‹ Traite des sections nerveusesChapitre 21 sur 108 · I. Motilité suppléée · texte numérisé non relu

I. Motilité suppléée

Les muscles qui ont perdu leur contractilité par la section du nerf radial au bras (Obs. XXXIX) sont : les deux radiaux, les deux supinateurs, le cubital postérieur, l'extenseur commun, le court et le long extenseur du pouce, celui de l'index et l'abducteur long du pouce.

1° La paralysie de ces muscles est constatée par les deux caractères négatifs suivants : pas de saillies musculaires ou tendineuses, au moment de la contraction ; aucun des mouvements que chacun produit spécialement.

Ici une erreur d'interprétation est facile. Mie a étécom-* mise : on constatait sur le sujet de cette observation que certains mouvements de la main et des doigts produisaient

une tuméfaction delà région dorsale de l'avant-bras ; c'était bien une preuve, disait-on, que les muscles de cette région n'étaient pas paralysés; ils se durcissaient, ils augmentaient de volume...

Mais si l'on avait remarqué que cette tuméfaction se produisait au moment précis de la flexion et nullement pendant les tentatives d'extension de la main ; qu'elle ne s'accompagnait d'aucune saillie tendineuse, on aurait vu que c'était là un simple soulèvement.

Ce soulèvement, on l'observe toujours dans ces conditions. Il résulte de la contraction des fléchisseurs agissant par pression sur la masse musculaire dorsale de l'avantbras. Un doigt, pressant sur la région antérieure d'un avant-bras quelconque peut reproduire à volonté ce phénomène mécanique.

2° Voici la déformation consécutive à la paralysie et à l'atrophie des muscles lorsque le nerf radial a été divisé après deux ans et demi. (Figure 5.)

Chute de la main (A) à. l'extrémité de l'avant-bras en pronation. Cette chute est le résultat de la paralysie absolue de tous les extenseurs de la main et des doigts. Ces muscles ne résistent même plus par leur tonicité. Aussi, la déformation est tellement prononcée qu'on chercherait en vain à l'obtenir aussi complète sur le membre sain opposé.

A cette déformation primitive se joint la déformation par atrophie. Elle porte sur la région antibrachiale postérieure, au lieu correspondant à la portion charnue des muscles extenseurs et supinateurs (B). C'est un affaissement du relief qu'on a coutume d'y rencontrer.

3° Après la section du nerf radial, l'extension de la main et des doigts n'est plus possible : la flex ion seule se fait.

La préhension est assez puissante, plus faible cependant que du côté sain. Le malade peut, par exemple, porter

un seau d'eau ou saisir un objet avec une certaine force en disposant sa main en forme de crochet ou d'anneau.

La préhension des objets fins est très-difficile. C'est avec peine que le sujet parvient à saisir une épingle entre le pouce et l'index.

Un doigté d'instrument quelconque est rendu tout à fait impossible, aucun doigt ne se redressant.

Ainsi la paralysie musculaire consécutive à la section du nerf radial au bras se traduit par un trouble notable dans les fonctions du membre supérieur.

4" Dans la paralysie consécutive à la section du nerf radial, le rôle des suppléances motrices est bien diminué-. La supination cependant s'accomplit Fin. 5. - Déformalion consécutiva

à la soclion du norf radial.

encore malgré l'inaction des supinateurs. Ce mouvement résulte de l'action du biceps brachial et des rotateurs en dehors de l'humérus.

Quant à l'extension, elle est à peine suppléée.

Le mouvement d'extension que l'on observe dans les deux dernières phalanges des doigts est léger, et il est dû aux muscles interosseux qu'anime le nerf cubital.

On observe encore un mouvement d'extension marqué dans le métacarpe lorsque le malade fait mouvoir sa main. Mais ce redressement du métacarpe s'accomplit pendant l'effort de flexion. Il résulte de la tension des muscles fléchisseurs. Ceux-ci, fortement courbés dans leur direction, sur le sujet paralysé du nerf radial, glissent dans l'anneau ostéo-fibreux du carpe faisant office de poulie de renvoi. Dans leur contraction, ils se redressent, et, prenant un point d'appui sur cette poulie, relèvent le métacarpe. Ce sont des fléchisseurs qui font le mouvement à' extension. On peut dire que les extenseurs du poignet sont suppléés ici par les fléchisseurs.

En résumé, après la division du nerf radial comme après celle du médian et du cubital, au bras, on voit se produire :

La paralysie des muscles dépendant de l'un ou de l'autre de ces nerfs.

Cette paralysie est absolue dans cliaque muscle observé isolément.

Elle s'accompagne de l'atrophie de chaque muscle paralysé.

Elle produit un trouble notable dans le jeu de la main.

Il est donc évident que si certains mouvements dépendant liabituellement des muscles paralysés* sont encore possibles, ils sont dus k l'action simple ou combinée de muscles suppléant les muscles paralysés.

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