‹ Traité des saints mystèresChapitre 29 sur 40 · iG CrîAp. XL Difficultés · texte numérisé non relu

iG CrîAp. XL Difficultés

simple Clerc qui le fait desservir , il nV a pTns de vacances, ni d infirmité ^ ni de décence, i ni de dévotion qui dispensent du nombre des Messes porté par la fondation: parce que, dit Cabassut (3i) , uno impedilo , nun quant daerit Sacardos suhstitiu^ndiis. Hdc in le unanimes sunl Doctores , Ahhas , Imoîa, Syli^estei' , An^ gelus , Navarra, Zeiola, Suarcz , Barbota.

XI. On ne manquera pas de me demander ^ si, quand la fondation d un bénéfice porte que la Messe sera acquittée tel ou tel jour , on peut en prendre un autre pour y satisfaire?

A cela nous répondons, avec le Cardinal de Lugo (rt) , que si cette détermination de jour s'est faite sans mystère, parce qu au fond le testateur a uniquement voulu qu'on o/ÎVrt , une ou deux fois par semaine, le redoutable Sacrifice pour lui et pour les siens ^ il ne paraît pas , sauf le scandale des Fidèles, qu il y ait grand, mal à dire le lundi une Messe marquée pour le jour d'après. Mais si le fondateur a eu de pieuses raisons de choisir un jour plutôt qu'un autre; si par exemple il a voulu honorer le vendredi les soiifiVances du Sauveur, ou le samedi les vertus de la sainte \ierge \ il serait intuns permis de s écarter de ses intentions. Et quoique Tauteur que nous Nci.ons de citer estime qu'on ne peut guère en ce cas aller jusqu'au mortel, surtout, dit-il, quand on ne change de jour que rarement et avec cause j

(^^) Cjiî>a?'?ut. I. x. r.Tp. 08. nnm. m.

yi) De Ivuhar. «iL»j). xi. sccl. i n. p. et setf.

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il est toujours bien plus sûr de s'en tenir aux termes de la fondation , et de remplir à la rigueur une charge que l'on a volontairement acceptée, et souvent même poursuivie.

Il suit de celle décision , prise dans toute son étendue et bien appréciée, qu'un Prêtre chargé de dire quinze Messes par mois , peut quelquefois en dire trente de suite, quinze pour le mois cou)ant , et quinze pour le mois d'après: et que d'auires fois il ne le peut pas. Il le peut , si le fondateur n'a eu d'autre dessein que de procurer la gloire de Dieu, et le repos de son à me : en pareil cas le payement anticipé d'une dette ne lit jamais de mal à personne. Mais il ne le peut pas , s'il en naît du préjudice, soit au lieu où les Messes doivent être célébi'ées , comme si le testateur a voulu que Dieu fui en quelque sorte perpéiuellement honoré dans une certaine partie de ses terres^ soit au procli'ain en faveur duquel les ^Messes ont été fondées : car s'il y en a quinze chaque mois pour ceux qui viennent à mourir sur la paroisse, et que vous en disiez trente en Janvier, il est clair que ceux qni mourront le mois suivant , y perdront beaucoup.

Xil. Peut-être nous demandera -l -on encore si un Prêtre qui, à litre de fondation, ou de rétribution , est obligé de dire la Messe tous les vendredis, doit suppléer celle qu'il n a pu dire le vendredi delà Semaine sainie.

Nous croyons que les Messes dues à titre de fondalion ne doivent pas être suppléées^ tant parce que ceux qui les ont fondées , sa-

