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PERTES SÉMINALES

On a vu les pertes séminales cesser brusquement après la dilatation pure et simple d'un rétrécissement [Deneffe) ■* .

J'ai fait cette même observation dans deux cas intéressants. Les pertes ont disparu définitivement dès les premières séances de dilatation, et sans qu'il ait été besoin de faire appel à un autre traitement.

Chacun de ces deux malades était porteur d'un réirécissement valvulaire de la région du bulbe de l'urèthre.

VÉSICULITE (ou SPERMATOCYSÏITE)

Les altérations inflammatoires des vésicules séminales « sont la règle chez les vieux blennorrhéiques, les prostatiques, les rétrécis ^. « Rapin Thompson Le Dentu ^ en ont signalé des cas intéressants. Nous en trouvons aussi, des exemples dans l'Atlas de MM. Guyon et Bazy.

La stagnation de l'urine dans la poche rétrostricturale joue le rôle de cause irritante par rapport aux conduits éjaculateurs. A cela joignons que Y inflammation qui siège en arrière des coarctations peut atteindre par propagation ces canaux et parvenir finalement jusqu'aux vésicules séminales.

Mais c'est surtout à la longue, lorsque le rétrécissement se complique de cystite scléreuse, que ces organes sont profondément modifiés. Le col de la vessie, les vésicules, la prostate, le rectum luimême sont englobés dans une masse cellulaire épaisse, serrée,

1 Ann. de la Soc. de méd. de Gand, vol. XLII.

GuELLioT, Des vésicules séminales, analomie et pathologie. Th. de Paris, 1883.

3 De l'inflammation des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs. Th. de Strasbourg, 1859.

* Transacl. of Ihe pathol. Soc. of London, 1854, t. V, p. 208, et Traité des maladies, des voies urinaires.

* Loc. cil.

318 COMPLICATIONS DES RÉTRÉCISSEMENTS DE l'uRÈTHRH

qui est la résultante éloignée des poussées plegmasiques chroniques et à répétition que subissent les parties rétrostricturales. La proslatite^ quelle que soit son origine, engendre quelquefois par voisinage et propagation la spermatocystite.

Sauf dans ce dernier cas, où la vésiculite revêt une marche aiguë, à l'exemple de la prostatite d'où elle émane directement, la manifestation qui nous occupe affecte dans les coarctations les allures d'une phlegmasie chronique.

A coté des troubles de la miclion résultant du rétrécissement il existe une certaine gêne de la défécation. On observe de la spermatorrhée. Mais le symptôme essentiel est l'hémospermie ou éjactdation sanglante. Tantôt le sang est presque pur ; plus souvent il est mélangé au liquide séminal auquel il donne un aspect brun, rouillé, café au lait ou noirâtre. En même temps que se produit ce symptôme le malade accuse une doidetn^ variable d'intensité, profonde, liypogas trique s'irradiant dans les lombes et rendant le coït impossible. L'hémospermie se répète à de fréquents intervalles, et attire vers les vésicules séminales l'attention du médecin.

Grâce au toucher rectal on se rend un compte très exact de Tétai des organes malades. Le doigt introduit aussi profondément que possible dans l'anus permet d'atteindre les vésicules, et d'en faire l'exploration.

La plupart des sujets atteints de spermatocystite sont exposés à des épididymites qui, comme cette affection, relèvent du rétrécissement lui-même.

La vésiculite pourrait-elle produire, par suppuration et ouverture de l'abcès, des fistules péri-anales (Gosselin) ^ ? Ce n'est là qu'une hypothèse. Cette inflammation exerce-t-elle une influence sur la production des calculs des vésicules séminales ? Le fait n'a pas encore été prouvé.

Le diagnostic de la spermatocystite est établi par le toucher rectal.

On doit soupçonner l'existence de cette affection chaque fois qu'on se trouve en présence d'un vieux rétréci porteur de lésions inflammatoires anciennes de la vessie, de la prostate, ou atteint de trajets fistuleux.

Le pronostic est dicté par l'ensemble des lésions.

Quant au traitement, son indication essentielle est celle queeom- 2)urle le rétrécissement lui-nrÔDie. Contre la spermatocystite on ne peut rien faire qui soit directement curatif.

' Arl. Anus, in : Dicl. Jaccoud.

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