‹ Traité des saints mystèresChapitre 30 sur 40 · IV. La seconde question que nous avons à · texte numérisé non relu

IV. La seconde question que nous avons à

C7) Quavti , part. i. fit. i5. duh. ty. — Layraan , lih. 5. irart. 5. cap. \. n. 4- — Ledesma , de Enchar. cap. 19. ad jineni. — Suarez , in 3. part. disp. 80. sect. 4- §• Ç"ô ciica. et alii , apiid Salmanlic. ubi snprà ^ n. 35.

(8 Coufër. sur le Sacrifice de la blesse, pag. 3i5- Voyez Pont as , V. Messe , cas 14 ' où il dit qu'à Houcn , lorsniron fait la Procession de saint Romain , où Ton délivre im meurtrier, la Messe ne commence qu'aprt s les six heures du soir.

356 CiiAp. XL Difficultés

traiter dans ce Chapitre, consiste à savoir s'il n'y a point de jour dans TaTinée où il ne soit permis de célébrer. Sur cela il y a certains points dont on convient , et d'autres sur lesquels on est moins d'accord.

r\ On convient qu'il est défendu de célébrer le Vendredi saint. L'Eglise n'a point cru devoir immoler d'une manière mystique l'Agneau qui efface les péchés du monde, dans un jour où des yeux de la foi elle le voit réellement immolé sur le Calvaire (9). Elle se contente d'une Messe des Présanciifiés , où , sans offrir de nouveaux dons , elle participe à ceux qui ont été consacrés la veille.

Mais peut-on ce jour-là donner la communion .1 ceux qui peuvent attendre au lendemain ? car, pour les malades qui pressent, il n'y a point de difficulté. Sylvius croit que cela se peut*, et il se fonde tant sur l'ancienne coutume , dont des mouumens authentiques ne permettent pas de douter, que sur ce qu'il n'y a jamais eu de défense postérieure. Il ajoute cependant que, comme l'usage contraire a prévalu, un homme qui, se portant bien, voudrait communier le Vendredi saint , devrait prendre des mesures pour n'offenser personne. Ce savant théologien n'ignorait pas cependant que ce qu'il permet ici avait été défendu (comme il l'a encore été plusieurs fois

(c)^ Hoc Sacramentiim est figura qusedam et exemplum DominiciB Passionis j et ideo in ilie qno ipsa Pas.sio l^omini recolit\n" . proiit realitcr gesfa est , non célébrai ur conse- «ratiu l^ujus Sacramenti. à'. J'Iwm. 3. p. q. 8J. art. a. ad 3^

SHJ' le temps du Sacrijîce. 35^

depuis sa mort) par la Congiégation des Rits; et

il renvoie même à la question 80. art. 10. où

il cite ce que dit Gavantus à ce sujet ^ enfin

il ajoute qu'on doit garder la coutume de ne

point donner en ce jour la communion à

d'autres qu'aux infirmes , dans les lieux où

cette coutume est en vigueur (10). La même

Congrégation , pour le dire en passant, a aussi

improuvé la coutume de certaines églises ,

dans lesquelles on exposait ce même jour le

saint Sacrement , au lieu de le mettre dans

le sépulcre 5 et de plus , a réglé qu'on ne

pouvait ni garder d'hostie consacrée, ni faire

d'Office ordinaire du Vendredi saint, dans les

églises qui ne sont pas en possession de garder

habituellement le très-saint Sacrement (11).

Pour ce qui est des Diocèses où l'usage est d'administrer l'Eucharistie ce jour - là comme les autres, (car il y en a encore plusieurs) on peut continuer à le suivre (12V 1 Eglise romaine , en établissant l'uniformité autant qu il est en elle , n'a pas intention d éteindre des coutumes d une très - haute • antiquité. Il est défendu de dire la Messe après midi , sans des raisons extraordinaires ^ et cependant à saint André de Yerceil , on

(10) Sylvius , ad cit. q. 83. art. 2. quaer. 1°.

(11) Vide Merati , in part. 4- Rubric. lit. g. n. 79.