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vaient fort Lien qu'on n'en dit point le Ven-» dredi saint, que parce qu'en exceptant ce seul jour dans l'année, la fondation a encore un objet très-considérable. Nous jugeons de même, et par la même raison, de celles dont Vlionoraiie consiste en rélribuiions manuelles, quand un les demande pour deux ou trois années, ou du moins pour une. Ce serait autre chose, si on les demandait pour un temps assez court. Qui demande des Messes chaque vendredi pendant un ou deux mois, en donnant la rétribution de dix , est censé en vouloir plus de neuf : et on a lieu de croire qu'il n'a pas plus fait d'attention aux jours empêchés , qu'à Tindlsposilion où le Prêtre pourrait se trouver une ou deux fois pendant neuf ou dix semaines. C'est par ce principe qu'un homme à qui on, a donné pour pénitence de jeûner trois vendredis , doit le faire un quatrième, quand ua jeûne d'Eglise tombe sur l un des trois ; et .^u'un autre chargé de jeûner tous les vendredis de Faiyiée n'a rien à suppléer, même pour le Carême. C est que la 'pénitence du premier, par le concours du jeûne de l'Eglise, so trouve diminuée d'un tiers ; et que celle du second est toujours considéiable , et ne son(T're que des exceptions prévues par le Confesseur.

Quoi(|ue cet article soit déjà un peu long, nous crovons y devoir ajouter, qu'eu fait de supplément de Messes , on juge de celles (pii Oiil été suspendues par un empêdicment ii:- |)jiisèquc 5 ici ([u'es4, l'iuleidit ou la ccssaliou

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à dwinis y comme de celles qui l'ont été par la maladie ^ c'est-à-dire , que si Tinterdit dure long-temps, il faut ou célébrer ailleurs, ou suppléer dans la suite ce qu'on a manqué. Que si l'inlerdit n'a duré que dix ou douze jours, il ne paraît pas f[u'on soit tenu à une rigoureuse compensation , si elle n'est très-expressément et très-durement stipulée*

De l'heure, des jours et de la répétition du Sacrilice.

T. On peut commencer la Messe des Vaurore. Que signifie ce terme? II. Etendue de Vlieure de midi. 111. Cas oit Von peut commencer la Messe plus tard. IV. On ne peut célébrer le Vendredi saint : peut - on j donner la communion? V. Est-il permis de dire la Messe le Jeudi et le Samedi saints? \ I. On disait autrefois plusieurs 31 esses en un jour. \II. Cela se fait encore à Noël : remarques importantes. VIll. On peut dire deux Messes dans les cas de nécessité. IX. Ces cas, en France, sont presque réduits à un seul.

I. La Pvubrique ne dit que deux mots sur l'heure du Sacrifice , et ces deux mots portent que les jMesses privées peuvent se dire à toute heure depuis l'aurore jusqu'à midi (i).

(i) Missa privata, sallçm post Malnlinum el Laudes,

^5o CiTAr. XI. Dlfflciillcs

Ce peu de paroles donne lieu à plusieuFS questions assez intéressantes.

Et d aboi d on est bien aise de savoir ce que signifie ici le mot à' aurore. La réponse commune est qu'il ne marque pas ce moment préris où le soleil commence à éclairer notre hémisplière , mais celte lumière naissante qui est comme mitoyenne entre le jour et les ténèbres. Les Uliramonlains , qui se sont sévèrement attachés à la Rubrique , ont dressé des tables qui marquent avec autant de précision le commencement de Taurore , que nos éphémérides marquent Tétai du ciel à midi. Ils observent tous , que Taurore précède le le lever du soleil avec beaucoup d-inégalité dans les dilTérentes saisons : de deux heures et un quart vers le solstice d'été , d'une heure et demie au mois de septembre , etc. Tout cela n est pas d'un grand usage en France, comme nous le verrons plus bas.

Cependant, pour n'être pas absolument inutiles aux étrangers, nous dirons, en suivant les principes de leurs meilleurs écrivains , i°. que le précep'e de ne pas célébrer avant l'aurore se prend chez eux dans un sens moral , et non dar.s une rigueur mathématique; de manière qu'un Pi'ùlre qui , même sans privilège , commence la Messe pendant la nuit , mais la (init quaufl l'aurore commence , ne peut être regardé comme tiausgiesseur de la loi. Ils se iondent, partie sur la coutume, qui est eu

(|ii:1rnin({iie hori ah auror.1 ns'jiiç ad mciidicm Uici polest liubiic, pari. i. lit. jS. /x. j.

