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POSITION DU MALADE

Une position unique et exclusive n'est pas nécessaire. Il faut savoir explorer dans diverses attitudes. A la rigueur on pourrait le faire le sujet étant debout. Mais comme on trouvera partout et toujours le moyen de le faire coucher ou asseoir, il vaut mieux choisir une de ces deux positions dans lesquelles le malade est plus relâché, plus passif et oppose au passage de l'instrument moins de résistance involontaire.

Uattitude couchée est excellente. Le sujet est placé horizontalement sur un lit un peu dur, ou une chaise longue, les jambes légèrement écartées : ses muscles seront dans la résolution, comme s'il dormait. Pour cela il respirera largement, la bouche entr'ouverte, en évitant de regarder la main de l'opérateur qui pourrait l'impressionner et le faire se contracter malgré lui.

Certains chirurgiens soulèvent le siège du malade à l'aide d'un coussin sous les fesses. Cette pratique, qui facilite beaucoup l'exploration de la vessie, nous paraît inutile dans celle de l'urèthre. Elle cause au patient une certaine gêne qui le fait se raidir involontairement.

Il existe divers modèles de fauteuils destinés à recevoir le sujet qu'on va explorer. L'un des plus connus, le fauteuil à bascule, a 1 mconvénient d'effrayer beaucoup le malade qui se trouve tout à coup rejeté en arrière et soulevé horizontalement. Je connais des personnes qui ont été littéralement terrorisées dès la séance d'exploration et à qui le fauteuil à bascule a enlevé toute envie de subir le traitement.

La posUiun assise est excellente. Elle a l'avantage de ne nécessiter qu'un fauteuil un peu bas, et à dossier renversé en arrière. Le malade s'y place dans la position qu'il prendrait pour s'endormir. Il est alors couché dans une direction oblique. Ses fesses • reposent sur le bord antérieur du siège, ses membres inférieurs sont naturellement allongés, ses épaules appuient sur le haut du dossier. Ses reins sont séparés par un intervalle de l'angle dièdre que forment la partie horizontale et la partie verticale du fauteuil.

est bon de combler cet espace avec un petit coussin, de façon

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que la région lombo-dorsalc porte sur un plan résistant. Celte situation ne devient i'atigante que pour les cuisses et les jambes qui n'appuient pas sur uno surface ; à la longue, l'articulation du genou en extension dans le vide est le siège d'une légère soulfrance. Mais jamais la séance ne se prolonge assez pour permettre ce résultat.

Depuis plusieurs années je me sers d'un fauteuil spécial auquel j ai cherché à donner la plus grande simplicité possible, tout en lui demandant du confortable pour le malade et de la commodité pour l'opérateur.

Fiii

Vôici la description de cet appareil :

Il se compose : , , t -i ■

1" D'une partie horizontale, ou siège (A), sorte de tabouret elevo de 0'" 80 au-dessus du sol et porté sur des pieds divergents adn de donner une large base d'appui. Le siège a 0"',50 de largeur, et 0'",22 de profondeur. A droite et à gauche une po/gnee est iixee sur son bord libre ;

2» D'un dossier (B) articulé à l'aide d'une charnière (1) avec le siège, et pouvant se rabattre horizontalement ou s'élever vertica-

lement. Une glissière (2) est destinée à le maintenir dans telle position qu'on veut lui donner. Un coussin (3! termine en haut le dossier qui a même largeur que le siège, et dont la longueur est de 0'",75;

3" D'un plan d'appui pour les cuisses (C) articulé avec le siège (4) et pouvant se rabattre ou s'élever par le moyen d'une autre glissière (5). Ce plan d'appui a même largeur que le reste du meuble. Sa longueur est de 0°\27. Ses deux angles libres sont fortement échancrés, en forme de quart de cercle. Ces écbancrures sont distantes l'une de l'autre de 0°',16-

La description qui précède lait comprendre le fonctionnement de l'appareil. On peut donner au dossier et au plan d'appui telle inclinaison que l'on veut. En les plaçant horizontalement on en fait une table.

Pour les manœuvres uréthrales il faut les mettre dans une position intei^médiaire à l'horizontale et à la verticale. Le dossier et le plan d'appui doivent être parallèles.

L'appareil est à la hauteur de la main de l'opérateur. C'est dire que pour s'y asseoir l'aide d'un tabouret (D) est nécessaire. Celui que j'emploie est à trois marches, dont chacune a une hauteui- de O^jlS. Sa base est large et il peut être relié au fauteuil à l'aide de deux tringles (6) qui l'empêchent de s'en écarter.

Terminons enfin cette description en disant qu'au-dessous du siège existe une sorte de caisse (7) limitée par des panneaux se fixant aux pieds et dans laquelle on peut serrer des instruments. Cette caisse s'ouvre de chaque côté par une porte qui se rabat horizontalement en formant une tablette à la portée de la main de l'opérateur.

En faisant adapter au-dessous des poignées du siège des pédales à glissière on peut donner à l'appareil un double emploi et en faire un lit à spéculum. Pour s'en servir on n'a qu'à rabattre complètement le plan d'appui des cuisses et abaisser un peu le dossier.

Le malade monte sur la première marche du tabouret. Il s'asseoit sur le siège. Ses cuisses portent sur le plan d'appui, et les échancrures les forcent à s'écarter légèrement l'une de l'autre. Ses jambes sont pendantes et ses pieds reposent naturellement sur la seconde marche du tabouret.

On fait alors pencher le sujet en arrière, de façon que sa tête s'appuie sur le coussin. Ses mains qui continuellement ont tendance à venir gêner l'opérateur, et que le malade ne sait où placer, saisissent naturellement les poignées latérales du siège et lui fournissent un point d'appui. Dans cette situation le patient

RÉTRÉCISSEMENTS DE l'uRÈTHRE

est mieux que dans un "lit. Tous les points du corps portent, et aucun n'éprouve de fatigue. L'urèthre est complètement à portée de la main de l'opérateur qui peut l'aire le tour de son malade, se placer du côté qu'il désire ou en face si cela lui convient mieux.

Il va sans dire que le fauteuil est rembourré de crin et recouvert] de cuir.

Pour l'exploration de la vessie je rabats un peu plus bas que l'horizontale le dossier, de manière à donner au malade la position couchée et j'abaisse le plan d'appui des cuisses. De la sorte je soulève le bassin bien mieux qu'avec un coussin sur un lit.,

Quoique d'un volume relativement petit, mon fauteuil est très solide, et n'offre aucune chance de se renverser si l'on a soin de placer les fesses du malade sur le siège. Le centre de gravité passe alors toujours dans la base de sustentation, quelle que soit la direction qu'on donne au dossier et au plan d'appui.

Une fois le rétréci en place, et la région génitale mise à nu, on procède à l'exploration du canal.

Il est important d'engager le sujet à quitter son suspensoir, s'il en porte un, car le rebord de la poche exerce une certaine pression sur la paroi inférieure de l'urèthre, et peut, sinon causer une erreur de diagnostic, du moins gêner le passage de l'explorateur.

Môme recommandation pour le bandage herniaire inguinal, surtout dans le cas où il s'agit d'une bubonocèle ou d'une oschéocèle, et où la pelote très large exerce une compression latérale sur la racine de la verge et le canal de l'urèthre.

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