(12) Le Catéchisme de Montpellier , part. 2. sect. 5. chap. 2. ^. iM. cite le Diocèse de Cicrmont.

L'usage du Diocèse de Clermont est de n'administrer rEuchanstie qu'aux ecclesiasli({nes qui sont dans les ordres sacrés : il subsiste encore , et ne s'observe qu'à l'Eglise Cathe'drale. Edit'

358 Chav. XI. Diff(ciilté<i

dil tons les ans la veille de Noël , vSivr les quatre heures et demie du soir, la Messe qui partout ailleurs se chaule à minuit.

V. Ou est beaucoup moins d'accord sur le droit de dire la Messe le Jeudi et le Samedi sainls. La plupart de nos meilleurs théologiens croient que tout Prêtre peut célébrer le Jeudi saint (i3), tant parce qu'il n'y a , selon eux , aucune loi qui le défende , que parce que si le (Jlergé communie ce jour-là de la main de son Curé ou de tout autre Supérieur, ce n'est que parce qu'il a la dévotion de vouloir représenter ce qui se passa la veille de la Passion enlie Jésus-Christ et ies Apôtres.

A l'égard du Samedi saint, un ancien Canon , fondé sur une liadition encore plus ancienne , veut qu'on n'y célèbre pas plus que le jour d'auparavant (i4)* ^^ l^ presipie tous nos docteurs infèrent qu'on ne doit dire en ce jour que la iMesse solennelle , qu'un usage plus récent a substituée à celle qui se disait la veille de Pàque avant minuit (i 5). Bailleurs, ajoutent-ils, celte INIesse n'a point d'Iiïtroïl ^ et il ne convient d'en diie de telles , que dans le cas d'une concession évidente.

Malgré cela, Svlvius estime qu'on peut, le Samedi saint, dire une Messe de Beatd vel

(l'î) Sylvius, in rit. q. 83. art. 2. qii^er. 3».

(»^^ TraiUlio FccIfsiiL' liahel islo biduo Sacranicntji^^ prnilus non ct'leUruvi. Innav. 1. !'.}>. ad Décent, ayp^l' Onilin/i. cap. iJ. de Consrcr. dist. 3.

(i5) Voyez Graucolas, Tnuié de la Mesic , p. 5J3. et

sur le temps du Sacrifice. 359

^e Sancto aîiquo. Il croit même qu'on peut diie colle du jour, quoique sans Inlroil , en observant toutefois d'allendre, pour la commencer, que la Messe solennelle, s il \ en a dans le lieu, soit elle-même commencée [ci).

Ce partage de seutimens sur les Messes privées tlu Samedi saint n'est pas nouveau. Ulric, dans ses Coutumes de Cluni , dit qu'elles étaient permises dans celte fameuse Abbaye, après lEvangile de la Messe soleiinelle. Au contraire , les Us de Citeaux les défendaient (i6).

On peut dire que la division sur ce point de discipline subsiste de nos jours. La Con- :f;régatioQ des Rit5 , ou plulôt les souverains Pontifes , qui plusieurs fois ont approuvé ses Décrets en celte partie , ne veulent , dans chaque église, qu'une seule Messe le Jeudi et le Samedi saints (17). Et il semble que les Diocèses où l'on fait le romain , devraient s'en tenir là. Ceux qui suivent le rit parisien, ne font aucune diiîiculté de monter à Fautel ces deux jours \ les Allemands font la même cliose , au rapport de Discastilio. Et le Canon de la Messe du Jeudi saint a, quoiqu'en peu de mots , quelque chose de si beau , qu'il

(a) Sylv. in cit. quacs^. 83. art. 2. qiiœr. a».

