‹ Traité des rétrécissements de l'urèthreChapitre 27 sur 63 · partie de ce livre · texte numérisé non relu

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La face interne de la coarclalion offre des aspects différents.

Tantôt lisse, polie, blancbâtre et nacrée, elle est d'autres fois tapissée de bourgeons charnus rouges et vasculaires, ou grisâtres et fongueux. Ces deux variétés répondent à la clinique. Les premiers saignent beaucoup ; les seconds donnent du pus. Vendoscope permet dans nombre de cas de constater la présence de ces lésions qui répondent aux carnosités, caroncules, végétations, etc., des anciens auteurs.

En dernière analyse, c'est une prolifération embryonnaire analogue à celle qu'on peut observer sur les vieux ulcères calleux.

L'épaisseur de la masse fibreuse qui forme le rétrécissement est variable. Elle, est constamment plus forte dans les strictures traumatiques que dans les inflammatoires, toutes choses égales.

Elle est en outre notablement plus accusée du côté de la paroi inférieure de turéthre que du côté de la supérieure.

La densité du tissu.pathologique est d'autant plus faible que la lésion est plus récente. A la longue les éléments se tassent et se condensent à tel point qu'ils forment des nodules durs, pseudocartilagineux, criant sous le scapel, ébréchant même le bistouri.

Selon son degré d'induration le rétrécissement est àii fibroïde ou fibreux ^ . Dans le premier cas, il est relativement mou et facile à sectionner. Il s'agit alors d'une stricture inflammatoire peu ancienne. Dans le second cas le tissu est extrêmement résistant, et s'est développé à la suite d'une blessure uréthrale (rétrécissement traumatique).

La couleur est blanchâtre, nacrée, fibreuse. Dans les rétrécissements jeunes elle est rosée ou même rougeâtre.

U aspect de la surface de section se présente sous la forme d'une ligne plus ou moins épaisse, formée d'un tissu serré, feutré, et dans laquelle se perdent la muqueuse et le tissu sous-jacent. Le corps spongieux se confond quelquefois complètement avec cette nappe scléreuse (rétrécissements traumatiques).

\J élasticité ne peut être bien appréciée que par l'isolement complet du canal. Il est facile alors de constater cette propriété au niveau des points normaux, et de voir que le tissu du rétrécissement en est complètement privé. Du reste, même avant la dissection del'urèthre, on peut se rendre compte de ce fait en incisant les parties saines et les parties malades. Tandis que les lèvres de la section s'écartent l'une de l'autre dans le premier cas, elles ne bougent pour ainsi dire pas dans le second.

La flexibilité varie avec l'épaisseur, la densité et la longueur de la coarctation. De même que l'élasticité, elle est complètement nulle dans les rétrécissements traumatiques. Sa disparition explique pourquoi le canal se rompt parfois à la suite d'une légère flexion de la verge ou d'une érection forcée.

GossBLiN, Cliniques de la Charité.

164 RÉTRÉCISSEMENTS DE l'urÈTHRE

Siège. — Tous les points de l'urèthre peuvent être rétrécis. La stricture traumatique n'offre pas de siège d élection. Elle se développe là où s'est produite la blessure initiale. Elle peut même atteindre la portion membraneuse et Vurèthre postérieur (fractures du pubis).

Au contraire, le rétrécissement inflammatoire ou blennorrhagique offre des localisations de prédilection qu'il est nécessaire de connaître. La plus importante par la fréquence est la région bulbaire. Ce fait s'explique par la tendance qu'ont toutes les phlegmasies de l'urèthre à se localiser et s'éterniser indéfiniment dans ce territoire. De plus c'est là que les cathéters butent contre la muqueuse, éprouvent de la difficulté à progresser vers la vessie, et déterminent des éraillures dont la réparation nécessite de petites formations fibreuses. Nous reviendrons là-dessus à propos de l'uréthrite bulbaire.

L'extrémité antérieure du canal, est, après la dilatationbulbaire, la région la plus souvent stricturée^

Puis viennent successivement et par ordre décroissant de fréquence la fosse naviculaire (valvule de Guérin), le méat, la racine de la verge, la zone scrotale, et enfin la portion pénienne.

M. Guyon classe les rétrécissements suivant la région qu'ils occupent en naviculaires, péniens, scrotaux, périnêo-bulbaires.

Les périnèo-bulb aires sont les plus fréquents. Après eux nous devons classer les naviculaires , les scrotaux et les pêniens.

Nombre. — Nous avons déjà dit que la coarclation traumatique est unique, et nous en avons donné le motif.

Celle qui succède à la blennorrhagie est au contraire multiple, • car cette inflammation se diffuse tout le long de l'urèthre antérieur et est ainsi capable de produire une série de fissures ou tout au moins de petits foyers flegmasiques intensifs dont la résultante pour chacun est une néoformation fibreuse.

Dans certains cas le canal antérieur est malade d'un bout a l'autre, épaissi dans certains points, rétréci en virole en d'autres, et parsemé de brides fibreuses valvulaires ou circulaires. Ces dernières se surajoutent aux lésions précédentes ouïes séparent entre elles M. le professeur Guyon désigne sous le nom de rétrécissement scléro-cicatriciel cette modalité qui provient le plus souvent de la blennorrhagie et dont la tendance est la résistance à la dilatation

et la récidivité. ,

J'ai étudié ces faits avec soin et j'ai pu, grâce aux traces urethrographiques, me rendre compte qu'ils se dédoublent en deux catégories, au point de vue anatomique.

Tantôt il s'agit d'un rétrécisi>-ement cylindrique long, dont la face interne est hérissée d'aspérités, de vives arêtes, de strictures valvulaires surajoutées.

Ce qui prouve que ce n'est pas là une vue théorique, c'est qu'après quelques séances de dilatation toutes ces saillies disparaissent, et l'exploration permet alors de constater qu'on a affaire à un rétrécissement purement cylindrique ; tandis que les valvules se sont rapidement effacées, le cylindre résiste beaucoup plus à l'action dilatatrice. En somme c'est lui qui imprime au tableau clinique et à l'évolution morbide leur physionomie spéciale, et c'est lui qu'il faut avoir uniquement en vue lorsqu'on fait choix du procédé thérapeutique.

J'ai l'habitude d'appeler cette variété : rétrécissem.ent cylindrique raboteux, voulant ainsi bien indiquer qu'il s'agit d'une seule stricture, dans laquelle les saillies internes ne constituent que des lésions secondaires, surajoutées et sans grande importance.

Dans un deuxième groupe de faits les rétrécissements valvulaire s se succèdent les uns aux autres du méat jusqu'à la portion membraneuse, et sont séparés entre eux par des parties saines d'urèthre ou du moins à peine altérées. Ici la multiplicité des coarctations est le fait capital.

La dilatation sera ici plus rapide et plus aisée que pour la modalité précédente.

C'est la forme que je désigne sous le nom d'état raboteux de Vurèthre ou plus simplement canal raboteux.

Dans les deux cas, les saillies occupent de préférence la paroi inférieure du conduit.

Nous avons dit plus haut que dans les rétrécissements multiples, ceux situés le plus près de la vessie sont aussi les plus serrés. De sorte qu'on peut explorer chaque stricture à son tour en introduisant successivement dans le canal des bougies de plus en plus fines, chacune permettant pour ainsi dire de se rendre compte de la coarctation à laquelle elle correspond.

C'est surtout dans ces circonstances que le tracé uréthrographique présente de l'intérêt en établissant une comparaison entre les diverses angusties.

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