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possession d interpréter , sonvenl même d'adoucir des préceptes pins rigoureux que celui dont il est (jueslion ^ partie sur ce qn en commençant la Messe nne rninnte avant midi, on est censé obéir à la Rubrique. Au reste , si Ton se trouvait dans un pays qui n'eût point d'aurore physique, on s'en ferait une morale; c est-à-fiire , qu'on regarderait comme aurore le lemps où les peuples quittent le sommeil pour se mettre à l'ouvrage. C'est ainsi que la réglé la Congrégation des Rils (2).

2°. Ceux qui ont un privilège pour commencer la Messe une heure avant 1 aurore , peuvent la commencer une heure avant le lemps où les théologiens permettent commmiément aux non-privilégiés de monter à l'autel. Sans cela , dit Garantus (3) , leur pri-

vilège ne servirait a rien.

3". De droit commun, il y a très -probablement péché mortel ii commencer la Messe avant laurore , prise selon l'étendue que nous "venons de lui donner. La raison en est que la loi qui règle Iheure du Sacrifice, passe pour irès-iraporîante partout où elle est, en usage» Le saiutConcile deTrente l'a jugée digne deson allention , et il a voulu que les Evêques sévissent contre ceux qui n'y seraient pas fidèles (4).

(2^ Uhi non est aurora physicc pro licifâ Missarum celehratione , altendalur ea inoriililer et polificè , qnando ib£ tenninari solet hominiira qnies , et iuehoari labor , jiixta prohatam regionum consuetudinem. S. C. jR. i8 sept, ib'34^

(3) Gavant, in Hubr. part. i. tit. i3. n. i.

(4) Ne superstilioni locus aliquis dctur , edklo et pœaà

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En France , comme en plusieurs autres pays septenlrionaux , on peut, pendant 1 hiver, commencer la Messe plusieurs heures avant le crépuscule. C'est un usage introduit au vu et au su des Evêques ; et il n'est point à propos d'y donner atteinte. Sans cela, combien de pauvres ouvriers n'entendraient que les Dimanches et et les Fêtes, la Messe, qu'ils ont le bonheur d'entendre tous les jours.

Au reste , on peut partout commencer la Messe avant le temps , i". quand une cause publique l'exige, comme si une paroisse avait un long pèlerinage à faire, et qu'elle fût obligée de partir avant le jour-, 2". lorsque cela est nécessaire pour donner le Viatique à un malade. Il y a même un très-grand nombre d'habiles gens qui soutiennent qu'en ce dernier cas on peut , sans dispense de l'Ordinaire , la commencer dès minuit (5). Je ne m'y opposerais point du tout dans les lieux où il n'y aurait point de règlement contraire.

II. L heure de midi , qui est le terme des Messes, nous intéresse autant que les étrangers , parce que la règle ne nous regarde pas moins qu'eux. Il faut en dire à peu près ce que nous avons dit de l'aurore j c'est-à-dire,

pnposifis cavcant Episcnpi , ne Sacerdotes aliis quàm ilebilis horis relc'I>rent. Cnncit. Tiidcni. sess. no. in Decr. de oOseivamlis , etc. — Vide de Liigo, disp. ao. sect. i. D. 34 et alios apud Qnarti , hoc tit.

(5) Victoria , de Fijchar. n. q(). — Vasque?. , in 3. parldisp. il-a. cap. 1. — Layman , lib. 5. tract. 5. cap. \. n. 3. — lie Lug >, de l''.uihar. disp. io. si'ct. 1. n. a6. — Salinaaticenses , de Sacrant, in ^eu. tr. 5. sect. i. cap. 4- n. ^^7.

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que le mot de midi ne signifie pas strictement ce point indivisible qui partage le jour, mais tout ce qui ne s en éloigne pas beaucoup. C'est déjà quelque chose que cette première notion. .Malheureusement la diversité des opinions ne permet pres(pie pas de donner rien de plus précis. D abord tous les docteurs conviennent qu'on peut commencer une Messe un peu avant midi, et même à midi précis (a) , quoiqu'elle ne doive finir qu'un quart d heure ou une demi-heure après midi. Il v en a qui, comme Soto , cité par Azor, taxent de péché, véniel ceux qui , sans motif, commencent un peu après midi. Ce dernier pense qu'un Prêtre qui , sciemment et sans juste cause , célébrerait un tiers d heure après midi , pécherait mortellement. D autres croient, avec Layman , qu'on peut commencer à midi et demi, pourvu quon ait de bonnes raisons. Le sage Sylvius est encore plus indulgent. Il double ce dernier intervalle , et il croit que lorsqu'on a quelque motif, et qu'il n'y a pas de scandale à craindre, on peut en sûreté de conscience commencer la Messe à une heure (6).