(16; Grancolas, ibid. p. Sog et 060,

(17) Non passant Feriâ V in Caeni Uoraini et Sabbal« ^-S'.ncio celtLiuii -Missa' privatiE , seJ solùni conventualis, jnxta ritiini S. B.. K. et iterala Décréta sacraî fti^uam (.ioii^rcgationis. Clentem IX. tlin i5 :nartii 1713. Ce nit^ma Pont lie a fait une excei^fion pour If ras oj rAnnoiicii/iion tomberait le Jeudi saiut. Voyez riucLcv de Mtliati , n. 6ia»^

36o Chap. XL Difficultés

invite à célébrer. Cependant j'ai peine à croire que celle coutume soit bien ancienne à Pari» \ ces paroles de la Rubrique : Si quœ forte sint Alissœ privatœ (a) , ne supposent rien moins qu'un usage constant et général. Mais enfin , jl paraît l'être devenu; et le défaut d'Introit au Samedi saint , qui faisait lant de peine à Suarez , est compté pour rien dans un Diocè«;e où il n'y en a point la veille de la Pentecôte.

\I. Il y aurait de fort belles choses à dire sur la dernière question , qui consiste à savoir si \\n Prêtre peut célébrer plusieurs fois dans lin jour. Il est sûr qu'on le faisait autrefois. Le douzième Concile de Tolède le suppose évidemment (18); et Walafride Strabon écrit que le Pape Léon III disait jusqu'à sept ou neuf Messes dans un jour (19) j c'est-à-dire,

(a) On trouve ces mofs , pour la première fois , dans jn Missel de iG85. Les prccédcns , en remontant jusqu'à celui de iGi5 , qui esf la plus ancienne édition que j'ai Tue où il soit pin-le' des Messes privées le Samedi saint , portent absolument , Jn Misais prii-alis ; ce qui suppose qti'on en disait habituellement ce jour-là. Edit.

(18) Rclatura est nobis quosdam de Saccrdolibus, non tôt vicibus coramiinionis sanclon gratinni sumere , quot Sacrifiria iu unïi die videntur oticrre. Concil Tolel. AU. can. 5. Luhlie , toni. b\ cnl. raJo. Ce Concile ne blâme que le défaut de communion à chaque Messe.

(19"; Fideliiim rolatione virorum ad nosiram usque pcrvenil notili.im , Leonem Papam , sictil ipse fatcbatur, uni die septies vel nonies IMissaruui solemnia sa-pius ceh'brasse ; linnifacium vcrô Ai'chiopiscopum et Mait> remsemeltatitùm ]M;r diem Mis.sas fccisse. ... Unusf|ui.sque in suo sensu obundel , dum lides çoucordct. ff^alaj. àilrabo , lib. de rcb. Eccl, c. ai,

^ comme

sur Ig temps du Sacrifice. 36 r

rommp renteiid M. Fleuri , que lorsqu'il j avait plusieurs iNJesses à célébrer, il a\ait la ilévolion de les dire toutes. Un Concile de Sélinsfstadt réduisit à trois ce nombre (a) , qye la cupidité ou un zèle mal entendu multipliait au-delà des bornes. Alexandre II fit liiieux : il deléndit de dire plus d'une Messe jxir joiu' , bien persuadé , comme il le dit dans sa Décrélale (20) , que ce n est pas une petite all'aire de célébrer dignement une fois tous les jours , et qu'heureux est celui qui s'en acquitte comme il faut.

Innocent 111 marcha sur les mêmes traces : et il régla que désormais aucun Prêtre ne dirait plus dune Messe dans un jour, excepté la fêle de Noël , et le cas de nécessité (^t). Celte décision, qui d'ailleurs ne fait que rétablir 1 ancien usage, a aujourd'hui force d€ loi dans presque toute l'Eglise ('^)» Mais ces deux exceptions donnent lieu à deux difficultés. La première regarde le joui^ de Noël , la seconde, les cas de nécessité.

(a> Concil. Salegnnslad. an. loi'i. Lahhe , tom. g. col.

(20) Sufïicit Sacerdoti iinam ptlissam in die unâ celehrarfc — INon modica res est unam Missam facere j et valdé feiix est , qui nnam digue celebrare potest. Alexand. 11. cap. 53. de Consecr. dist. i.

{i\) Excepte die !Xalivitatis Dominice , nisi can<:a necessitatis snadeat , suilicit Saccrdoti semel in die unani INIissam soluuimodo celebrare. InnoccnL. III. c. 3. de célébrât. Missarum. Lih. 3. lit. 41.

