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HYDROCÈLE

J'aborde ici un sujet qui n'a jamais été traité que nous sachions.

Existe-t-il des hydrocèles dont on doive attribuer l'orgine initiale à un rétrécissement uréthral?

Je n'hésite pas à répondre par l'affirmative.

Au premier abord, cette proposition paraît étrange, et cependant les rapports entre les épanchements de la vaginale et les strictures ne sauraient être niés.

Les anciens admettaient l'existence d'une importante catégorie à' hydrocèles idiopalhiques. Celles-ci étaient censées se développer primitivement sans être précédées d'une lésion quelconque à laquelle on pût les rapporter.

Or, avec le progrès de la clinique, cette classe s'est beaucoup restreinte au profit des hydrocèles secondaires.

Elle n'a pas cependant totalement disparu, puisqu'on admet encore aujourd'hui Vhydrocèle primitive dans un certain nombre de cas. Mais nous devons ajouter qu'on découvre fréquemment après la ponction et l'évacuation du liquide une lésion épididymaire qui avait échappé à l'exploration en raison de l'épanchement qui la dissimulait.

De telle sorte que, parmi les hydrocèles paraissant d'abord idiopalhiques^ beaucoup deviennent symptomatiques dès qu'on peut se rendre compte de l'état du testicule et de l'épididyme.

Donc plus on va, et plus le cadre des épanchements primitifs, autrefois si vaste, perd de son importance.

A la considération précédente joignons la suivante :

Dans bon nombre de cas Vhydrocèle coexiste avec un rélrêcissement bulbaire qui peut longtemps passer inaperçu à cause du peu de symptômes qu'il produit, mais qu'une recherche attentive permet de découvrir.

Depuis que mon attention est dirigée sur ce point, et que j'explore systématiquement l'urèthre des sujets atteints d'hydrocèle, j'ai rencontré un grand nombre de strictures bulbaires qui auraient été méconnues si on ne les avait pas recherchées spécialement.

Une fois la constatation précédente établie, il importe de l'interpréter.

L'hypothèse d'une relation de cause à efl'et entre stricture et l'épanchement devient très vraisemblable dès qu'on réfléchit un peu.

COMPLICATIONS JUXTA-URETHRALES

Nous avons déjà dit combien est fréquente la coïncidence des Itlésions inflammatoires de l'épididyme et des coarctations.

Or c'est V épididyniile chronique qui est la cause la plus habituelle lie l'hydrocèle.

Il y a longtemps que M. Panas ^ a montré que l'hydrocèle idioppathique coïncide presque toujours avec une lésion latente de ITépididyme qui apparaît après la ponction, c'est-à-dire lorsque le liliquide qui la cachait a été extrait.

Cette lésion consiste en une induration tantôt douloureuse, tandtôt indolore, dont le siège habituel est la queue de l'épididyme. Dans s ses observations, M. Panas a noté spécialement que les malades nn'avaient jamais eu d'orchites aiguës, ni de syphilis,, ni de tubcrcculose pouvant expliquer l'existence de l'induration. Celle-ci s'était lidéveloppée insidieusement et à l'insu du malade, comme cela se ^^produit dans la forme que nous avons nommée épididymite chroiinique insidieuse des rétrécis.

Nous pensons que l'examen minutieux de l'urèthre aurait donné ddans ces cas la solution du problème en démontrant l'existence dd'un rétrécissement bulbaire plus ou moins développé.

Plus près de nous, je dois citer les intéressantes expériences de >MM. Schwartz et Terrillon ^ qui corroborent l'opinion que je d défends. Ces expérimentateurs ont injecté des liquides caustiques ddans Vépididyme de chiens, en les faisant pénétrer par le canal «déférent, puis chez d'autres animaux similaires ils ont introduit Mes mêmes s^ubstances dans l'épaisseur même du parenchyme iestiticidaire par ponclion directe.

