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CHAPITRE VII

DES RÉTRÉCISSEMENTS TRAUMA.TIQUES DE l'uRÈTHRE

On donne ce nom à toute coarctalion résultant d'une solution de continuité traumatique du canal. La cicatrice qui se produit fatalement dans de telles circonstances se rétracte à mesure qu'elle s'organise et produit ainsi la sténose uréthrale.

Il n'est pas possible d'avoir une idée exacte des rétrécissements traumatiques si on ne connaît pas l'histoire des blessures et ruptures de l'urèthre auxquelles ils se lient intimement. Quoique ces lésions ne touchent à notre sujet qu'au point de vue étiologique, nous sommes obligé d'en donner un tableau rapide, bien convaincu que notre étude y gagnera de la clarté et de la précision.

Les plaies du canal doivent être divisées en trois variétés : 1° plaies par instruments piquants; — 2° tranchants] — 3" contondants.

1° Plaies par instruments piquants

Elles sont ordinairement produites par les cathéters pointus, les bougies filiformes rigides, les corps étrangers introduits dans l'urèthre, etc.

Ici comme partout ailleurs ces blessures sont peu graves par elles-mêmes, étant toutes petites. Elles ne sont dangereuses que orsque l'instrument vulnérant est septique. Mais le péril résulte alors exclusivement du principe infectieux inoculé.

Ces plaies sont suivies d'une petite hémorragie et d'une ecchymose locale. Elles se cicatrisent vite et donnent lieu à la formation d'une masse fibreuse insignifiante, qui est incapable de produire

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par rétraction une stricture appréciable, à cause de son faible volume.

Le traitement consiste à extraire le corps vulnérant, s'il n'a pas été retiré du canal, et à faire Vantisepsie de l'urèthre.

2° Plaies par instruments tranchants

La plupart du temps, de telles plaies intéressant l'urèthre sont chirurgicales (taille, uréthrotomie interne ou externe). On leur imprime la direction longitudinale, de façon à diminuer le plus qu'on peut la tendance à la rétraction transversale, origine des rétrécissements serrés. Nous savons en effet que la direction générale de la cicatrice marque le sens du resserrement ultérieur.

Dans d'autres cas les plaies uréthrales sont accidentelles (coups de couteau, de ciseaux, etc.). Comme elles sont ordinairement produites dans une intention criminelle, elles affectent des directions quelconques, parmi lesquelles la transversale est la plus fréquente. Elles peuvent être obliques; mais elles ne sont jamais longitudinales.

Elles portent plus souvent sur la région pénienne que sur la périnéale, cette dernière se trouvant cachée et en dehors de l'atteinte de la lame vulnérante.

Les lignes précédentes font comprendre combien de telles blessures exposent au rétrécissement cicatriciel.

J'en ai observé un remarquable exemple en 1885 alors que j'étais interne du regretté professeur Trélat. Un individu, auquel une femme par vengeance donna un coup de ciseaux sur la partie inférieure de la verge, se présenta à la consultation dont j'étais chargé, avec une section presque complète de l'urèthre. Après avoir placé une sonde à demeure, je suturai la plaie, et en quelques jours la cicatrisation fut complète, sans accident.

En 1886 j'ai soigné ce même malade à ma clinique pour un rétrécissement cicatriciel très serré, intéressant la face inférieure du canal et siégeant juste au niveau de la cicatrice cutanée de l'ancienne blessure. La dilatation progressive en a eu raison en quelques semaines.

Les plaies de l'urèthre par instruments tranchants sont exceptionnelles, avons-nous dit, au niveau du périnée.

J'en ai vu, il y a quelques années, un cas fort intéressant. J'ai été appelé en province auprès d'un individu tombé d'un grenier sur un tas de foin sur lequel reposait une faucille.

Le tranchant de la lame, sur laquelle il s'était trouvé a cali-

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fourchon, avait sectionné très obliquement l'urèthre au niveau de la portion périnéale, en arrière des bourses.

J'ai pu placer une sonde à demeure dans la vessie, et après antisepsie suturer l'urèthre. La cicatrisation s'est faite très normalement, et grâce à la dilatation, que j'ai commencée quelques mois plus tard, j'ai empêché l'évolution d'un rétrécissement secondaire qui commençait à se dessiner.

Les symptômes de ces plaies sont : immédiats et tardifs.

Parmi les premiers signalons surtout Vhémorragie. Le sang s'écoule toujours en grande abondance par la plaie et un peu par le méat urinaire. Dans certains cas la quantité perdue est considérable. Le corps spongieux en effet saigne beaucoup. L'hémorragie cependant s'arrête avec assez de facihté, comme dans tous les cas où elle est d'origine veineuse.

La douleur est variable. Elle n'est jamais très intense, et constamment elle est plus faible, toutes choses égales, que celle produite par la rupture et les plaies coniuses de l'urèthre.

Le passage de turine par la plaie est un symptôme à peu près constant au moment de la miction. Cependant, si un caillot obture la solution de continuité ou si le gonflement de ses lèvres est considérable, le liquide peut s'écouler complètement par le méat urinaire.

Signalons enfin au voisinage de la blessure une ecchymose plus ou moins marquée, et variant d'une simple tache violacée jusqu'à un véritable épanchement de sang.

Les plaies par instrument tranchant évoluent vite et se cicatrisent.

Elles peuvent se compliquer de phlegmon, d'érysipèle, de phlébite des corps spongieux et caverneux, de septicémie, de fièvre urineuse, etc.

Au bout d'un certain temps surviennent les accidents tardifs qui se résument en l'apparition d'un rétrécissement fibreux cicatriciel^ dur, serré, à évolution rapide, et à tendance réti'actile.

Les symptômes sont ceux des strictures en général. Ce qui donne au tableau clinique sa physionomie particulière, ce sont la marche de la coarctation et les propriétés du tissu qui les forme.

En même temps^ il se forme une cicatrice cutanée, adhérente à la face inférieure du canal, et correspondant exactement au siège du rétrécissement.

Jointe à la coarctation dont nous venons de donner les traits saillants, et à la notion des antécédents, cette cicatrice caractérise le rétrécissement traumatique par instrument tranchant.

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