(*) Je dis, dans presque toute l'Eglise, à cause deê Brefs dont je parlerai dans la note 3o.

VII. Le premier ariicle ne peut arrêter beaucoup. On convient assez i". qu'un Prêtre peut dans ce grand jour dire trois Messes, ou n'en dire "qu une ou deux ^ 2". que quand il en dit deux ou trois, il ne doit prendre les ablutions qu'à la dernière, pour ne pas rompre le jeûne naturel ; 3". qu'il doit prendre à la première et à la seconde Messe le précieux sang avec toute l'exactitude possible j 4"' <ï"6 quoiqu'il en reste toujours quelques gouttes, qui font bientôt un tout sensible au fond du calice , il n'est pas d'usage de faire la génuflexion en arrivant au milieu de l'autel ('>-2) ; 5"". qu'à la dernière Messe il prend d abord l'ablution du vin dans le calice à l'ordinaire, ensuite celles qu'il a mises , aux Messes précédentes , dans un vase d argent ou de verre, et enfin celle avec laquelle il puriitf ses doigts \ 6". que lorsqu'il ne dit qu'une Messe, il doit dire celle qui répond au temps auquel il célèbre : c'est-à-dire celle de minuit , quand il célèbre devant l'aurore-, celle de l'aurore, quand il célèbre vers le point du jour ^ et la troisième , quand il célèbre un peu tard. S il eu dit deux, il prend les deux piemières^ quand il célèbre avant l'aurore ; et les deux derjiières, quand il célèbre après. C'est ainsi que le marque le Bref de Paris (ai) : et quoique

(Ti) In IVatali Doniini in tribus Missis post snmptioncm «anpjuinis , cun«lo et mleiindo in uicJiuni alfaiis , non -est fjci.rula geniillexicj , licel spccics vini non sint e\!>iccatsi in calice. S. C Ji. die so julii ib'Sb'. et 2 ou^. iSifS.

(i'i) « Qui uuicuiu célébrât .V(j>Jra/M , INocluruam Jicit ,

sur Je temps du Sacrifice, 363

Gavantus aiinàt mieux qu'on dit la dernière, même à miimii , parce qu il la croyait plus conforme à Tesprit du mystère que IKi^lise honore dans celle augusie solennité (a) ^ la plupart de ses confrères, tant de pays que de religion, se sont déclarés contre lui, et ils n'ont pas été les seuls. Quelques-uns ont cru qu'un Prêtre qui ne dit qu une Messe ce jourlà , doit toujours y faire mémoire de sainte Anastasie. D autres pensent, avec plus de raison , qu on ne la doit faire que lorsqu on dit la Messe de Taurore (24).

Au reste la Congrégation des Rits a souvent déclaré qu'un Prêtre , après avoir ou chanté ou dit une Messe basse à minuit , ne peut dire tout de suite les deux autres Messes, Jii V donner la communion au peuple ('45). Ces Décrets obligent où ils sont publiés , et ils ne le sont point en France. Il y a même des églises où le Clergé est si nombreux , et d'ailleurs si long -temps occupé aux Offices publics, qu'à peine les Prêtres pourraient tou» célébrer depuis l'aurore jusqu'à midi.

Mil. Quant à ce qui concerne les cas de nécessité, si Innocent IJI avait jugé à propos

n cùm ante aurorara célébrât ; tertiam verô , cùm post » auioraoi : qui verô din)licem, tlua» priores , CMra ant€ » auroram. » B e\'e Paiis. Plusieurs tlicoloE^iciis étrangers prétendent qu'il faut dire trois Messes, ou n'en dii'e qu'une. Chacun peut suivre Tusage de son pays.

(a} Gavantus, part. \. tit. 3. n. 6.

(^4) Merati , part. \. tit. 3. n. i5.

(aj) Vid£ Indicem Merati, n. 282 et 458.