Or tandis que, dans les premiers cas, Vépididymiie expérimentale e était suivie à brève échéance d'une hydrocèle constante et d'une '■vagiiialite, dans la seconde catégorie d'animaux Vorchite n'exer- •çait aucun retentissement sur la séreuse et n'y déterminait pas t trace d'épanchement.

Ces résultats sont en rapport avec ceux de la clinique et per- ; mettent de donner cette conclusion :

L' épididymite est souvent suivie d'épanchement dans la vaginale;

JJorchite n'en produit jamais.

Il est probable que c'est Valbuginée qui, grâce à son épaisseur et à sa résistance, oppose une barrière à l'inflammation testiculairo et l'empêche d'atteindre la séreuse qui l'entoure et dont la i plîlegmasie est la cause productrice de l'épanchement.

1 Les causes et la nature de l'Iiydrocèle vaginale simple ou idiopalliique des i auteurs. Arcli. de méd. 187'2.

^ Gaz. méd. de Paris, auùt 187 9.

316 COMPLICATIONS DES RETRECISSEMENTS DE l'uRÈTHRE

L'enchaînement des phénomènes nous paraît être le suivant dans le cas qui nous occupe :

Le 7^é(récissem.ent, surtout s'il est bulbaire, détermine une éjndidymile chronique la l ente ; celle-ci retentit sur la membrane vaginale, l'irrite et provoque la formation de Vhydrocèle.

En conséquence, la cause primitive de l'hydrocèle doit être rapportée, dans ces circonstances, au rétrécissement lui-même.

Notons qu'après la ponction, outre les" lésions épididymaircs, on sentla vaginale épaissie, indurée et parsemée de plaques hyperplasiques. Elle pi^ésente tous les signes de l'inflammation chronique (vaginalite).

Velpeau pensait que le liquide se produisait au cours de Vépididymile aiguë par le fait de la stase veineuse. C'est une erreur insoutenable aujourd'hui. Le processus inflammatoire constituant la vaginalite ne saurait être nié. Il succède à toute épididymite, suffisamment intense ou persistante. La palpation directe après la ponction suffit à le démontrer. Du reste, dans ces cas, le liquide contient de la fibrine, des globides rouges et blancs. Or, on sait que ces caractères sont totalement étrangers à l'exsudation séreuse produite par une congestion sanguine, et n appartiennent qu'aux exsudations pldegmasiques. De plus, quand on ouvre largement la vaginale, procédé opératoire qui a été préconisé contre l'hydrocèle, on rencontre à la surface de la séreuse des fausses membranes, plus ou moins minces et disposées principalement au voisinage de l'épididyme.

L'hydrocèle qui nous occupe est rarement double. Quand cette éventualité se réalise, l'épanchement est plus marqué d'un côté que de l'autre. Cela résulte de la disposition même de l'épididymite des rétrécis qui, lorsqu'elle occupe les deux testicules, est constamment plus développée dans un des organes.

L'hydrocèle double est le plus souvent syphilitique, mais elle peut s'observer, avec le caractère précédent, dans le cours d'un rétrécissement bulbaire.

Symptômes. — Ils n'offrent rien de spécial à mentionner dans l'espèce. Inutile d'y insister, puisqu'ils sont les mêmes que pour toutes les autres variétés d'hydrocèle. Leur évolution est essentiellement chronique, et après la ponction ils ont une tendance naturelle à récidiver malgré l'injection iodée.

La palpation testiculaire après l'évacuation du liquide permet de constater l'existence d'une épididymite chronique, et l'exploration de l'urèthre fait découvrir un rét7-écissement ordinairement profond. Ces deux caractères suffisent pour établir le diagnostic

COMPLICATIONS JUXTA-URETHRALES 317

pathogénique de ces épanchements, le seul que nous ayons ici à signaler.

Traitement. — C'est celui de thydrocèle en général, sauf qu'il faut lui adjoindre la dilatation icréthrale.

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