PRÉFACE XI
ticien. Le canal est rétréci jusqu'à 1 millimètre de diamètre, je suppose, et par la dilatation vous êtes arrivé à lui restituer 4 à 5 millimètres, mais vous ne pouvez aller plus loin et vous proposez logiquement l'uréthrotomie interne ; or, le malade a déjà retiré un si grand bénéfice du traitement, que la fonction lui semble complètement rétablie ; il se croit volontiers guéri et ne comprend pas l'utilité d'une opération; c'est à vous de lui en démontrer la nécessité, car la guérison n'existera réellement que lorsque vous aurez atteint le calibre normal.
L'uréthrotomie interne suffit-elle à guérir le malade? D'une manière générale, non; je ne conteste pas que quelques sujets, abandonnés complètement à eux-mêmes, puissent rester définitivement guéris, mais c'est à coup sûr une exception et il serait imprudent d'y compter. Après la section du rétrécissement reprenez donc la dilatation, et employez de préférence les bougies Béniqué. Pénétrez-vous bien de cette idée, que les rétrécissements de l'urèthre, même bien guéris, ont une grande tendance à la récidive ; le canal devra toujours être surveillé et entretenu dans son calibre normal; une exploration annuelle suffira souvent à maintenir la guérison.
Pour pratiquer l'uréthrotomie interne, il est indispensable de pousser la lame sur un conducteur, et de faire d'abord pénétrer dans la vessie une bougie conductrice. Lorsque le rétrécissement est imperméable, c'est alors seulement que se pose l'opération de l'uréthrotomie externe. Je ne saurais établir un parallèle entre les deux opérations qui répondent à des indications dilférentes, et je rejette, sauf pour les cas très spéciaux (fistules, indurations périnéales), l'uréthrotomie externe avec conducteur. Toutes les fois qu'un conducteur peut être introduit dans la vessie, recourez à l'uréthro-