364 Chap, XI. Dif.cuhés

do les détailler, il nous eût tirés d'un grand embarras. Pour suppléer à son silente , les théologiens en rapportent un grand nombre, parmi lesquels il y en a plusieurs qui ne sont lien moins que des cas de nécessité. Examinons-les en détail.

Le premier est lorsqu'un Curé dessert deux Paroisses ; et il en est de même de tout autre Prêtre : car, dit-on , il vaut mieux biner, que de laisser sans Messe une Paioisse dont le Curé est absent ou malade. 11 faut seulement avoir soin de ne prendre aucune ablution à la ])remière Messe. Suarez prétend qu'on peut iaire la même chose les jours ouvriers en faveur de la dévotion du peuple {à) ; et Ledesma ajoute qu on peut dire jusqu'à trois ou quatre Messes , quand il y a trois ou quatre villages qui sont dans le même besoin {b).

Le second cas est celui où il faudrait célébrer une seconde fois pour donner le Viatique à un malade. I\L de Sainte-Beuve et les Théologiens de Salamanque (o(3) remarquent fort bien que ce cas ne peut arriver que rarement; parce que, si le Prêtre est averti avant

(a) Suarez , in 3. part, tlisp. 8o. sect. 3. versus fînem.

(b) Dicentliim est eamJcm prorsus esse rationera tle tertiA et (juarlil ac do scciinda , cfu.indo videlicet eatlem nécessitas aciualilcr promit prn terh;\ et quai t.l. Leclesma , de Kuchiti: cap. ïg. •Sexlus casns. Cet aiUeiir est d'un avis OvOiilraire à Suarez pour la céli'hi ation de plusieuis !Meriscs par un même Prêlre les jours ouvriers.

(•26) Sainle-Reu\e , tom. -?.. edit. in-/j". cas 83. et toni. I. cas 11. eilit. in-8^. — îjaluiautic. de Sacram. iu gcn. tract. 5. cap. j- «• »^-

sur le temps du Sacrifice. 365

la Communion , il doit garder une parcelle de son hostie pour le malade 5 et s'il n'est averti qu'après l'ablution , il ne peut pas dire une seconde Messe , vu quil n'est plus à jeun (27). Vu très-grand nombre de docteurs, et entre autres saint Antonin , Sylvestre. jNavarre, et plusieurs autres cités par les théologiens de Salamaiiqne, croient que dans ce cas un Prèlre averti avant la première ablation peut commencer une seconde Messe. Pontas , v. Mess^j, cas i5 , pense autrement*, et il se fonde sur la coutume et sur la crainte du scandale. 3îais la coutume ne peut rien prouver pour des cas qui n'arrivent pas une fois dans \n\ siècle : et le scandale est bientôt levé par une bonne et courte itisiruciion.

Le troisième est celui d'un concours extraordinaire de peuple, dont une grande partie perdra la Messe , si le seul Prêtre qui est dans le lieu n'en dit deux; parce que le mauvais temps ne permet pas de la dire dehors. Il en est à peu près de même dans les lieux où il se trouve plusieurs Catholiques ^ mais qui , persécutés , comme en Angleterre , no peuvent venir que par pelotons, de crainte que leur nombre ne les fasse découvrir. Layman , de Lugo et plusieurs autreà sont de ce sentiment (rt).

(37) Nous avons vu ci-dessus, pag. m, qu'il y a des casuistes qui croieat qiion peut célébrer sans être a jeuii pour donner le A ialique.

{a\ Layman , lil). j. tract. 5. cap. 4- n. 6. — De Lugo, de Euchar. disp. ao. sect. i. n. 4^.

366 Chap. xi. Difficultés

Le quatrième cas est celui où , après 1» Messe du jour, il faut faire une sépulture, oib recevoir une personne qualifiée , qui veuf entendre la Messe. Ce cas est formellenienl admis dans un Svnode tenu à Langres (28) en i4o4. Alexandre II, dans le Canon que nous en avons cilé , semble ladmcltre, en ne l'improuvant pas. Mais il condamne fortement ceux qui disent plusieurs Messes dans un jour, soit par intérêt, soit pour plaire aux séculiers (29).

