COMPLICATIONS JUXTÀ-UHÉTHR \.LES
Le malade doit élre placé debout, les cuisses écartées.
Je place une première bandelette à la racine des bourses, au-dessKs des deux testicules. C'est la plus importante, car elle doit empêcher le testicule de remonter par glissement vers l'orifice inguinal lorsqu'on appliquera les autres.
Après avoir chauffé légèrement le diachylon, on met la partie moyenne de la bandelette au contact de la face antérieure des bourses. On croise ensuite en arrière les deux chefs de la bande et on les ramène en avant, en serrant autant que possible et jusqu'à ce que le malade accuse une douleur assez intense. A ce moment, et après avoir collé les extrémités de la bandelette, on comprime avec la main le testicule sain de bas en haut et on le pousse au-dessus de la bandelette. Celle-ci oppose un certain obstacle à cette progression, puis tout à coup l'organe traverse la partie serrée, et vient se placer au voisinage de l'orifice inguinal externe.
Cette manœuvre facilite beaucoup l'application de la première bandelette. Si on cherche en effet à embrasser exclusivement la base de la bourse du côté malade avec le diachylon, sans y comprendre celle du côté opposé, comme l'indiquait Velpeau, on a toutes les peines du monde à y arriver, et continuellement le testicule altéré passe par glissement au-:dessus de l'anneau formé par la bandelette. Cet inconvénient ne peut avoir lieu par notre procédé.
Donc la première bandelette étant placée, le testicule malade se trouve au dessous, tandis que le testicule sain est au-dessus d'elle,
L'organe altéré étant ainsi bien fixé, on place une seconde bandelette de la même façon que la première, et un peu plus bas, puis une troisième, une quatrième, etc., en ayant soin de les imbriquer les unes sur les autres. En tirant sur les extrémités libres de ces bandelettes, on exerce une compression aussi intense que l'on veut, et finalement le testicule se trouve enveloppé dans une sorte de cylindre où il est très fortement comprimé. On termine l'appareil en plaçant sur l'extrémité inférieure du testicule, qui est à découvert, quelques bandelettes longues seulement de 4 à S centimètres et disposées en anse à concavité supérieure. Une dernière bande circulaire sert à fixer leurs extrémités libres.
Une ibis posé, l'appareil a la forme d'un boudin cylindrique étendu de haut enbas. Un suspensoir doit le soutenir.
11 est rare que le malade n'éprouve pas d'une façon immédiate un soulagement qui l'étonné lui-même. Il peut marcher, s'asseoir, croiser ses jambes, etc., sans aucune douleur.
En quelques jours la diminution de l'organe devient telle que l'appareil cesi^e de comprimer le testicule. Le malade l'enlève alors
312 COMPLIGA.TIONS DES RÉTRÉCISSEMENTS I>E l'uRÈTIIRE
dans un bain liède qui facilite le décollement du diachylon, et aussitôt après on en applique un second. De cette façon en très peu de temps on ramène le testicule à son volume normal, et le plus souvent on note l'absence de ces nodosités consécutives qui persistent plus ou moins longtemps, après la guérison.
Lorsque, malgré les compressions, ces modules inflammatoires existent, ils sont insignifiants, comparativement à ceux observés chez les sujets non soumis k ce moyen de traitement.
La seule contre-indication de la compression réside dans Vinlensilé des phénomènes inflammatoires. Dans les épididymites suraiguës il ne faut appliquer l'appareil que lorsque les phénomènes intensifs du début se sont calmés. Mais nous savons que cette forme n'existe pour ainsi dire pas du fait des strictures. Nous avons pu, même dans des cas franchement aigus, employer la compression, et nous avons été frappé du soulagement rapide qui en est résulté. Nous limitons aujourd'hui la contre-indication aux épididymites absolument suraiguës.
Terminons en disant que la dilatation de l'urëthre doit être commencée de bonne heure. Ce serait une faute d'attendre pour cela que l'épididyme soit revenu à ses dimensions primitives. Dès que les phénomènes aigus sont calmés, il faut s'occuper de la cause première, c'est-à-dire du rétrécissement.
DÉFÉRENÏITE
La déférentite peut exister, dans le cours d'un rétrécissement, à Yétat isolé et indépendamment de l'épididymite. C'est ménie ce qui a oonstamment lieu au début du processus qui engendre cette dernière, et qui consiste dans une propagation inflammatoire.
Dans ces circonstances le canal déférent est dur., gros, cylindrique, un peu irrégulier, mais sans bosselures. Il est plus ou moins doidoureux à la pression. Ces altérations sont plus développées à la partie supérieure qu'à l'inférieure.
L'épididyme est complètement saine.
CoTOme symptôme subjectif, le malade accuse une douleur locale assez peu intense et s'irradiant quelquefois vers la région lombaire.
FUNICUUTE
Que l'inflammation dépasse les parois limitantes du canal déférent, et atteigne le tissu cellulaire qui l'entoure, ainsi que les autres
COMPLICATIONS JUXTA-URETHRALES 313
opo'anes constitutifs du cordon spermatique, et la maladie prendra 1 le nom de funiculite.
Ici il existe un empâlement phlegmoneux de la iolaUlé du cordon I qui est gros, irréguher, doidoureux, quasi œdémalié, et au centre i duquel on sent parfois le canal déférent dont la dureté le met en I relief. Souvent l'empâtement périphérique s'oppose à la sensation i directe de cet organe.
La funiculite est, toutes choses égales, plus grave que la déférentile. Il n'est pas très rare de la voir se terminer par suppuration.
Le traitement comporte les indications habituelles de toute j phlegmasie.
ORCHITE
L'inflammation du parenchyme testiculaire survenant du fait i d'une coarctation est exceptionnelle. Elle est la conséquence de 1 l'épididymite décrite précédemment. Mais, pour provoquer l'exten-
- sion de la maladie du conduit excréteur à la glande elle-même; il .' faut soit une cause locale., telle qu'un traumatisme., une fatigue, etc.,
- soit IdL'Coexistence d'un mauvais état général (cachexie).
J'ai observé une fois seulement Vorchite véritable dans le cours d'une épididymite uréthrale d'origine stricturale. Le sujet avait ' été profondément débilité par la fièvi'e intermittente, et le séjour i dans les pays chauds. Il n'était pas tuberciileux.
Il portait depuis longtemps une coarctation et une épididymite chronique. A la suite d'un excès de coït, le testicule se gonfla brus- , quement, devint extrêmement doidoureux, et peu de jours après il -se forma un abcès que j'incisai et dont je pus vérifier la situation : intratesticulaire. Le malade se rétablit à la suite d'un traitement tonique très énergique. Le pus ne contenait pas de bacilles de •Koch, et la culture et l'inoculation furent négatives.
Les symptômes généraux affectèrent ici une grande intensité '(frissons, hyperthermie, vomissements). La douleur nécessita des ; piqûres de morphine. Le teslicide était remarquable par sa dureté. ! Le scrotum était rouge et œdématié.
L'ouverture de l'abcès ne fut pas suivie de la formation du fon- } gus. La cavité se combla même assez rapidement.
En somme, les phénomènes furent ceux d'une orchite aiguë parfaitement caractérisée, mais à évolution relativement rapide et franche.
314 COMPLICATIONS DES RETRECISSEMENTS DE l'uRKTHUE