{a) Ouarti, part. t. tit. i5. dub. 3. — Merati , in part. i. tit. i5. n. 1.

(6) Soto , in 4- dist. i3. quaest. i art. i. — Azor, part. i. lih. lo. cap. q5. qiKTer. Qo] — Layman, iibisnpià, n. 4- — Sylvius, in 3. part, quaest. 83'. art. 2. ffua:r. .\'^ .

^Navarre va encore plus loin^ il croit qu'on peut relarder jusqu'à trois heures après midi . quand on a f[uel([ue raison , comme un voyagcir , et qu'il n'y a aucune crainfe de scandale. Voyez Enchir. cap. 25. n' 8S. et Je Oiat. cap. ii. B. 3i. ICdit.

354 Chap. XI. Difficultés I

Nous croyons , avec Qnarli (r/) , qu'il faut se décider par la coutume qui, approuvée, ou du moins tolérée par les premiers supérieurs, a resserré en certains lieux, et étendu en d'autres, les limites de ce midi moral dont nous parlons. Il a communément plus de latitude dans les grandes villes, où des milliers de personnes enchaînées par leurs emplois , et moins libres que ceux qui les servent , n'entendraient pas la Messe, si elle ne se disait lard. Ainsi un Prêlre ne sera point répréhpnsible, tant qu il s'accommodera à l'usage établi. jMallieur à lui, s il s'en écarte, à moins qu'il ne se trouve dans quelqu'un de ces cas qui dispensent de la règle.

III. Ces cas sont, i". le besoin de voler au secours d'un malade qui est dans un danger pressant \ et de Lugo prétend qu'on pourrait alors diiîerer la Messe jusqu'au soir (6). Un si long délai n'aura guère lieu , si , pour célébrer, il faut n'avoir rien pris. Nous eu avons parlé ci-dessus.

2". Une solennité extraordinaire, ou quelque cérémonie publique qui, terminée ou coupée par un long discours , n'aura fini que bien tard^ car comme le peuple compte alors sur une basse Messe à l'issue de la grande , on

(rt) Part. 1. lit. i5. dub. 3. Il y a quclrrue in«rxactilude clans ce que Qiiarfi rapporte tle plusieurs »les ;iuleurs citds clans la note 6, <|ni préc»'cl«;^ car il leur fait dire absolument ce qu'ils n'ont décide qiravec restriction.

[}>) Dr Miichar. disp. 20. sert. 1. n. l\'\- S'il ne le dit pas en propres termes, on peut néanmoins conclure , de ce qu^il dit en cet endroit , (jue tel est son sentiment.

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peut la célébrer, fùt-il déjà doux ou trois heures. Ce seniiment , qui nous })araît singulier , est fort commun chez les étrangers (7). L'auteur des Conférences d'Angers rapporio à ces causes de retardement une sépulture extraordinaire e/: une procession (f>). Celle qui se fait dans cette capitale dAnjou . tous les ans à la Fèle-Dieu , était , au moins autrefois , une exception bien jnarquée à la règle. Ljv Messe ny commençait que sur les quatre heures du soir.

3\ Svlvius et plusieurs autres croient encore que la nécessité dVnlendre la Messe est, pour un voyageur qui la manquera s'il ne la dit , une raison de célébier une heure après le temps de midi. Quarti et plusieurs autres pensent de même; et \e ne vois pa5 qu'on piusse leur en faire un crime.

Je ne parle point des cas de privilège ou de dispense de la part du Pape ou de 1 Evêque. Les lois les plus sages peuvent être suspendues pour de bonnes raisons. Mais les piiviléges qui porteraient un coup public à la discipline des lieux , doivent être bien examinés.

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