Le cinquième cas , qui appartient moins à la nécessité qu'à la coutume , est celui où Ton a prescrit l'usage de célébrer plusieurs fois dans un jour 5 c'est ce qui se pratique le jour des Morts , aujourd hui avec plus d'étendue que jamais, en Espagne et en Portugal (3o). Du

(aS' Item po^est bis in die Missam celebrare propter î»<'«vssitafeni infirmornm velmorfuorum^ ut sinon habeatur \;iiostia consecrata pro commimicando intirMiint , vel thim iieritld>€t sepultuia alicujas ck'tuncti. Item pTopter altf[iiam magnam personam , pnla EpiscopniÏÏ ((ni sflpeivéîSît , vel Tull Iransire. Sjrnod. Lingon. an. 1404. 14S3. 14.^5.

(39) Quidam tamen pro defunrtis unâm faciunf. , et alteram de die , si necesse fuerit. Qui veiù pro pecunîis aut adulationibus sacularium un;1 die prsesuniuut pluies lacère Missas , non sestimo evaderedamnalionem. -<4/e.ra/it/. JJ, cil. cap. SJ. (list. t. de Consecr,

C3o) Benoît XIV , par sf's Brefs du ai et du 26 août l']:\S, à Tinstance de Ferdinand VI, Koi d'Espagne, et et de Jean V , Roi de Portugal , a permis à tous les Prêtres de ces deux royaumes de célébrer trois Messe* le jour de la Comnie'moraf ion des lid» les trépasses ; et même de pouvoir les dire jus«}u\i deux beures a])r<'s midi. Mais comme, en Arra};on , les Prrtres séculiers celc braient auparavant deux Messes ce jour- hi , el les réguliers trois» le Pape , u'ibuovaut rien à leur cgurd, quant a lu retriba-

sur le temps du Sacrifice, 3 67

temps cVAmalaire , c'est-à-dire, vers S10 , ou disait ordinairement trois jMesses le jour de saint Jean-Baptiste (3i).

IX. De tous ces cas , il n'y a que le premier qui soit d'usage en France , et on n'y bine qu'avec la permission de 1 Ordinaire. Sainte- Beuve croit cependant qu'il est probable qu'un Prêtre averti après la Communion , mais avant 1 ablution , pourrait commencer une seconde Messe pour donner le saint Viatique à un moribond. Il ajouîe, et avec raison, que les cas adtiiis par le Synode de Langres sont abrogés (32). Dans tous ces points, qui ne sont que de discipline, la coutume con;iue , et noa combattue par les Supérieurs, lève bien des difficultés.

lion et à Tapplicalion ries Messes qvCWs étaient ^ans Tasage de dire avant son Bref, ordonne que la ironsit'iue qu il permet aux Prêtres séculiers d'Arraj^on , et la seconde et la troisième quïl peruiet- à ceux des autres provinces d'Espagne ou a ceux dn Porfugal , soient appliquées noa pour aucun défunt en j^rticulier , niai^ pour tous les Fidèles défunts en sjenëra! ; déclarant ( \pre<-se'me~nt qu'il n'aurait point accorae Tlnduit sans cette conditioà". .,11 détend , en outre , très-sevèroment , tant aux Prêtres séculiers d'Arragon qu'aux autres , de recevoir aucun honoraire ou aumône , sons quelque prétexte que ce soit , pour les seconde et troi^^ième Messes qu'il leur permet , annu liant même toutes fondations faites ou à faire pour cet objet ; et il ajoute que ceux qui, contre son décret , recevraient rruelque rétribution . encourraient , ipso Judo , la suspense, dont l'absolution serait re'serve'e au souverain Pontife , et qiTils n"(îu ponrraienJ être absous jiar leur Kvêque qu aprts avoir restitué l'honoraire reçu cnnlre la défense du Saint Siège. Vovez le traité de Sarrifiri'f Missœ , yJppend. K»

v30 Amalar. de Erdcs. Offîc. lih. 3. cap. 38.

\^i] Cas de CJESC. toiu. !• eJit. ia-S^. cas u.

368 Chap. XII. Difficulté s

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