MODE
DE TriAlTEMEiNT
Nombre de cas
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Si l'on réunit ensemble les extrémités supérieures et les extrémités inférieures, on voit que la mortalité générale pour 100 est de 17,9 pour la conservation, de 27,5 pour la résection etde 25,8 pour l'amputation.
Quelque amélioration qu'on soit fondé à espérer pour l'avenir dans les résultats des résections, nous croyons que l'avantage restera toujours à l'amputation pour certaines régions, car si l'antisepsie a diminué le danger des résections, elle a atténué d'autant la gravité des amputations. Dans la chirurgie d'armée surtout, la résection aura une infériorité à cause de la longueur du traitement et des soins particuliers qu'il exige.
m RÉSKCTIONS EN GÉNÉRÀL.
Quelque partisan que nous soyons aujourd'hui de la résection du genou chez les sujets de 15 à 50 ans, dans les cas que nous déterminerons plus tard, nous croyons toujours que cette dernière opération est plus grave que l'amputation de la cuisse au-dessus des condylcs*.
Mais, dans les cas favorables, la différence est trop peu considérable pour servir d'argument contre ia résection du genou, quand on se trouve en présence d'un sujet qui veut conserver son membre et qui préfère courir quelques chances de mort plutôt que de vivre mutilé.
Les amputations de la jambe et de l'avant-bras paraissent aussi moins dangereuses que les résections du cou-de-pied et du poignet, et cependant quand nous examinons nos dernières séries d'opérations, nous trouvons 18 résections du poignet avec 1 seul insuccès par compUcations post-opératoires et une série aussi heureuse de résections tibio-tarsiennes. Mais si la mortalité immédiate est réduite à un chiffre insignifiant par les pansements antiseptiques, il reste toujours en faveur de l'amputationla rapidité delaguérison et une action curative plus efficace contre les formes graves de la tuberculose. De là des considérations multiples qui nous détermineront à réséquer ou à amputer dans un cas donné.
Il faut toujours, on le voit, en venir à la discussion des indications, et se méfier des chiffres que le hasard de la série peut rendre plus ou moins favorables dans une statistique limitée, et qui risquent de porter sur des unités disparates dans les grandes statistiques formées avec des éléments recueillis un peu partout.
1. Malgré toutes les combinaisons de la statistique, la résection du genou a été toujours plus grave que l'amputation de la cuisse au-dessus des condyles. En comparant autrefois les résultats de la résection du genou, en Angleterre, aux résultats de l'amputation de la cuisse dans les hôpitaux français, on trouvait toujours un avantage en faveur de la résection du genou : mortalité de 27,6 pour 100 (Price), de 29,7 (Lelbrt),de 50,7 (Penières) pour la résection du genou, contre 52 pour 100 (Trélat) et 62 (Malgaigne) pour l'amputation de la cuisse. Mais Bryant a publié une statistique des amputations de cuisse pour tumeur blanche du genou dans laquelle il arrivait à une mortalité de 16 pour 1 00 seulement, bien avant qu'il fût question du pansement de Lister. Nous reprendrons cette question à propos des résections du genou. Pour le moment, nous dirons seulement que, depuis la méthode autiseptique, nous avons eu des résultats à peu près équivalents, eu égard à la mortalité, pour la résection du genou et l'amputation de la cuisse. Mais nous devons faire remarquer que nous avions réservé l'amputation de la cuisse pour les cas les plus o-raves.Dans ces trois dernières années, depuisje 1" décembre 1881 jusqu'au!" décembre 1884° nous avons fait 10 résections du genou et 11 amputations de cuisse. ÎSous avons eu 2 morts par la résection du genou et autant par l'amputation de la cuisse, en faisant figurer dans les deux séries un même malade qui avait d'abord été réséqué du genou et qui mourut ensuite après avoir été amputé. En réalité, dans cette heureuse série, comprenant les cas les plus divers nous n'avons eu que 3 morts sur 20 opérés. En se basant sur celte statistique, on pourrait en' conclure que le danger est à peu près le même après ces deux opérations; mais oumd on a suivi les malades de près'et qu'on a pu se rendre compte des circonstances particulières de la maladie, on n'hésite pas à considérer l'amputation de la cuisse comme moms n-rave Pour le cas qui n'a été amputé qu'après l'insuccès de la résection du genou, nous croyons Qu'une amputation immédiate, avant toute tentative de résection, eût été suivie d un rapide succès Avant la méthode antiseptique, nous avions eu de très mauvais résultats de a résection du genou, 1 succès sur 7, tandis que, dans les mêmes conditions, nous avions plus de la moitié do gucrisons par l'amputation de la cuisre.
SUITES ÉLOIGNÉES ET RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES RÉSECTIONS. m
— Des résultats généraux des résections au point de vue orthopédique
et fonctionnel.
Si la détermination de la mortalité qui suit l'ensemble des résections dans les diverses régions du corps est une question sans portée, l'application des chiffres à l'appréciation de l'utilité des membres réséqués serait un problème puéril et bon tout au plus à tenter un calculateur oisif. On a cherché cependant, en se basant sur les résultats fournis par les résections dans la chirurgie d'armée, et considérés par cela même comme plus rigoureusement comparables, à apprécier l'ensemble des services déjà rendus par ces opérations conservatrices; mais il y a tant de différence entre les diverses résections qu'un pareil calcul ne peut avoir aucune utilité pratique.
Rien n'est si diflicile, du reste, que de comparer entre eux les résultats particuliers des diverses résections signalés par les différents observateurs. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, il y a, indépendamment de la variété des cas, des causes d'erreurs inévitables qui tiennent à l'absence de précision dans l'indication des résultats obtenus. On ne saurait trop se méfier de ces appréciations sommaires par lesquelles on résume souvent le résultat d'une résection, et qui peuvent entretenir dans l'esprit du lecteur de singulières illusions. Que tirer, en effet, d'une observation dans laquelle l'auteur se contente de dire: membre utile; guérison parfaite; bon usage du membre?
On se déclare souvent très satisfait parce qu'un opéré, réséqué du coude ou de l'épaule, a pu se servir de son membre pour faire tant bien que mal son travail habituel et reprendre sa vie active. Ce sont des résultats excellents sans doute en eux-mêmes, et d'un prix inestimable pour le malade qui, après une amputation, eût été obligé de renoncer à tout travail ou de changer de profession. Mais, au fond, cela ne nous permet pas d'analyser la force réelle et le mode de fonctionnement du membre, car on voit quelquefois des réséqués arriver par des artifices à un résultat utile, malgré un membre très imparfait et un résultat opératoire que nous ne devons pas hésiter à qualifier de mauvais.
Ainsi, dans la série des faits rapportés par Hannover*, on trouve deux réséqués de l'épaule (les deux plus favorisés de la série) pouvant : l'un labourer (obs. IV l'autre tenir les rênes et conduire des chevaux (obs. XV '), et cependant la lecture complète de l'observation nous montre
1. Fcrnere MiUheilungen ûber das Endresullal dcr Resectionen im Kriege, 18G4, in Dànischcn Armée, in Medic. Jahrbuch. 1875.
2. Jens Kirkcby INielsen Jlogclung, ruséqiic de l'cpaulc droite.