 875).

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